HISTOIRE NATURELLE POISSONS DE LA FRANCE II Droits lie traJuctiou et de reproduction réservés C.oRniîit,. T\p. et stér. Ciikti;. ni 7 S' HISTOIRE NATURELLE POISSONS DE LA FRANCE LE D" EMILE MOREAU A%'ec 3 30 flg;urcs tlcssiuëcs^ (l'a|ir«>!« natiir«^ TOME DEUXIEME PARIS G. MASSON, ÉDITEUR LIBRAIRE DE L \\ C A D É M I E DE :M É D E CI N E 120, Boulevard Saint-Germain, en face de l'Ecole de Médecine M DCCC LXXXI qÇ>\C/\/ HISTOIRE NATURELLE DES POISSONS SECTION DES POISSONS OSSEUX ou ICHTHYOSTES ICHTHYOSTEI Syn. : Téléostéexs, Teleosiei, J. MûUer Les Poissons osseux ont un squelette interne plus ou moins solidifié par le dépôt de sels calcaires, montrant môme assez souvent de véritables ostéoplastes. Ordinairement les diverses parties de l'endosquelette acquièrent une certaine dureté^ elles sont plus ou moins compactes, mais parfois elles présentent une structure spongieuse très-làche, et n'ont qu'une densité excessi- vement faible. La corde dorsale est persistante, elle est monili- forme; la colonne rachidienne est formée de vertèbres distinctes, il arrive cependant que plusieurs des vertèbres de la région an- térieure se soudent les unes aux autres, plus ou moins complè- tement. Le crâne est composé de pièces réunies par des sutures. Les branchies sont libres, logées dans une chambre dont la paroi externe est constituée par un appareil operculaire et par une membrane soutenue par des rayons plus ou moins nom- breux. Le bulbe artériel n'est pas contractile, il a généralement deux valvules. Corps. — Il présente les formes les plus variées. La queue HiST. NAT. DES POISSONS. II. i GO^^/i*-^ 2 POISSONS OSSEUX. paraît symétrique. La peau est rarement nue ; elle est générale- ment couverte de pièces plus ou moins dures, montrant des différences très-marquées dans leur disposition et dans leur structure. Tète. — Le squelette de la tête est constitué par des pièces nombreuses. Nous allons indiquer brièvement les os qui entrent dans la composition du crâne et dans celle de la face, puis nous vous ferons connaître une partie des muscles auxquels ils donnent insertion. Crâne. — Il peut être divisé en quatre régions ou zones : région occipitale, région pariétale, région frontale, région eth- moïdale: A. Région ocapiTALE. — Dans la région postérieure du crâne il y a deux os impairs et un ou deux os pairs. 1° Occipital inférieur ou basilaire., Cuv. [n° 1), [hasisj)hénal , otosphé7ial, Geof. Saint-Hil. ; basioccipital, R. Owen) ; il est l'ana- logue de lapophyse basilaire des vertébrés supérieurs; il s'ar- ticule en avant et en dessous avec le sphénoïde, en avant et en dehors avec l'alisphénoïde, latéralement et en haut avec l'occi- pital latéral, en arrière avec la première vertèbre par le bord de lu cavité conique, qui reçoit l'extrémité de la corde dorsale. 2° Occipital latéral, Cuv. (n° 2), {exoccipital, (j-Km. Saint-Hil. ; R. Owen) ; il est pair. Chez le Colin, les deux os se réunissent en haut et en bas pour former la partie antérieure du canal ou du trou occipital; ils sont surmontés par une pièce médiane, l'occi- pital supérieur. Dans un grand nombre de poissons, l'occipital latéral présente une facette articulaire assez large, qui est en rapport avec une facette de la première vertèbre (Maigre). 3" Occipital supérieur (n° 3) ou interpariétal, Cuv., Geof. Saint- Hil. [suroccipital, R. Owen); il se prolonge en arrière par une crête élevée, mince, qui, à sa partie supérieure, se divise en V (Morue). Cet os constitue une grande portion de la voûte du crâne; il s'avance souvent entre les pariétaux, d'où le nom d'interpariétal qui lui a été donné par Cuvier; il est en rapport en dehors et en arrière avec l'occipital externe. ^i s 6Ç 4 POISSONS OSSEUX. 4° Occipital externe , Cuv. (n''4), [suroccipital, Geof. Saim-Hil. ; paroccipital, R. Owein); c'est un os pair qui s'articule avec l'oc- cipital supérieur, nous venons de le dire, et avec Toccipital la- téral. Cette pièce n'est pas constante, et, quand elle existe, elle est généralement assez réduite dans ses dimensions; cependant elle est développée chez les Gades, chez les Saumons; elle loge on partie le canal semi-circulaire postérieur. B. Région pariétale. — Dans cette région se trouvent cinq os qui sont pairs, excepté le sphénoïde. 1° Sphénoïde (n" 5) ou sphénoïde propremenit dit [hijposphénal, , elle permet à la bouche un mouvement de protractilité parfois très-prononcée, comme dans les Zécs, dans les Calliony- mes, et surtout dans les Sublets. L'intermaxillaire est en rapport avec le maxillaire supérieur, auquel il est parfois soudé, chez les Plectognathes ; il est encore en rapport avec l'ethmoïde , le palatin. Le plus souvent les intermaxillaires sont distincts l'un de l'autre , quelquefois ils sont plus ou moins soudés, chez les Bélones; ils peuvent être très-réduits dans leur di- mension et séparés par un intervalle plus ou moins grand, chez les Brochets, dans ce cas, le bord antérieur de la bou- che est constitué par le vonier. On voit par ces différences dans la configuration , dans la situation de l'intermaxillaire, qu'il est impossible d'en indiquer exactement les rapports, ce qui est vrai pour une famille, ne l'est plus, évidemment, pour une autre. 2° Maxillaire supérieur, Clv. (n° 22); Agass. ; iaddental^ Geof. Saint-Hil. ; maxillaire, R. Owen) ; il est le plus communément parallèle à l'intermaxillaire ; il a un développement très-variable ; il est le plus souvent formé d'une seule pièce, quelquefois de plusieurs, dans les Clupes; il n'est généralement pas denté, mais chez le Saumon, par exemple, il est armé de dents et fait une partie du contour de la bouche ; il est en rapport avec le vomer, le palatin, etc. Le surmaxillaire est un osselet ordinairement aplati, qui se trouve à l'extrémité de la mâchoire supérieure chez les Brochets, lesSalmones^ les Scombriniens, Maquereau, Thon et chez d'autres poissons. '^° Palatin, Cuv. (n° 23); il est de forme et de dimension varia- bles; ordinairement il présente en avant deux surfaces articu- laires pour s'unir d'un côté au maxillaire, de l'autre à l'ethmoïde, ou, si l'on veut, au frontal antérieur de Cuvier; postérieurement il est en rapport avec le ptérygoïdien en haut, et avec le transverse en dessous. Il est souvent denté. 4° Ptérygoïdien (n° 24) on ptérygoïdien interne, Cuv.; [héris- séal, Geof. Saint-IIil. ; cntoptérygoïde, R. Owen) ; il est générale- ment aplati, mince; il s'articule en arrière avec le suspenseur POISSONS OSSEUX. 9- commun, en bas avec le ptérygoïdien externe on le transverse^ en avant avec le palatin. 5° Transverse (n° 25) ou ptéryr/o'idien externe, Ciiv. ; {adgitstal^ Geof. Saint-Hil. \ptérijçjolcle, R. Owen) ; il est plus ou moins arqué à sa partie inférieure; il est étroit, allongé en avant chez les Gades; il continue en bas et en arrière la ligne du palatin; il s'articule en arrière avec l'hypotympanique, en haut avec le ptérygoïdien interne, en avant avec le palatin. Les palatins et les ptérygoïdiens doivent être examinés avec soin, surtout relativement aux caractères de la dentition qu'ils peuvent présenter. Ces os sont parfois confondus ou soudés entre eux comme dans les Congres. B. Région mandibulo-tympanique. — Le nombre des os qui so trouvent dans cette région est généralement de sept, rarement de huit; il y a trois os, quelquefois quatre, dans chaque moitié de la mandibule, et ordinairement quatre dans le suspenseur commun. La mâchoire inférieure est ordinairement formée de trois os : le dentaire, l'articulaire et l'angulaire. 1° Dentaire, Cuv. (n° 26); [subdental, Geof. Saint-Hil.); le pre- mier os, étant presque toujours armé de dents, a reçu le nom de dentaire; il fait une espèce d'arc de cercle et se réunit sur la ligne médiane à celui du côté opposé ; on arrière, il présente une échancrure en gouttière, plus ou moins profonde, dans laquelle s'enfonce 1' 2° Articulaire, CvY. {n° 27), [snbjugal, suhmallcal, Geof. Saint- Hil.) ; il est triangulaire en avant, plus épais dans sa partie posté- rieure, qui présente une surface articulaire pour recevoir l'extré- mité inférieure de l'hypotympanique. A son angle postérieur et inférieur se fixe l'angulaire. Dans certains Plectognathes, le dentaire et l'articulaire sont soudés l'un à l'autre. 3" Angulaire, Cuv. (n" 28) ; {subtemporal, subcotyléal, Geof. Saint-ïIil.) ; il est généralement très-peu développé. 4° Operculaire^ Cuv. [subvoméral, Geof. Saint-Hil.) ; il existe quelquefois un quatrième osselet placé « à la face interne de 10 POISSONS OSSEUX. rarticulairc : il répond à \ operculaire des reptiles. » (Cuv. et VALENC.,t. I, p. 348.) Le siispenseur commun est composé de quatre pièces qui ont été désignées par les noms les plus différents ; nous adopterons la nomenclature de R. Owen, qui a l'avantage d'être la plus claire et la plus simple. 1° Hypotijmpanique (n° 33), [jugal, Cuv.; Jiypocotyhkd, Geof, Saint-Hil. ; os carré, Agass.) ; il est généralement large et trian- gulaire; son angle inférieur présente une surface articulaire, sur laquelle se meut la mandibule ; il s'articule en avant avec le transverse, en arrière avec le préopercule, en haut avec les deux mésotympaniques. 2° Mésotytnpanique (n° 32) ou mésotympaiiiqiœ postérieur [symplcctique , Cuv.; iiroserrial, Geof, Saint-Hil. ; tympano- înalléal, Agass.); il s'articule avec les trois autres pièces formant le suspenseur commun. 3" Prétympanique (n° 31) ou mésohjmpanique antérieur [tym- panal^ Cuv. ; épicotyléal, Geof. Saint-IIil. ; caisse, Agass.) ; il est plus ou moins développé, il est en rapport avec les trois autres osselets du suspenseur commun. 4° Èpitijmpanicpue (n" 30), [temjtoral, Cuv. ; serrial, Geof. Saint- Hil. ; mastoïdien, Agass.) ; il est de forme assez variable ; il s'ar- ticule avec le crâne par son extrémité supérieure qui est reçue dans la fosse glénoïde ; en arrière il porte une apophyse qui est en rapport avec l'opercule ; en dehors il s'articule avec le préo- percule. Dans les Congres, il déborde en arrière et augmente ainsi la largeur de la région occipitale; il est uni au crâne par deux articulations éloignées l'une de l'autre. C. Région operculaire. — Elle est limitée en arrière par la fente des ouïes. L'appareil operculaire quand il est complet se compose de quatre pièces. 1° Opercule, Cuv. (n° 34), (stapéai., Geof. Saint-Hil.); cet os, en raison des fonctions qu'il remplit, est la pièce la plus im- portante de l'appareil; il est de forme très-variable, il est arron- POISSONS OSSEUX. M di ou échancré à son bord inférieur, il est mousse ou bien épineux à son bord postérieur. Il s'articule avec l'apophyse postérieure de l'épitympanique, il est en rapport en bas avec le sous-opercule, en avant avec le bord postérieur du « préopercule, et s'y meut comme un batlant de porte sur son chambranle. » (Cuv. et Valenc, t. I, p. 345.) 2° SoKs-operciile, Cuv. (n" 35), [mccal, Geof, Saint-IIil.); il est plus ou moins développé ; il est attaclié à l'opercule, et limite en bas et en arrière le bord du ballant operculairc; il est en rapport avec l'inleropercule et le plus souvent avec le préoper- cule. Dans les Congres, il est réduit à une espèce de lame falci- forme qui borde la partie inférieure de l'opercule. Il manque chez les Silures, d'après Cuvier. 3° Préopercîde, Cuv. (n" 36), {tpnpanal, Geof. Saint-Hil.); il est, en général, assez grand; il s'articule en avant avec les os tympaniques; il est en rapport, dans la Morue, par exemple, en arrière avec l'opercule et le sous-opercule, en bas avec l'in- teroperculc, en dedans avec le stylohyal ou la pièce supérieure de l'os hyoïde. Son bord libre est tantôt mousse, tantôt plus ou moins dentelé. ■i° Tntcropercule, Cuv. [n" 31) , {malléal , Geof. Saint-Hil.); il est placé sous le préopercule, il s'étend, chez beaucoup de poissons^ du sous-opercule à l'angulaire, ou plutôt à l'articulaire de la mandibule; il a une forme ovale plus ou moins allongée dans la Morue. Les pièces operculaires peuvent être lisses, striées, épineuses, nues ou écailleuses. Les différences qu'elles présentent fournis- sent d'excellents caractères pour la diagnose des Poissons. Nous n'avons pas à revenir sur la disposition de l'appareil hyoïdien, qui a été décrit (t. I, p. 163); nous indiquerons seule- ment le nom des pièces qui sont dessinées dans la figure 83. 38, BasiJnjal; 39, Arthrohyaux; 40^ Ilypostégal ; 41 , Epistégal ; 42, Stylohyal ; 43_, Os sons-hyoïdien; 44^ Rayons branchiostéges. Os ACCESSOIRES DE LA TÊTE [Os à conaux muqueux, Stannius). — Il faut encore signaler des os qui pour certains auteurs sont des 12 POISSONS OSSEUX. pièces supplémentaires ou accessoires, et qui dépendent plus ou moins du dcrmosquclette ; quelques-unes de ces pièces ne sont pas constantes, elles manquent chez divers poissons. Os mr-orhitaire , Valenc. ; il s'articule avec le frontal princi- pal, et donne ainsi une plus large surface à la voûte orbitaire; il se trouve chez les Cyprins, chez les Ésoces. Os nasal, Cuv. [ethmophjsal, Geof. Saint-Hil. ; turbinai^ R. Owen; olfactif, Agass.); cet os, que Geoffroy Saint-IIilaire regardait comme l'analogue d'un cornet, recouvre la cavité de la narine ; il est généralement assez développé, mince; il est en rapport, en arrière, avec le frontal principal, en avant avec l'in- termaxillairc, en bas et en avant avec le préorbitaire, en dedans, plus ou moins, avec l'ethmoïde. Os soKS-orbitaires, Cuv. [adorbital et jiigaiix, Geof. Saint-Hil. ; jiigaiix, Agass.) ; ils forment une chaîne qui va de l'ethmoïde à l'angle postérieur et externe du frontal principal ; ils sont géné- ralement au nombre de trois à cinq ou six. Le premier, qui est beaucoup plus développé que les autres, devrait porter le nom àe préorbitaire ; Cuvier le regardait comme l'analogue du lacnj- mal; Geoffroy Saint-IIilaire le désignait sous le nom à'adorbital^ et appelait les suivants, d'après leur rang d'ordre, ]wimi-jugal^ tertii-jitgal, etc. Dans les Joues cuirassées de Cuvier, dans les Trigles, par exemple, les sous-orbitaires prennent un très- grand développement et font une large plaque qui vient s'atta- cher en arrière sur le suspenseur de la mâchoire inférieure et sur le préopercule. Les sous-orbitaires manquent chez les Bau- droies. Os suHemjioraiix, Cuv. — Ils ne sont pas constants, ils sont fa- ciles à voir dans les Gades, ils se rencontrent surtout dans l'es- pace limité parle surscapulaire, le mastoïdien et l'occipital. Ces os, qui se montrent chez les Cyprins, etc., constituent les parois du système canalicule latéral. Muscles de la tète. Muscles des mâchoires. — Les muscles qui rapprochent les mâchoires l'une de l'autre ne forment qu'une seule masse, gé- POISSONS OSSEUX. 13 némlenient disposée en plusieurs couches. Cette masse est, eu odes. Ordre des Lophobranches, Lophobranchii, Cuv. Corps. — Il est peu déyeloppé ; il est couvert de petits écus- sons qui, réunis par séries verticales, forment des anneaux* plus ou moins nombreux. Tête. — Elle est longue; le museau est tubuleux; à son extré- mité s'ouvre une petite bouche non dentée. Appareil branchial. — Les branchies présentent un arrange- ment particulier ; les lamelles respiratoires sont portées sur des tiges très-courtes ; elles s'enroulent en forme de massues ou de houppes, d'où le nom de Lophobranches donné par Cuvier aux poissons de l'ordre que nous allons étudier. Cette disposition singulière est plus apparente que réelle ; il est, en effet, très- facile de dérouler les feuillets branchiaux et de voir qu'ils ont la même structure que ceux des autres Ichthyostés.' L'opercule est articulé avec l'épitympanique ; il est développé. La chambre branchiale est grande ; à l'extérieur elle n'a qu'un orifice très- étroit pour la sortie de l'eau; la membrane branchiostège est fixée sur l'anneau scapulaire. Vessie nat.\toire. — Elle est de forme variable; elle manque de canal pneumatophore ; elle est pourvue, à sa partie anté- rieure, d'un corps rouge; elle est plus ou moins enduite de ma- tière nacrée. C(eur. — Le bulbe artériel n'a que deux valvules. L'ordre des Lophobranches comprend une seule famille. ■28 SYNGNATHIDÉS. Famille des Syngnathidés, Syngnathidœ. Corps de forme variable ; entouré de pièces dures unies entre elles et faisant une espèce de cuirasse articulée. Ces pièces sont tantôt, comme dans les Hippocampes, grêles, terminées par des angles aigus, elles circonscri- vent des espaces libres assez larges, elles figurent une sorte de treillage, n'étant attachées les unes aux autres que par l'extrémité de leurs pointes ; tantôt, comme dans les Syngnathes, etc., elles s'élargissent en plaques arti- culées par des surfaces étendues et ne laissant entre elles que des lacunes très-étroites. Elles sont plus nombreuses aux anneaux du tronc qu'à ceux de la queue. Pour avoir une idée nette de l'arrangement de ces pièces, il faut les étu- dier sur des animaux relativement d'assez grande taille, sur des Hippocam- pes, sur des Syngnathes aiguilles, sur des Siphonostomes typhles. Anneaux du tronc. — Les anneaux du tronc placés entre les pectorales et la dorsale sont formés de sept pièces toujours distinctes (V. fig. 85, I) : 1° deux pièces latérales supérieures (n°s 1, 1') coudées à angle droit, s'articulant sur le dos l'une à l'autre ; 2° deux pièces latérales pro- prement dites {n°^ 2, 2'); 3° deux pièces laté- rales inférieures ^n"» 3, 3 ) coudées ; 4° une pièce impaire ou ventrale (n° 4). Toutes ces pièces limitent, avec les segments des an- neaux voisins, de petits espaces losangiques chez les Syngnathes; les espaces sont au nombre de sept, un espace impair supérieur, deux espaces latéraux à droite et à gauche, et deux espaces inférieurs ; chacun de ces espaces est plus ou moins clos par un petit écusson ovale qui a la plus grande ressemblance avec les écailles sous-épidermiques de certains pois- sons. Dans les Hippocampes, les espaces sont fer- més par une aponévrose. 2° Anneaux de la queue. — Après l'insertion de la dorsale, les anneaux sont composés de quatre pièces (V. fig. 85, H) : 1" deux pièces latérales supérieures, 2° deux pièces latéi'ales inférieures. Dans les poissons que nous avons nommés, ces pièces sont coudées à angle droit et domient au tronçon de la queue une forme carrée: elles bordent une série d'espaces losangiques sur chacune des faces de la queue. Les anneaux sont non-seulement unis entre eux, mais ils sont aussi eu rapport avec la colonne vertébrale, avec les apophyses de chaque vertèbre, I, anneau du tronc; II, an- neau de la queue (Syngnatlio aiguille). SYNGNATHIDÉS. 2{> au tronc avec les neurapophyses et avec les apophyses transverses, il n'y a que trois points d'appui ; à la queue, outre les points d'attache que nous venons d'indiquer, il y en a un quatrième, le segment inférieur est fixé à l'héniapophyse. Il résulte de cette disposition que la queue est partagée en quatre loges parfaitement distinctes, à parois symétriques. Dans le Syngna- the aiguille, dans le Siphonostome lyphle, les différentes apophyses verté- hrales ne sont pas en contact immédiat avec les anneaux, mais avec de pe- tites pièces osseuses qui n'ont pas encore été signalées, il me semble. Chez les femelles remplies d'œufs, les segments du ventre s'éloignent les uns des autres, ils paraissent même désunis parfois, et les intervalles losangiques deviennent plus grands. Pièces nuchales. — Après l'occipital et au-dessus de l'anneau scapulaire il y a une ou plusieurs pièces impaires qui, en raison de leur position, doivent être appelées pièces nuchales, et doivent être aussi, quand il y en a plu- sieurs, désignées sous le nom de première, seconde nuchale, suivant le rang qu'elles occupent. Le corps est couvert d'un épidémie très-adhérent ; les appendices cutanés ne se trouvent guère que chez les Hippocampes, surtout chez l'Hippocampe moucheté qui a ses épines garnies de filaments plus ou moins allongés. Colonne vertébrale. — Les vertèbres correspondent aux anneaux du corps et sont par conséquent en nombre égal ; elles sont relativement développées, grosses et longues avec de très-grandes apophyses. Les apophyses épineuses sont généralement larges, elles présentent au niveau de la dorsale une disposition singulière, elles se divisent en tiges plus ou moins nombreuses qui sont en rapport avec autant d'intorépineux. Les eûtes manquent complètement : il n'est pas possible de comparer à des côtes les petits appendices osseux, qui relient les apophyses aux pièces latérales du tronc. Tête. — Elle fait parfois un coude avec le tronc (Hippocampes), le plus souvent elle continue l'axe du corps. La bouche est à l'extrémité d'un tube dont les parois sont constituées en bas par une aponévrose et les interoper- cules, latéralement par l'appareil tympanique, en dessus par les ptérygoï- diens, les palatins et le vomer ; elle est très-étroite, à fente presque verticale, sans aucune espèce de dents, à lèvres très-minces. La mâchoire supérieure est formée par les intermaxillaires très- grêles, très-courts, débordés en dehors par les maxillaires qui se terminent en une sorte de palette élargie. La mâchoire inférieure est constituée, d'une façon normale, par trois os, le dentaire, l'articulaire et l'angulaire; elle est articulée avec l'appareil tym- panique composé de ses quatre osselets. Yeux latéraux, arrondis, plus ou moins éloignés du bout du museau. Rétine ayant des bâtonnets très-nombreux et peu de cônes. Narines placées au-devant des yeux, pourvues de deux petits orifices distincts. Appareil branchial; ouverture des ou'ies très-étroite, oblongue; elle est placée très en arrière et très-haut, près de la pièce nuchale. Dans les Syn- 30 SYNGNATHIDÉS. gnathes et dans les Siphonostomes la paroi externe de la chambre respira- toire est formée par un opercule bombé très-développé, un sous- opercule, des rayons branchiostèges et leur membrane qui vient se fixer à l'anneau scapulaire; il n'y a pas de préopercule, et l'interopercule fait une partie du plancher du tube rostral. L'os hyoïde est court, assez fort, il donne attache à deux ligaments qui s'insèrent à la mâchoire inférieure ; la corne de l'hyoïde porte deux ou trois rayons branchiostèges très-grêles et très-longs ; l'os sous-hyoïdien est allongé. 11 y a quatre paires de branchies; le côté interne des arcs branchiaux est garni de tiges coniques très-fines. Nageoires; dorsale unique; les apophyses épineuses, au niveau de la dorsale, se divisent en trois, quatre et môme parfois en six tiges donnant appui à des interépineux; ces tiges sont tantôt presque droites, parallèles (Hippocampes), tantôt divergentes comme les branches d'un éventail (Syn- gnathes). Les interépineux ont leur extrémité supérieure très-développée, ils portent les rayons de la nageoire qui sont tous simples, articulés, qui sont en quelque sorte indépendants les uns des autres, et, grâce à cette disposi- tion, les muscles peuvent leur imprimer des mouvements ondulatoires plus ou moins rapides. Anale peu développée, manquant chez les Nérophiniens. Caudale n'existant d'une façon complète que chez les Syngnathiniens ; les Hippocampiniens et les Nérophiniens, qui en sont dépourvus, ont la queue prenante, ils l'enroulent autour des plantes marines, des corps flottants soit pour se fixer, soit pour se faire transporter. Ceinture scapulaire non atta- chée au crâne, mais à la colonne vertébrale et aux boucliers antérieurs. Pectorales assez développées chez les Hippocampiniens, les Syngnathi- niens, manquant chez les Nérophiniens ou plutôt s'atrophiant et disparais- sant assez vite, mais visibles chez les embryons de quelques espèces, comme l'ont constaté plusieurs naturalistes. Ventrales manquant toujours. Appareil digestif; le tube intestinal présente une disposition différente suivant la forme des animaux; dans les Nérophiniens il va directement du pharynx à l'anus, dans les Syngnathiniens il décrit une légère courbure au niveau de la vessie natatoire, il n'est fixé par aucun ligament mésenté- rique; dans nos Hippocampiniens il fait une triple courbure et ses replis sont maintenus par des expansions péritonéales. L'estomac est légèrement dilaté dans les Hippocampes. Pas d'appendices pyloriques. Péritoine généra- lement noirâtre. Conservation de Tespèce. Testicules, ressemblant à deux petits cordons allongés ou à deux bandelettes ; ils se réunissent dans leur partie postérieure et versent leur produit dans un canal déférent commun. Ooaires formant deux sacs plus ou moins allongés, se rejoignant par leur partie postérieure, n'ayant qu'un seul oviducte. Les Syngnathidés présentent dans leur mode de reproduction un phéno- mène des plus extraordinaires. Les mâles sont chargés du soin de leur pro- géniture, ils ne préparent pas, comme quelques autres poissons, un nid pour recevoir les œufs, mais ils les portent soit renfermés dans un organe ■spécial, soit fixés à la paroi inférieure de ral)doineu. Chez les Hippocampi- SYNGNATiïlDÉS. 31 niens, chez les Syngnathiniens, ils sont pourvus d'une poche sous-caudale dans laquelle 3ont déposés les œufs, naissent et même séjournent les petits tant qu'ils n'ont pas atteint un certain degré de force. Aristote, Rondelet, Gouan, Uisso avaient constaté le fait de l'éclosion dans la poche des Syn- gnathes. Tous les ichthyologistes supposaient que ce sont les femelles qui ont l'appareil d'incuhation ; Ekstrom, le premier, combattit cette manière de voir, et, en 1831, il démontra que les individus munis de la poche sont les mâles, et non les femelles. L'observation d"Ekstrom ne fut d'abord ad- mise qu'avec une certaine défiance, tant elle semblait extraordinaire; mais l'examen est si facile qu'il ne peut rester le moindre doute à cet égard. Dans les Hippocampes la poche est large, mais courte; elle donne au corps un aspect tout particulier ; ainsi le tronc, chez les mâles, au heu de se ter- miner, comme dans les femelles, par une ligne droite perpendiculaire à la queue, s'arrondit en courbe plus ou moins prononcée suivant l'état de va- cuité ou de plénitude de l'organe. L'ouverture de la poche est située un peu en arrière de l'anale, elle n'est pas arrondie, elle est oblongue, un peu plus large en avant qu'en arrière; elle est entourée d'un sphincter puissant, elle est plissée sur les bords qui forment des lèvres épaisses entre lesquelles est plus ou moins cachée la petite anale. L'intérieur de la cavité est tapissé d'une muqueuse qui présente un aspect variable suivant les époques auxquelles on l'examine. Au moment de l'incubation la muqueuse est excessivement vas- culairc; elle envoie des prolongements entre les œufs et fait à chacun d'eux une espèce de cellule plus ou moins enveloppante. Les parois du sac ovigère sont épaisses, résistantes, elles peuvent, ainsi que je l'ai constaté, être le siège de contractions assez énergiques pour expulser de la cavité tous les petits. Chez les Syngnathiniens la poche est très-longue, elle occupe une grande partie de la région sous-caudale ; elle est fermée par deux lèvres latérales qui ont presque la même longueur que la cavité elle-même. Ces lèvres sont munies à leur bord libre de papilles qui se développent pendant l'incubation et la cavité est alors parfaitement close. D'après C. Vogt et Pappenheim : « La structure de cette cavité est fort singuUère ; elle est divisée dans un grand nombre de compartiments ouverts rangés en ligne longitudinale, et alternant les uns avec les autres comme les cellules dans un gâteau d'Abeil- les. » (C. Vogt et Papp., Organ. générât. Vertébr., Ann. se. natur., 18o9, t. XI, p. 36i.) Ces auteurs ne parlent sans doute de la structure de la poche qu'au moment de l'incubation ; avant cette époque il n'y a pas plus d'alvéoles dans la poche des Syngnathes que dans celle des Hippocampes. Les cellules ne se forment que par suite du dépôt des œufs, elles persistent quelque temps encore après l'éclosion, puis s'effacent peu à peu et finissent par disparaître complètement. La muqueuse de la poche semble s'exfolier après l'incuba- tion ; elle présente un épithélium pavimenteux à grandes cellules presque toujours pentagonales avec un noyau assez volumineux et des granulations. Le nombre des rangées d'œufs varie non-seulement dans les différentes es- pèces de Syngnathiniens, mais encore dans les individus d'une même espèce 32 SYNGNATHIDES. suivant leur taille. Dans la poche du Syngnathe aiguille de grande dimension, il y a généralement huit rangées d'œufs, quatre à la région dorsale, deux sur chacune des lèvres ; il y en a deux seulement, parfois quatre dans celle du Siphonostome de Rondelet, ou du moins chez les sujets que j'ai examinés ; chez un Siphonostome typhle de petite taille, je trouve deux séries d'œufs, et trois séries chez un individu plus développé. Quant au nombre des cellules, il est égal à celui des œufs déposés. Comment la femelle introduit-elle les œufs dans la poche du mâle? Je ne veux pas entrer dans de longs détails à ce sujet et je me contente de rapporter une observation faite par mon ami Lafont à l'aquarium d'Arcachon. <( Le 11 février 1869 (température de l'eau -|- 12°), je vis deux Syngnathes aiguilles étroitement embrassés, dans un bac de l'Aquarium ; en les sépa- rant, je constatai que la poche du mâle était vide, mais que les deux replis qui la forment, étaient fortement gonflés et vascularisés, et qu'ils étaient soudés par une humeur gélatineuse sur presque toute leur longueur ; vers la partie supérieure de la poche, ces replis s'écartaient et laissaient entre eux une ouverture en cœur. Au bas de l'abdomen de la femelle, s'avançait une sorte d'oviducte, long de 6 à 8 millimètres, qui était introduit dans la poche du mâle, par l'ouverture que j'ai signalée à la partie supérieure de cet organe. En lâchant dans le bac les deux individus dont je parle, je les vis se rejoindre, et la femelle introduisit chaque fois l'oviducte dans la poche du mâle. )> (A. Lafont, Note pour servir à la faune de la Gironde, actes de la Société linn. Bordeaux, 1871, t. 28, 2*' liv., p. 15.) Les ISérophiniens n'ont pas de poche incubatrice. Les œufs sont fixés sous le ventre du mâle, en avant de l'ouverture de l'anus, ils sont rangés avec symétrie, sur plusieurs lignes longitudinales, variant de huit à dix, de deux à quatre parfois dans une même espèce; ainsi Kaup indique quatre rangées d'œufs dans le Nérophis lombricoïde; chez un individu de cette espèce, j'en ai trouvé seulement deux séries composées chacune de treize œufs, il n'y avait que vingt-six cellules. L'a])domen est plus aplati dans les mules que chez les femelles et la peau qui le recouvre est, surtout au moment de l'in- cubation, plus vasculaire que dans les autres régions. Les œufs ne sont pas de prime abord, comme le suppose Canestrini, placés dans des niches par- ticulières, c'est par suite de leur dépôt, à la région abdominale, qu'ils déter- minent la formation des cellules dans lesquelles ils sont ensuite légèrement euchatonnés. Les cas de métamorphoses ne sont pas rares dans la famille des Syngna- thidés ; Canestrini a trouvé chez les embryons de l'Hippocampe brévirostre une caudale rudimen taire; d'un autre côté, nous l'avons dit, Pries, de Qua- Irefages ont signalé, chez déjeunes Nérophiniens, la présence des pectorales qui manquent chez les adultes. De ces faits Canestrini tire la conclusion que les Nérophis sont les descendants des Syngnathes, que les Hippocampes sont les descendants des Calamostomes. Les Syngnathes, suivant le natui'aliste italien, en perdant leurs pectorales et leur caudale, ont donné naissance aux Nérophiniens, qui portent à l'état SVNGNATHIDES. 33 embrxoiHudre les pectorales et la caudale de leurs aucètres ; quelques Néro- pliiiiicns même conservent, à l'état adulte, une caudale rudimeiitaire. Ou peut al'finner eu toute assurance, ajoute Canestriui, que le genre Né- rophis est un genre en voie de formation. Quand la caudale, déjà mainte- nant tout au plus rudimeutaire, aura complètement disparu dans toutes les espèces, et ne se présentera même plus chez les embryons, alors on pourra dire que le genre Nérophis est l)on parce qu'il est bien distinct du genre allié Syngnathe. Maintenant on ne peut en dire autant, et la preuve en est dans l'incertitude des auteurs relativement à la classification de quelques espèces ; Kaup place les Nérophiniens à caudale rudimentaire dans le genre Nérophis, tandis que Raflnesque et Bonaparte rapportent les mômes espèces au genre Syngnathe. (V. Canestr., Faun. ItaL, p. to'.l.) Nous n'avons pas à rechercher si le genre Nérophis est en voie de forma- tion, si, pour devenir bon, il lui faut nécessairement remplir les conditions indiquées par Canestriui ; nous nous bornerons à montrer que le natura- liste italien fait une confusion des plus singulières à propos du genre Syn- gnathe, que la preuve qu'il apporte à l'appui de sa manière de voir repose sur une équivoque. Depuis plus d'un demi-siècle le nom de Syngnathe, Syn- (jnathus, est donné par la plupart des ichthyologistes (excepté C. Bonaparte qui a suivi U nomenclature de Rafinesque) à un genre comprenant des espèces qui, outre la dorsale et la caudale, sont munies de pectorales et d'anale ; ce genre Syngnathe répond au genre Siphonostome de Rafinesque, et nullement au genre Syngnathe du même auteur, qui est caractérisé par l'ab- sence des pectorales et de l'anale, seiizu aie peltondi, ne anali. Kaup a réuni, et il a eu soin de le faire remarquer, les deux genres Nérophis et Syngnathe de Rafinesque en un seul, le genre Nérophis ; il a divisé en deux groupes les espèces composant le genre ainsi modifié, il a placé les espèces pourvues d'une caudale rudimentaire dans le premier groupe qui répond au genre Syngnathe de Rafinesque, et dans le second groupe il a rangé les espèces privées de caudale, espèces qui seules forment le genre Nérophis de Rafines- que. Il est inutile d'insister davantage pour démontrer qu'il n'y a jamais eu, chez les auteurs cités par Canestriui, la moindre divergence d'opinion, la moindre incertitude relativement à la classification des espèces pourvues d'une caudale rudimentaire. Les Syngiiathidés n'ont qu'un système musculaire excessive- ment peu développe; ils ne sont, par conséquent^ d'aucune utilité au point de vue de l'alimentation ; ils sont apportés parfois sur quelques marchés et vendus comme des ohjetsde curiosité en rai- sondeleur singulière conformation. Pour les naturalistes, ils sont le sujet d'études intéressantes ; nous n'avons pas ici à faire con- naître leurs nid'urs, nous dirons seulemeut qu'ils vivent dans des eaux jteu profondes, dans les algues, au milieu des(fuelles ils n. 3 34 • SYNGNATHIDÉS. se tiennent cachés, qu'il s'en trouve sur toutes nos côtes. La famille des Syngnathidés se divise en trois sous-familles. I ; nulle. ... 1. Hippocampixiens. \ bien développées. Caudale Pectorales ( ( distincte. 2. Syngnatiume.xs. nulles, pas d'anale 3. Nérophimexs. Sous-famille des Hippocampiniens , Hippocampini, Bp. Corps heptagonal en avant, comprimé; dos en gouttière peu profonde; ventre à carène médiane convexe. Queue préhensile, en pyramide quadran- gulaire. Angle libre des écussons plus ou moins saillant. Tête ressemblant à une tête de cheval, inclinée en bas et en avant ; à la région occipitale une sorte de couronne à bord inégal, portant parfois des filaments cutanés ; museau arrondi ; bouche petite. Nageoires ; dorsale unique, anale très-petite, pectorales assez dévelop- pées, pas de caudale. Cette sous-famille comprend un seul genre. GENRE HIPPOCAMPE — HIPPOCAMPUS, Giiv. Corps ; tronc heptagonal, raccourci, comprimé ; anneaux du tronc au nombre de douze, en comptant les deux anneaux de la ceinture scapulaire. Le dernier anneau est composé de huit pièces, il n'a pas, comme les an- neaux précédents, de pièce médiane inférieure. La pièce latérale propre- ment dite se relève brusquement et son angle externe commence la série des angles latéraux supérieurs de la queue ; elle est attachée à la pièce la- térale inférieure par une espèce de chevron ou d'écusson, qui n'a pas d'angle externe saillant. La pièce latérale inférieure a son angle postérieur abaissé, venant se mettre, sur la ligne médiane, en rapport avec l'angle de la pièce du côté opposé ; sur l'espèce de symphyse ainsi formée se fixent les tiges osseuses, grêles et allongées qui sont les interépineux de l'anale. Le premier anneau de la queue est composé de six segments ; il est plus élevé que les suivants ; il porte les derniers rayons de la dorsale. Les an- neaux suivants sont réduits à quatre segments ; il est facile de voir que les pièces persistantes sont les pièces latérales moyennes et les pièces latérales inférieures. La queue est en pyramide quadrilatérale, elle est constituée par trente-six à quarante anneaux ; sa longueur fait les deux tiers, quelquefois un peu moins, de la distance qui sépare la nuque de l'extrémité caudale. SYNGNATHIDÉS. 3o Tête longue, comprimée, relevée dans la région occipitale qui porte trois tubercules, un tubercule médian et deux tubercules latéraux plus ou moins pointas. Il y a deux pièces nuchales ; la première s'articule en arrière avec la pièce nuchalc postérieure et avec les deux pièces latérales supérieures de l'anneau scapulaire, elle arc-boute en avant sa pointe sur le bord posté- rieur du tubercule occipital et forme, de cette façon, une espèce de pont ou d'arcade au-dessus de l'articulation de la tète avec la colonne vertébrale ; elle porte à la région supérieure une sorte de couronne, une protubérance dont le milieu est déprimé et dont le bord est plus ou moins tuberculeux, La seconde pièce nuchale est allongée, elle est étroite, elle fait une espèce de toit au-dessus de l'espace vide, qui reste entre les deux pièces latérales supérieures du premier anneau du tronc ou de l'anneau scapulaire. Sur chaque sourcil est une épine plus ou moins longue ; sur le milieu de l'espace préorbitaire se voit une protubérance plus ou moins développée ap- pelée protubcvance ou épine nasale. L'espace interobitaire est concave, il figure un triangle isocèle, triangle orbito-nasal, dont les grands côtés sont les lignes allant de la protubérance nasale aux épines sourcilières. La Ion- gueur de ces lignes, comparée à la distance qui sépare l'épine nasale du bout du museau, est dilférente dans chacune de nos espèces. Cette différence dans les proportions fournit pour la diagnose un caractère excellent. (La lon- gueur du museau est mesurée à partir de l'œil, elle répond à la longueur de l'espace préorbitaire.) Yeux assez grands. D'après Lyonnet, et son opinion est adoptée par beaucoup de naturahstes, les Hippocampes peuvent imprimer k leurs yeux des mouvements indépendants et regarder en même temps deux objets placés chacun dans une direction opposée. Je ne suis pas absolument con- vaincu de la réalité du fait; j'ai bien souvent examiné des Hippocampes pour vérifier l'assertion de Lyonnet et j'avoue qu'il me reste un grand doute à cet égard. Narines placées de chaque coté de la protubérance nasale, au-devant de l'orbite. Appendices cutanés allongés, coniques, attachés le plus souvent à la couronne nuchale, aux épines de la tète et du dos ; ces appendices fila- menteux ne sont pas constants ; ils sont généralement moins développés dans l'Hippocampe brévirostre que dans l'autre espèce. Appareil branchial; opercule bien développé; membrane branchio- tège soutenue par deux rayons ; orifice branchial étroit, placé en avant et au-dessus de l'épine latérale supérieure de l'anneau scapulaire; la base de cette épine forme en quelque sorte la paroi postérieure de l'orifice bran- chial. Nageoires; dorsale insérée sur des anneaux plus hauts que les autres; CCS anneaux sont au nombre de trois dans nos espèces, deux appartenant au Ironc et le troisième à la région caudale; ces trois anneaux n'ont pas le môme nombre d'écussons, le premier en a sept, le second huit, et l'anneau caudal six. Les pièces latérales supérieures qui portent la dorsale, n'ont plus 36 SYNGNATHTDES. leur côté interne terminé en pointe, mais au contraire ce côté se transforme en une espèce d'éventail triangulaire dont les rayons, les lames vont en divergeant de dehors en dedans. Dorsale à dix-sept ou vingt rayons. Anale peu développée, à quatre rayons, plus visibles chez la femelle que chez le mâle. Pectorales assez développées; la ceinture scapulaire qui est enve- loppée par le premier anneau du corps, est attachée à la colonne vertél)rale. Vessie natatoire ovale. Poclie incubatrice n'ayant qu'une petite ouverture ovale. Les caractères que nous venons d'indiquer avec un certain développement, ne conviennent pas à toutes les espèces composant le genre Hippocampe ; ils appartiennent à celles qui vivent sur nos côtes et qui portent les noms vulgaires suivants : N. vulg. : Cheval marin; Chibaou de ma, Biarritz ; Cavall mari, Uous- sillon; Tchival de màr. Celte; Cavau, Nice. Le genre Hippocampe comprend deux espèces aA'ant entre elles une telle ressemblance qu'elles n'ont pas été distinguées par les ichthyologistes qui ont précédé Cuvier. à peine égale à la distance qui sépare la protubérance nasale La longueur du côté \ du bout du museau 1 . H. moucheté. externe du triangle or-''^ bito-nasal est 1 plus grande que la distance qui [ sépare la protubérance nasale \ du bout du museau '2. IJ. brévirostre. L'HIPPOCAMPE MOUCHETE HIPPOCAMPUS GUTTULATUS, Cuv. Syn. : Du Cheval marin, Rondel., 2*^ part., liv. II, c. ix, p. 79. Syngnathus HippocAMPis, Blocli, pi. 109, fig. 3. Hippocampus guttulatus, Cuv., Règ. an., "i" éà., t. II, p. 3(j.3, Rég. an. ill., p. 331 Kaup, Cat., Lophobrundnate fis/i. col. British Muséum, p. 9 ; CBp., Cat., n" 794 ; A Dumér., t. II, p. 609; Gûntli., t. VIII, p. 202; Canesti'., Fn. liai., p. 140. Rondelet a donné une figure très-exacte de l'Hippocampe moucheté, qui est beaucoup plus commun que l'Hippocampe brévirostre sur nos côtes de la Méditerranée. Long. : 0,10 à 0,li, quelquefois 0,10. La longueur du corps, mesurée de la couronne nuchale à l'ex- trémité de la queue, fait six fois et demie à sept fois la hauteur qui est à peu près double de l'épaisseur. Lo baiiteur (hi tronc HIPPOCAMPE MOrCHETÉ. 37 prise entre le premier et le deuxième anneau portant la dor- sale, est, chez les mâles, à peu près égale à la distance qui sépare le bout du museau de Fépine mastoïdienne ; elle est sensible- ment plus petite chez les femelles. Le profil de Tabdomen est en arrière moins courbe chez la femelle de riiippocampe mou- cheté que dans Tautre espèce. Les épines des boucliers sont plus développées et plus pointues que dans l'Hippocampe bréyirostre. Les appendices cutanés manquent rarement ; ils sont plus ou moins allongés, simples, rarement divisés, attachés principale- ment sur les épines du tronc et surtout sur les pièces latérales supérieures. La tête est longue, sa longueur prise du bout du museau au bord postérieur de la couronne nuchale, fait plus du cinquième de la longueur du corps. Le museau est régulier, non déprimé à la racine de la protubérance nasale ; sa longueur, mesurée à partir de cette protubérance, est aussi grande et même plus grande que le côté externe du triangle orbito-nasal. L'épine nasale est plus saillante que dans riiippocampe brévirostre, elle a sa pointe dirigée en avant. La couronne de la pièce nuchale anté- rieure est large, bien développée, bordée généralement de cinq tubercules, pourvus presque toujours de filaments cutanés plus ou moins allongés. Les yeux sont arrondis, assez grands. L'iris est argenté ou d'un blanc rougeàtre. Les épines sourcilières sont grandes, pointues; elles portent ordinairement des filaments cutanés; elles sont sé- parées des épines mastoïdiennes par une distance moins grande que la longueur du museau. Trois anneaux, plus élevés que les autres, soutiennent la dor- sale; cette nageoire a le plus souvent dix-huit rayons; elle est grisâtre chez les jeunes sujets, elle est plus foncée chez les grands, à peu près de la teinte du corps ; elle montre parfois une bande noirâtre bien marquée et une jolie bordure jaunâtre. L'anale est très-peu développée, d'une teinte brune ou môme noirâtre; elle a quatre rayons seulement. Les pectorales sont brunâtres, elles ont dix-sept rayons. 38 SYNGiNxVTHIDÉS. D. 18 ; A. 4; P. 17. — Aiin. 12 + 38 à 40. Quant au système de coloration, il est assez variable; il est quelquefois d'un brun assez foncé, mais le plus souvent grisâtre ou gris brunâtre, ou rougeâtre avec des points ou des lignes d'un blanc, soit argenté, soit jaunâtre. Il n'est pas rare de trouver des animaux avec de très-grandes marques blanchâtres sans, pig- ment. Habitat. C. Bonaparte n'admot cette espèce qu'avec doute et la range parmi les poissons de la Méditerranée; cependant l'Hippocampe moucheté existe sur nos côtes de l'Ouest, il se trouve au moins à partir de la pointe du Raz jusque dans le golfe de Gascogne. Océan, baie d'Audierne, rare ; peu commun entre la Loire et la Gironde, la Rochelle ; golfe de Gascogne, com- mun à Arcachon, moins commun à Biarritz et à Saint-.Jean de Luz. Il est assez commun dans la Méditerranée, Port-Yendres, Cette, Marseille, Nice. L'HIPPOCAMPE BRÉVIROSTRE OU A MUSEAU COURT HIPPOCAMPUS DREVIROSTRIS, Cuv. Syn. : Hippocampus brevirostris, Cuv., Ri'g. an., p. 3G3, Règ. an. ilL, p. 3.]| ; Kaup, Cat., p. 7 ; CBp., Cat., n" 793 ; A. Dumcr., t. II, p. 504 ; Canestv., Fn. ItaL, p. 141. HiPPOCAMPOS ANTIQUORUM, Guiltll., t.. VII[, p. 190, OXCl. SJ'll. The Short-nosed Hippocampus, Yarr., t. II, p. 394, fig. M., F. Sea Horse, Sliort-nosed Hippocanipus, Coucli, t. IV, p. 304, non fig. La figure donnée par Couch, pi. 241, est celle d'un Hippocampe moucheté venant de la Méditerranée. Long. : 0,10 à 0,14, quelquefois 0,10. Les proportions du corps sont à peu près les mêmes que dans l'Hippocampe moucheté. La hauteur du tronc, prise entre le 1" et le 2' anneau portant la dorsale, est, chez les mâles et chez les femelles, plus grande que la distance qui sépare le bout du museau de l'épine mastoïdienne. Les épines des boucliers sont généralement beaucoup moins longues que dans l'autre espèce. Les appendices cutanés sont peu développés en général et man- quent même assez souvent. Chez la plupart des animaux, la longueur de la tète ne me- HIPPOCAMPE BKÉVIROSTRE. 39 siiro pas tout à fait le cinquième de la distance qui sépare la couronne nucliale de l'extrémité de la queue. Le bord supérieur du museau est irrép:ulier, il est creusé ou abaissé vers la protu- bérance nasale, et forme ainsi une courbure très-prononcée, qui détermine en arrière une diminution dans le calibre du tube rostral; la longueur du museau est moins grande que le côté externe de l'angle orbito-nasal. Protubérance nasale comprimée, à pointe peu développée. La pièce nuchale antérieure est de forme assez variable, elle a sa couronne large comme dans l'au- tre espèce, à cinq tubercules saillants, ou bien étroite, à. bord supérieur n'ayant que des tubercules très-réduits et souvent sans appendices cutanés. Les épines mastoïdiennes sont longues. Les yeux sont assez grands. Les épines sus-orbitaires sont grandes, pointues; elles sont séparées des épines mastoïdiennes par un espace égal à peu près à la longueur du museau. Comme dans l'autre espèce, la dorsale est portée sur trois anneaux; elle est baute surtout chez les femelles, elle a dix-sept ou dix-huit et même vingt rayons; elle est d'une teinte grisâtre chez les jeunes, d'une teinte brune chez les grands individus; elle est plus foncée à sa partie externe avec une bordure d'un blanc jaunâtre, qui n'a rien de bien régulier. Les pectorales ont une quinzaine de rayons. D. 17 ;i 20; A. '^ ; P. lii. — Ann. 1-2 + W. Le système de coloration est tantôt brun cendré pale ou brun foncé, varié de bleuâtre, avec des taches blanchâtres; les indivi- dus à teinte pâle sont marqués de bandes ou de raies d'un brun plus ou moins foncé. Habitat. L'Hippocampe brévirostre se trouve sur toutes nos côtes; Man- che excessivement rare, Boulogne, Dieppe, Granville, Roscoff. Océan rare jusqu'à l'embouchure de la Gironde; golfe de Gascogne, commun à Arca- chon, moins commun à Biarritz. I\Iédilerranée, assez commun, Cette. 40 SYNGNATHIDÉS. SoKs-famille des Syngnathmiena ^ Syiignathmi. Corps heptagonal au tronc, hexagonal entre l'anus cl la fin de la dorsale, puis finissant en pyramide quadrangulaire. Queue non préhensile, munie d'une nageoire terminale ; les anneaux de la queue sont formés par les pièces latérales moyennes et les pièces latérales inférieures. Ligne latérale du tronc tantôt interrompue après l'anneau anal, tantôt continuée par l'an- gle ou le bord sup('rieur des anneaux de la queue. Tête continuant Taxe du corps; plaques nuchales plus ou moins dévelop- pées ; museau plus ou moins allongé, de forme variable. Nageoires ; dorsale, anale, caudale et pectorales. Vessie natatoire allongée, à peu près cylindrique. Poche incubatrice très-longue, faisant le tiers, ou peu s'en faut, de la longueur totale, fendue sur tout son milieu; chez les mâles les angles in- férieurs de la région sous-caudale sont, au niveau de la poche, fortement rejetés en dehors ; en raison de cette disposition la surface interne de l'organe d'incubation est très-augmentée. La sous-famille des Syngnathiniens se divise en deux genres facilement reconnaissables. à peu près arrondi, moins élevé que la lête. Anneau scapulaire complet, fermé en des- sous par la première pièce impaire 1 . Syngnathe. Museau i comprimé, très-haut, aussi élevé que la tête^ [ parfois. Anneau scapulaire non fermé en \ dessous, sans pièce impaire 2. Siphoxostomf.. GENRE SYNGNATHE — SYNGNATHUS. Corps allongé, plus ou moins anguleux, aplati ou légèrement concave à la région dorsale, qui garde un niveau régulier. Le bord supérieur du tronc s'arrête vers la fin de la dorsale ; au niveau de la nageoire, il forme avec la ligne latérale une espèce de V allongé, ouvert en avant. Anneau scapulain» complet, fermé en dessous par une pièce impaire. Tête plus ou moins allongée; museau à peu près arrondi, moins élevé que la tète. Nageoires; dorsale longue, commençant sur le dernier ou l'avant-der- nier anneau du tronc, placée sur des anneaux ayant le même niveau que les autres; anale à trois ou quatre rayons; caudale le plus souvent arrondie en éventail, ayant une dizaine de rayons; pectorales bien développées, SYNfiNATHlDÉS. 4i o S o «3 a oc c Sh &0 (72 c/2 c/: CAÎ -^ 5-1 (TO ^-i< -— *^'^-«-^ 'ni ^ o «5 •J o o ^o a % o a o •a co 00 T^ o p., "■ r- ^ ^^ ' ^^ * — C/"J t^ X ^ O 'o «''è g ^ o a o Cm 3 5 4) ~" •y. :- s 2 -a S-l o O 1 S S 5 5 -3 ^ ^ cfi "2 s ô_ 3 c5 ^^ "Sj ci o .^H 'A ^ -5 '3 "o rC X ■f "t^ p , o P & O -^ Qj CD .j; p j::; ^ •i :S =^ a S a r" — J'ai vu, au musée de Gênes, un très-beau spécimen, pris dans le golfe, mesurant 0",oO de longueur; c'est probablement l'animal qui a été désigné sous le nom de Tetraodon bicolor-pav Durazzo, negli Atti délia soc. riuii. scient, ital. in Torino. Proportions : long, totale 0,18. Tête, long. 0,050, haut. 0,045. — Œil, diamèt. 0,0H, esp. préorb. 0,025, esp. interorbit. 0,014. Pectorale, long. 0,034. — Distance du museau à : dorsale, 0,105; anale, 0,110. Famille des Orthagorïscidés , Orthagoriscidœ . Corps tronqué en arrière, haut, comprimé. Peau couverte de tubercules ou de scutelles, parfois hérissée d'épines chez les jeunes, dure, épaisse, non extensible. Tête ; bouche petite ; mâchoires sans séparation médiane. Appareil branchial ; quatre paires de branchies ; une branchie acces- soire ou une pseudobranchie. Nageoires ; dorsale et anale hautes, reculées vers la caudale à laquelle elles sont plus ou moins unies. Pas de ventrales, pas d'os pelviens. Vessie natatoire nulle. Cette famille se compose d'un seul genre. GENRE ORTIIAGORISQUE — ORTHAGORISCUS. Caractères de la famille. Le genre Orthagorisque comprend deux espèces : Longueur du corps( une fois et demie la hauteur 1.0. mole. faisant ( deux fois au moins la hauteur 2. 0. oblong. L'ORTHAGORISQUE MOLE— ORTHAGORISCUS MOLA, Schneid. Syn. : De la lune ou Mole, Rondel., liv. XV, c. vi, p. 326. Tetrodon Mola, Linii., p. 412, sp. 7 ; Bloch, pi. 128. De la Môle ou Lune de Salvicn, Duham., Pêdi., part. 2, soct. 9, p. 306, pi. 23. ORTHAGORISCUS MoLA, Bl. Schneider, p. 510; Giinth., t. VIII, p. 317 ; Canestr., Fn. liai., p. 148. Le Tétrodon Lune, Orthagoriscus Mola, Lacép., t. VI, p. 246. Lune Meule, Cephalus Mola, Riss., Ichth., p. 60. ORTHAGORISQUE MOLE. 75 Cephalus ortagoriscus, Mole ortagorisquc, Riss. , Hist. nat., p. 173. MoLA ASPERA, CBp., Cat., n" 785. The Short Sun-fish, Yarr., t. II, p. 432. SuNFisH, Couch, t. IV, p. 377. MoLA ACULEATA, Kolrouter, Nov. comm. Acad. xcieyit. imper. Pclropolit., 1766, X, pi. VIII, fig. 3. DiODON MoLA, Pallas, Spicileg. zooL, fasc. 8, p. 39, pi. 4, fig. 7. Orthagoriscus spinosus,B1. Schneid., Cuv., Rèf/. ani?7i. ilL, p. 339; Gatchet, Soc. linn. Bord., 22 juin 1832. V. Synonymie plus complète, Ranzani, Nov. comm. Acad. scient., hist. Bonon., 1839, t. III, p. 80. — Anatomie, Wellcnbergh, Observât. a?iatom., de Orthragorisco Mola, Lugduni-Batav., 18bO. N. Vulg. : Lune, Poisson lune, [.une de mer, côtes de l'Ouest ; Lune d'ai'- gent, Bayonne ; Bot (outre), Roussillon ; Mola, Cette, Mole,Molebut, côtes de la Méditerranée; Muola, Nice. Long. : 0,50 à 1,50 et plus. Ce singulier animal présente des formes variables suivant Vàge. Le corps est raccourci ; dans les adultes il est oblong, et la longueur fait environ une fois et demie la hauteur; dans les jeunes, la longueur est à peine plus grande que la hauteur ; dans les très-jeunes, les deux diamètres ont la même longueur, et le corps présente l'aspect d'un disque régulier. Ces différences de configuration ont été regardées comme des caractères spéci- fiques par divers naturalistes. Le dermosquelette est très-dur, rude, il est composé de segments polyédriques ayant un tuber- cule central ; il est plus ou moins épineux chez les très-jeunes individus. La tête est peu distincte du corps, sa longueur, dans les su- jets de grande taille, fait à peine moins du tiers de la longueur totale. La bouche est petite, elle est ouverte an bout du museau ; les mâchoires sont d'une seule pièce, sans trace de séparation médiane. Quand la pièce dentaire est enlevée, on trouve parfois adhérentes à la mâchoire de petites dents isolées, coniques, à pointe mousse. Les yeux sont petits, arrondis ; ils sont assez rapprochés du profil supérieur de la tête. L'iris est argenté. Le diamètre de Fœil est compris trois fois et demie à quatre fois dans la longueur de l'espace préorbitaire. D'après Cuvier, la pau- pière est pourvue d^un sphincter, au moyen duquel elle peut 76 ORTHAGORISCIDÉS. se fermer et couvrir l'œil complètement; je l'ai dit, malgré d'assez longues recherches, je n'ai pas réussi à constater cette singulière disposition. L'ouverture des ouïes est très-petite, elle est placée à peu près vers la fin du tiers antérieur de la longueur totale, au-devant de la base de la pectorale. Il y a cinq rayons branchiostèges. Les branchies sont souvent envahies par de nombreux Cécrops de Latreille. La dorsale et l'anale sont pointues, très-hautes, presque triangu- laires. La dorsale a seize à dix-huit rayons appuyés sur une dou- zaine d'osselets interépineux, qui sont en rapport avec les neu- rapophyses des trois dernières vertèbres abdominales et celles des cinq premières vertèbres caudales. L'anale est pourvue de quinze à dix-sept rayons unis à une douzaine d'interépineux, qui sont rattachés aux hémapophyses des six premières vertèbres caudales. J'ai trouvé sur un sujet douze interépineux pour la dorsale, au- tant pour l'anale; ce nombre est-il toujours le même ? Je ne voudrais pas l'affirmer. La caudale est courte, arrondie, elle occupe toute la hauteur du tronc entre la dorsale et l'anale ; elle a douze à seize rayons articulés sur des interépineux qui sont en rapport : les supérieurs avec la neurapophyse de la sixième ver- tèbre caudale, les inférieurs avec l'hémapophyse de la septième vertèbre caudale. Les pectorales sont peu développées, elles sont arrondies; elles comptent une douzaine de rayons. D. 16 à 18; A. 15 à 17 ; C. 12 à 16; P. 12. Une teinte grisâtre s'étend sur le dos; les côtés brillent d'un éclat argenté très-vif. Les nageoires sont brunâtres^ Habitat. La Mole se trouve sur toutes nos côtes, mais elle est toujours assez rare. Deux de ces poissons ont été apportés, au mois de janvier 1874, sur le marché de Paris. Proportions : long, totale 0,42 ; corps, haut. 0,27. Tôte, long. 0,13. — Œil, diam. 0,015, esp. préorbit. 0,0bo. Les pécheurs apportent parfois à terre les Moles, comme un objet de curio- ORTHAGORISQUE OBLONG. 77 site, les montrent moyennant une Icgcre rétribution, puis les rejettent Scina essayer d'en tirer aucun autre profit. En effet la chair de ces poissons, d'une odeur désagréable, ne peut guère tenter l'estomac même le plus affamé. Ce- pendant sur les bords de la Méditerranée quelques parties de l'animal servent à l'alimentation; à Nice, le foie bien que très-peu estimé est mangé, d'après ce que rapporte Uisso; à Cette, les pêcheurs regardent même l'intestin, ainsi que celui des Raies, comme un mets assez délicat. L'ORTHAGORISQUE OBLONG, ORTHAGORISCUS OBLONGUS Schneid. Syn. : Orthagoriscus oblo.\gus, B1. Schneid., p. 511, sp. 2, pi. 97 ; CBp., Cat., n" 788. Cephalus ELONGATUS, Cépliale allongé, Riss., Hist. 7iat., p. 17-J. Orthagoriscus truxcatus, Giinth., t. VIII , p. 319. Orthagorisccs Planci, Canestr., F?i. ItaL, p. 149. The Oblong Sun-fish, Yarr., t. II, p. 439. Longer Slnfish, Coucli, t. IV, p. 381. Long.: 0,uO à 0,70. Au milieu du siècle dernier (1766), Jan. Plancus décrivit et figura ce poisson, qui est facile à distinguer de la Mole, En effet, le corps est oblong, tronqué brusquement dans sa partie pos- térieure, il est proportionnellement beaucoup moins élevé, plus allongé que celui de la Mole, la longueur faisant au moins deux fois la hauteur; il est couvert d'une peau épaisse, qui présente l'aspect d'une mosaïque formée de petits segments polyédriques, et qui est toujours beaucoup plus lisse que dans l'autre espèce. La tête est moins haute et plus longue que dans la Mole ; sa longueur, prise sur un sujet monté, du bout du museau à l'ou- verture branchiale fait un peu plus du tiers de la longueur totale. Le museau est plus étroit que celui de la Lune. Les yeux sont arrondis, ils sont plus grands et plus rapprochés du profil supérieur que dans l'autre espèce. L'iris est d'un gris argenté. Le diamètre de l'œil fait à peu près la moitié de l'es- pace préorbitaire. Les narines ont des orifices étroits, elles se trouvent à peu près au milieu delà distance qui sépare l'œil du museau. Quant à la fente des ouïes, elle est placée avant la fin du tiers 78 BALISTIDÉS. antérieur de la longueur totale ; elle est ovale et très-voisine de la base de la pectorale. Les nageoires impaires sont moins développées que dans l'au- tre espèce ; la dorsale et l'anale sont reculées sur l'angle posté- rieur du tronc ; la caudale est moins haute que l'extrémité du tronc ; les pectorales sont assez allongées, triangulaires. Le dos est brunâtre à reflets argentés, les côtés elle ventre sont d'un gris argenté. Habitat. Cette espèce a été trouvée sur toutes nos côtes, mais elle est excessivement rare. Manche. Océan, la Rochelle, Musée Fleuriau; un des su- jets du Muséum, acheté sur le marché de Paris, 1864, est indiqué comme venant de l'Océan. Méditerranée, Nice. Proportions : long, totale 0,45; corps, haut. 0,19. — Tête, long. 0,16. — Œil, diam. 0,024, esp. préorbit. 0,050. Dans les jeunes les proportions sont un peu différentes ; le corps est plus court, plus ramassé, mais jamais autant que dans les jeunes Moles. Sous-Ordre des Sclérodermes, Sclerodermi. Corps de forme variable, couvert de scutellesrudesoudeplaques osseuses. Tête développée; museau plus ou moins avancé; bouche petite; dents sé- parées ; le dentaire et l'articulaire sont ou paraissent soudés. Vessie natatoire grande. Cet ordre se compose de deux familles : , l double 1 . Balistidés. Dorsale l ( unique , 2. Ostracionidés . Famille des Balistidés, Balistidœ. Corps ovale, comprimé, couvert de scutelles, de pièces rudes, parfois épineuses. Vertèbres au nombre de dix-sept ou dix-huit. Tête développée ; museau avancé; bouche petite; dents bien séparées, peu nombreuses. Nageoires; deux dorsales, la première épineuse. La famille des Balistidés comprend un seul genre. BALISTE CAPRISQUE. 79 GENRE BALISTE — SOLISTES, Linn. Tête ; dents plus ou moins aplaties, sur deux rangées à la mâchoire su- périeure, sur une seule rangée à la mandibule. Yeux placés loin de la bouche. Narines rapprochées de l'orbite, à deux orifices. Appareil branchial ; fente des ouïes très-étroite, au-dessus de l'articu- lation de la pectorale ; quatre paires de branchies ; os pharyngiens dentés. Nageoires ; première dorsale courte, à trois épines articulées sur une grande pièce osseuse ; première épine développée, plus forte que les autres. Seconde dorsale longue, opposée à l'anale qui présente la même disposition. Caudale de forme variable. Pectorales peu développées. Pas de ventrales complètes ; os pelvien portant, à son extrémité, une pièce épineuse suivie d'un repli de la peau soutenu par de petits aiguillons. Ce genre est représenté par une espèce. LE BALISTE CAPRISQUE — BALISTES CAPRISCUS. Fia:. 91, Syn. : Du Ponc, Rondel., liv. V, ch. xvi, p. 140. Caper, Pescc balestra, Salv., p. 206. Caprisccs Salviani, Willugh., p. 15*2, pi. J, 19. Balistes CAPRISCUS, Linii., éd. Gmel., t. III, p. 1471, n"13; Agass., Poiss. fos., t. 11, p. 249, pi. F, squel. ; Gunth., t. VIII, p. 217 ; CBp., Cat., n" 791 ; Canestr., Fn. Ital, p. 146; HoUard, Ann. se. nat., 1854, t. I, p. 309. Le Baliste caprisque, Balistes capriscus, Lacép., t. VI, p. 121 ; Riss., Ichth., p. 51. Le Baliste Buniva, Balistes Buniva, Lacépède, t. VI, p. 106; Riss., Ichth., p. 49, Hist. nat., p. 175. 80 BALISTIDÉS. Le Baliste en croissant, Balistes lunulatus, Riss., Hist. ?iat., p. 175. The Pig-Faced Trigger-Fish, Yarr., t. II, p. 422. FiLEFisH, Couch, t. IV, p. 3G9. N. vulg. : Faufré, Nice ; Purcell, Pyrénées-Orientales. Long. : 0,15 à 0,35, quelquefois 0,40. Le corps est ovale et très-comprimé, la longueur n'étant guère que le double de la hauteur qui fait à peu près le qua- druple de l'épaisseur. Il est revêtu d'une peau très-rude ou plutôt d'une espèce de cuirasse formée de pièces losangiques étroites, à petits tubercules épineux, dont la pointe, quand elle existe, est tournée en arrière. Les vertèbres sont au nombre de dix-huit, 7-1-11. La tête est haute et longue, elle mesure le quart de la lon- gueur totale; elle est comprimée et couverte, comme le tronc, de scutelles losangiques. Le profil de la tête est oblique, régu- lier. Le museau est à peu près arrondi ; la bouche est très-pe- tite, tout à fait terminale, bordée de grosses lèvres. La mâchoire supérieure est munie de deux rangées de dents appliquées l'une contre l'autre ; les dents de la rangée interne sont au nombre de six, elles paraissent faire l'office de plaques de renforcement ; les dents de la rangée externe sont au nombre de huit, les deux dents antérieures sont généralement un peu plus longues que les au- tres, elles sont très-rapprochées et semblent former une espèce de bec pointu correspondant à celui de la mâchoire inférieure, qui a huit dents sur une seule rangée. Les dents sont assez larges, plus ou moins coupantes, Salviani les comparait à des dents humaines, parfois elles sont assez aiguës. De petits yeux, placés vers le profil supérieur et loin du mu- seau, donnent aux Balistes une physionomie particulière. L'iris est d'un blanc jaunâtre. Le diamètre de l'œil fait le tiers ou un peu moins de l'espace préorbitaire, et les deux tiers de l'espace interorbitaire. L'œil est entouré d'une paupière couverte de gra- nulations épineuses. Les narines sont très-rapprochées de l'œil ; elles ont deux orifices étroits, arrondis, à peine séparés l'un de l'autre. L'orifice BALISTE CAPRISQUE. 8^f antérieur semble un peu plus lar^e que l'autre; il est légère- ment tubuleux, ou plutôt il est bordé par une membrane termi- née en triangle postérieurement. L'ouverture des ouïes est réduite à une petite fente presque verticale ou légèrement oblique de haut en bas et d'arrière en avant; elle est placée en avant et au-dessus de l'insertion de la pectorale. Les os pharyngiens portent des dents pointues. Les rayons branchiostèges sont au nombre de sept, parfois de six, c'est du moins le nombre que j'ai trouvé. 11 y a quatre paires de branchies, et non trois seulement, ainsi que l'indique Yarrell. Quant à la ligne latérale, elle est presque nulle ; cependant quelques pores se montrent sur le tronçon de la queue. La première dorsale a trois rayons épineux; le premier ai- guillon est inséré un peu en arrière de l'aplomb du bord posté- rieur de l'orbite, il est excessivement fort et robuste, il est couvert en avant de granulations épineuses ; le deuxième aiguillon est beaucoup moins développé que le premier dont il est très-rap- proché ; le troisième aiguillon est le plus court, il est reculé, il est à peu près à la même distance de la seconde dorsale ue du deuxième aiguillon. Le deuxième et le troisième rayon peuvent s'enfoncer dans un sillon assez creux, qui se prolonge en arrière vers la seconde dorsale. Le premier aiguillon présente, dans son mode d'articulation^ une disposition particulière qui empêche, quand la nageoire est relevée, de l'abaisser directement ; il faut, pour lui imprimer le mouvement de flexion, rabattre d'abord soit le troisième, soit plutôt le deuxième aiguillon qui le main- tient immobile. La seconde dorsale est longue, elle commence un peu avant l'aplomb de l'anus, et s'étend assez près de la base de la caudale ; elle est composée de vingt-sept ou vingt- huit rayons, le premier rayon est assez court, les suivants s'al- longent jusqu'au dixième ou onzième, puis diminuent graduel- lement. L'anale est opposée à la seconde dorsale, elle compte de vingt-cinq à vingt-sept rayons. La caudale montre de si grandes différences dans sa forme que de Lacépède, Risso et d'autres naturalistes pensaient qu'il y a deux espèces de Batistes sur nos II. 6 82 BALISTIDÉS. côtes de la Méditerranée; elle est tantôt arrondie, tronquée, coupée plus ou moins carrément ; tantôt, au contraire, elle est échancrée plus ou moins profondément, selon la longueur qu'at- teignent ses rayons externes. A quoi tiennent ces différences dans la configuration de la nageoire ? Elles dépendent du sexe peut-être ? Elles dépendent surtout du développement des ani- maux. Chez un jeune, mesurant 0™,13 de longueur, la caudale est à peu près arrondie ; dans un autre, ayant 0",158, elle est carrée, enfin chez un troisième d'assez grande taille, de 0™,25, la nageoire est en croissant. La caudale a dix ou douze rayons. Les pectorales sont peu développées, à bord postérieur ovale, elles sont un peu relevées ; elles ont quatorze rayons ; elles sont insérées sur une base écailleuse dont le bord supérieur est à peu près au niveau du milieu de la hauteur du corps. L'os pelvien porte, à son extrémité postérieure, une pièce mobile, courte, mais assez large, très-rugueuse à la face antérieure, terminée par des pointes ou par des dentelures. Cette pièce est unie par un pro- longement cutané à une série d'épines soutenant une membrane, qui se continue jusqu'à l'anus. Il y a environ une douzaine d'é- pjnes excessivement pointues qui, près de leur base, présentent, de chaque côté, une petite dent très-aiguë. Br. 6 ou 7. — D. 3— 27 ou 28 ; A. 25 à 27; C. 10 à 12. P. 14. La coloration est assez variable, elle est d'un gris brunâtre teinté de jaune et de bleu, parfois d'un brun violacé. Quelques animaux portent sur le corps et sur les nageoires verticales des taches bleues, jaunes, noirâtres. Habitat. Ce poisson est très-rare ; Méditcri'anée, Nice, Marseille, Cette ; Pyrénées-Orientales (Companyo). Océan? Proportions : long, totale 0,266; tronc, haut. 0,116, épais. 0,031 ; cau- dale, long, rayons : supérieurs 0,055, moyens 0,037, inférieurs 0,051. Tête, long. 0,070, haut. 0,098. — Œil, diam. 0,013 ; esp. préorbit. 0,050; esp. interorbit. 0,024. La chair du Caprisque ne se mange pas suivant Canestrini ; elle est très- recherchée d'après Companyo; enfin d'après Risso elle est délicate {Ichth.), elle est assez bonne {Hist. nat.). COFFRE A BEC 83 Famille des Ostracionidés, Ostracionidœ . Corps enfermé dans une espèce de carapace qui ne laisse de libre que le tronçon de la queue. Cette cuirasse formée de pièces osseuses polygonales, tuberculeuses, soudées les unes aux autres, est tout à fait inflexible; elle est percée de plusieurs ouvertures, qui permettent l'accomplissement des di- verses fonctions. La queue, les nageoires, la membrane des ouïes, la bou- che et les yeux ont seuls conservé leur mobilité. Les vertèbres du tronc, comme le dit Hollard, sont soudées et immobiles, mais restent distinctes. Nageoires ; dorsale unique, sans rayons épineux; pas de ventrales. Vessie natatoire sans conduit aérien. Cette famille se compose d'un seul genre. GE>RE COFFRE — OSTRACION, Linn. Corps de forme variable, polyédrique, à face abdominale aplatie. Tête à profil déclive ; bouche petite, lèvres mobiles, plus ou moins épaisses; maxillaire supérieur très-réduit, complètement soudé à l'intermaxillaire; dents coupantes ou pointues, assez développées, sur une seule rangée, au nombre de dix à quatorze à chaque mâchoire. Yeux recouverts par la peau, placés latéralement vers le profil supérieur de la tète ; orbite relevée par un sourcil plus ou moins saillant. Narines à double orifice ; en avant des yeux, dans une petite fossette. Appareil branchial ; ouverture des ouïes étroite, verticale. Nageoires; une dorsale reculée au-dessus de l'anale, une caudale, des pectorales. La caudale est la nageoire qui paraît toujours avoir le plus de dé- veloppement, ce qui se conçoit parfaitement chez des poissons ainsi confor- més ; elle est ordinairement de forme arrondie ; elle a généralement dix rayons. Le genre Coffre comprend deux espèces : , i cinq arêtes ; pas d'épine sur l'arête abdominale. 1. C. a bec. P ■ ) trois arêtes ; une épine sur l'arête abdominale. 2. C. trigone. LE COFFRE A BEC — OSTRACION NASUS. Syn. : Anus piscis Niloticus, Bell., p. 300. OsTRACioN NASUS, BIocli, pi. 138 ; CBp., Cat., n° 790 ; Hollard, Ann. se. nntur., 1857, t. VII, p. IGO; Gunth., t. VIII, p. 263 ; Canestr., F7i. Ifal., p. 14G. L'OsTiiAcioN A MUSEAU ALLONGÉ, Ostracioii iiasus, Lacép., t. VI, p. 198. OsTRACioN NASUS, Coffrc h. boc, Riss., Hist. nat., p. HG ; Boniiaterre, Encyclop. méth.. pi. 15, fig. 48, copiée de Bloch. 84 OSTRACIONIDÉS. Long. : 0,20 à 0,30. Les faces latérales et la face inférieure sont planes, la face su- périeure est relevée par une crête médiane courbe allant de la tête à la dorsale, en sorte que la carapace présente cinq arêtes parfaitement distinctes. L'arête inférieure n'est pas armée d'é- pine. La carapace entoure la base delà dorsale, elle se continue en arrière de la nageoire, en formant une espèce de large bouclier sur le tronçon de la queue, La tête est forte; le dermosquelette fait, au-dessus de la bouche, une saillie tuberculiforme plus ou moins prononcée, comme un nez, un bec conique. La dorsale est au-dessus et un peu en avant de l'anale. D. 9 ou 10; A. 9; G. 10; P. 10. Sur la carapace et le tronçon de la queue se voient des taches noirâtres arrondies, assez larges. Habitat. Méditerranée, excessivement rare, Nice, Risso. Proportions : long, totale 0,30 ; hauteur 0,032 ; largeur du dos 0,060; lar- geur de l'abdomen 0,070 (Hollard). LE COFFRE TRIGONE — OS TRAC ION TRIGONUS, Linn. Syn. : Ostracion trigonus, Lima., p. 408, sp. 2 ; Bloch, pi. 135 ; Hollard, Mono- graphie de la famille des Ostracionidés, Ann. se. natur., 1857, t. VII, p. 150 ; Gunth., t. VIII, p. 256 ; CBp., Cat. n" 789 ; Canestr., Fn. Ital., p. 146. Le Coffre triangulaire tubercule, Bonnat., Encyclop., p. 21, pi. 13, flg. 41. L'OsTRAcioN TRIGONE, Ostracloo trigonus, Lacép., t. 6, p. 205; Riss., Ichth.,j). 58, Hist. nat., p. 177. N. vulg. ; Cofl're, Nice, Riss. Long. : 0,20 à 0,40. Une carapace triangulaire fait distinguer facilement cette es- pèce. La crête du dos est mince ; les crêtes abdominales sont très-prononcées, elles portent l'une et l'autre, un peu avant la base de l'anale, une épine très-développée à pointe dirigée en arrière. La cuirasse finit au niveau de la dorsale; elle est for- CHORIGNATHES. 85 niée de plaques hexagonales assez régulières, couvertes de tu- bercules. La tête est assez forte ; l'ouverture rostrale de la carapace est un peu plus haute que large ; la bouche est excessivement peu fendue. L'œil est grand, son diamètre fait le tiers de la longueur de la tête; l'espace interorbitaire est très-concave. La dorsale n'est pas complètement entourée par la carapace, qui se termine en formant, à la base de la nageoire, une échan- crure, une espèce de sinus; l'échancrure est à peu près fermée en arrière par l'écusson isolé du tronçon de la queue. La caudale est tantôt arrondie, tantôt échancrée. «La forme concave et un peu fourchue de la caudale n'a pas été assez remarquée, et constitue un des bons caractères de cette espèce. » (Holl.vrd, loc. cit., p. 151.) Mais dans les figures indiquées par Hollard, Bloch, pi. CXXXV, Bonnaterre, pi. XllL la caudale est arrondie. La nageoire probablement affecte des formes différentes suivant l'âge des sujets, comme dans le Baliste caprisque ; elle varie de longueur selon la taille des individus, elle fait le sixième de la longueur totale dans les petits, le huitième dans les grands. D. 10; A. 10; C. 10. La coloration est d'un gris foncé ou d'un gris jaunâtre avec des taches blanches dispersées sans régularité. Habitat. Méditerranée, accidentellement, Nice, Risso. Proportions : long, totale 0,21 ; face latérale, haut. 0,070 ; face abdomi- nale, larg. 0,070; tronçon de la queue, long. 0,047; caudale, long. 0,036. Tète, long. 0,0i3, haut. 0,0o:j; échancrure rostrale, haut. 0,021, long. 0,019. — Œil, diam. 0,014, esp. préorbit. 0,039, esp. interorbit. 0,021. Distance du museau à : dorsale, 0,117; anale, 0,126. Ordre des Chorignathes, Chorignathi. L'ordre des Chorignathes comprend les Poissons osseux de Cu- vier et Valenciennes, à branchies en peignes et à mâchoire su- périeure libre, moins les vrais Apodes. 86 CHORIGNATHES. Corps. — Il est de forme variable. La peau est assez rarement nue ou tuberculeuse; elle est généralement couverte d'écaillés, à bord postérieur lisse ou dentelé, écailles cycloïdes ou cténoides. Tête. — L'intermaxillaire et le maxillaire supérieur sont dis- tincts, non soudés l'un à l'autre (chez quelques rares Salmonoï- des étrangers^ le maxillaire supérieur paraît plus ou moins uni à l'intermaxillaire); les mâchoires sont le plus souvent dentées. Appareil rranchial. — Les pièces operculaires sont générale- ment au nombre de quatre : l'opercule, le sous-opercule, le préo- percule et l'interopercule. La membrane branchiostège et ses rayons sont plus ou moins développés. Les os pharyngiens sont dentés le plus ordinairement. Nageoires. — La dorsale existe toujours soit simple, soit mul- tiple. La ceinture scapulaire est attachée au crâne, excepté dans les Notacanthidés; les pectorales ne font presque jamais com- plètement défaut (Plagusie), quelquefois il n'y en a qu'une (Mo- nochire). Les ventrales manquent dans quelques faux Apodes (Anarrhique, Stromatée, Espadon, Trichiure, Ophidiidés). Vessie natatoire. — Elle existe chez un assez grand nombre d'espèces, elle est tantôt munie, tantôt privée de conduit pneu- matophore. Appareil digestif. — Le canal intestinal montre généralement une dilatation plus ou moins grande, l'estomac; il est souvent pourvu d'appendices py toriques. Conservation de l'eSpèce. — La fécondation est presque tou- jours externe ; l'ovoviviparité est très-rare. Les œufs sont petits et très-nombreux. L^ordre des Chorignathes se divise en deux sous-ordres : les Acanthoptérygiens et les Malacoptérygiens. Les rayons qui soutiennent la partie antérieure du Lophio- dcrme, ou du repli de la peau formant les nageoires du dos et de l'anus, sont tantôt mous et articulés, tantôt simples et épi- neux. Artédi a parfaitement compris l'importance du caractère fourni par la structure des rayons, et s'en est très-judicieusement servi pour établir ses deux premiers ordres de Poissons, les Mala- ACANTHOPTÉRYGIENS. 87 coptét^ygiens et les Acanthoptérygieyis. Les principes de cette classification basée sur une disposition anatomique, en général facile à reconnaître, ont été admis, après quelques changements nécessaires, par la plupart des auteurs, par Cuvier et Valencien- nes. Quanta présent, faute d'une classification meilleure, nous croyons utile de conserver les deux principales divisions dans lesquelles les ichthyologistes français ont rangé leurs Pois- sons osseux « à branchies en peignes », et « à mâchoire supé- rieure libre », en retirant toutefois des Malacoptérygiens les vrais Apodes, qui, suivant nous, doivent constituer un ordre particulier. Nous commencerons par exposer l'histoire des Acanthoptéry- giens ou des Poissons ayant, selon la diagnose formulée par Ar- tédi, quelques-unes de leurs nageoires épineuses. Il est inutile de le rappeler, les caractères de familles, de genres que nous indiquons, ne sont pas des caractères généraux , ils conviennent particulièrement aux espèces de notre pays. Sous-Ordre des Acantlioptérygîens, Acanthopterygii. Nageoires ; les rayons de la première dorsale et de la première anale, quand il y en a plusieurs, ou les premiers rayons de la dorsale et de l'anale sont simples, plus ou moins épineux. Les ventrales manquent très- rarement, elles ont presque toujours un premier rayon épineux; elles sont variables dans leur position. Les os du bassin sont ordinairement unis à ceux de la ceinture scapulaire. Les rayons épineux sont tantôt composés de deux parties latérales sembla- bles, tantôt ils sont formés de deux côtés inégalement développés. Kner a donné le nom d'Acanthoptéryglciis homacanthcsaiw poissons à rayons épineux symétriques, et celui d' Acanthoptéryyivns hétêracanthes, à ceux dont les épi- nes présentent une disposition difï'érente. Vessie natatoire; elle manque assez souvent; quand elle existe, elle n'est pas en communication avec l'œsophage, mais elle n'est pas toujours close, ainsi qu'on l'avait supposé jusqu'à ces dernières années. Le docteur Arm. Moreau a découvert chez le Saurel, Caranx trachurus, un canal qui fait communiquer la vessie aérienne avec l'extérieur; ce conduit pneumatophore s'ouvre dans le côté droit de la chamJ)re branchiale. Le sous-ordre des Acanthoptérygiens se compose à peu près «8 ACANTHOPTÉRYGIENS. exclusivement d'espèces marines; il ne compte qu'un très-petit nombre de poissons d'eau douce, tels que le Blennie cagnette, la Perche, la Grémille, l'Apron, le Ciiabot de rivière, l'Epino- chette, rËpinoche; et encore l'Epinoche peut-elle vivre au mi- lieu des eaux plus ou moins saumàtres. Les Acanthoptérygiens sont très-nombreux ; afin d'en rendre plus facile la détermination, nous croyons devoir les répartir, d'après la position des ventrales, en trois tribus : les Jugulaires, les Thoraciquus, les Abdominaux . Parmi eux se trouvent d'assez rares espèces qui, bien qu'étant privées de nageoires ventrales, ne présentent, sous aucun autre rapport, la conformation ana- tomique de vrais Apodes, et ne peuvent être séparées du sous- ordre auquel elles appartiennent par leurs caractères essentiels. Dans cette division des Acanthoptérygiens, nous avons adopté, avec certaines restrictions, certains changements, la méthode dont Linné s'est servi pour distribuer en ordres les Poissons qui composent la quatrième classe du Syste?na naturse. (Linn., Syst. natur., edit. 12\) Mieux que personne, nous savons tout ce qu'il y a d'artificiel dans le mode de classement que nous adop- tons, mais nous ne voulons pas laisser oublier que notre but est de fournir les moyens de reconnaître aisément les différentes espèces de poissons, plutôt que de les ranger suivant leurs affini- tés naturelles. Les Acanthoptérygiens se divisent en trois tribus : / en avant des pectorales \. Jugulairks. Ventrales placées au-dessous des pectorales 2. Thoraciques. ( en arrière des pectorales 3. AiiDoiiiNAUx. G. Duméril a remplacé les noms de Jugulaires, etc., par ceux de Propodes, Hémisopodes, Opisthopodes, Quant aux faux Apodes, il est facile de voir à quelles familles ils appartien- nent au moyen des caractères suivants : la caudule manque dans le Tri- chiure (Trichiuridés), elle est arrondie chez l'Anarrhique (Blenniidés), elle est fourchue dans le Stromatée, en croissant chez l'Espadon (Scombridés). TRACHINIDÉS. 89 TRIBU DES ACANTHOPTÉRYGIENS JUGULAIRES ACANTHOPTERYGII JUGULARES. Cette tribu se compose de quatre fauiilles : isix rayons ; deux dorsales 1. Trachinidés. moins de six rayons 2. Blenmidés. Pectorales ( Préopercule avec un prolongement posté- rieur formant une espèce d'éperon 3. Callionymidés. pédiculées, placées au-dessus de l'orifice des \ branchies 4. Lophudés. Famille des Trachinidés, Trach'midœ . Corps allongé, couvert d'écaillés lisses, peu développées, formant des espèces de bandes obliques parallèles. Tête de forme variable; museau court; mâchoire supérieure moins avancée que la mandibule ; dents sur les mâchoires, le vomer, les palatins. Appareil branchial : ouïes largement fendues ; six rayons branchiostè- ges; pseudobranchies. Ligne latérale bien marquée. Nageoires deux dorsales (dans nos genres), la première épineuse et courte, la seconde plus ou moins longue, opposée à l'anale; caudale coupée carrément ou légèrement échancrée ; ventrales jugulaires, à six rayons, un épineux et cinq mous. Vessie natatoire nulle. Appendices pyloriques en nombre variable. La famille des Trachinidés se compose de deux genres : „. \ cuboïde, cuirassée en partie 1 . Uraxoscope. I comprimée, non cuirassée 2. Vive. GENRE URANOSCOPE — URANOSCOPLS, Linn. Corps plus ou moins cunéiforme ; couvert d'écaillés lisses très-petites. Anus avancé. Vertèbï-es au nombre de vingt-trois à vingt-six. 90 TRACHINIDES. Tête grosse et large, aplatie en dessus, en partie cuirassée ; museau très-court; bouche à fente verticale ; dents sur les mâchoires, le vomer, les palatins ; langue lisse. Yeux placés dans le plan supérieur de la tête, dirigés en haut. Appareil branchial fente des ouïes très-grande ; sous-opercule épi- neux; six rayons branchiostèges ; fausses branchies. Nageoires deux dorsales, la première épineuse, à rayons peu nombreux ; la seconde dorsale opposée à l'anale, à quatorze ou quinze rayons ; anale semblable à la seconde dorsale ; pectorales grandes ; ventrales très-avancées. Appendices pyloriques au nombre de onze, le plus souvent, dans notre espèce. Le genre Uranoscope ne comprend qu^une espèce : L'URANOSGOPE RAT — URANOSÇOPUS SCABER, Linn. Fig. 92. Syn. : Ka).),iwvu[j.o;, Aristote, liv. II, c. xv, p. 90-Dl. Callionymus, sive Uranoscopus, Bell, p. 217-219. Du Raspecon ou Tapecon, Rondel., liv. X, ch. xii, p. 242. Uranoscopus, Salvian., p. 196. Uranoscopus scaber, Linn., p. 434, sp. 1; Bloch, pi. 1G3; Gûntli., t. II, p. 226; CBp., Cat., 11° 500; Canestr., Fn. Ital., p. 150. L'Uranoscope RAT, Uraiioscopus scaber, Lacép., t. VII, p. 209; Riss., Ichth., p. 106, Hist. nat., p. 261. L'Uranoscope vulgaire, Uranoscopus scabor, Cuv. et Valeiic, Hist. nat. Poiss., t. III, p. 287; Guy., Règ. an. ilL, pi. 17, fig. I; Guich., Expl. Alger. Poiss., p. 37. N. vulg. : Muou, Nice; Rascasse blanche, Responsadoux, Rat, Provence, Languedoc; Biou, Cette; Rat, Roussillon ; Rose, Oreille, Basses-Pyrénées. Long. : 0,15 àO,2o, rarement plus. Le tronc est épais ; le dos est large, le ventre arrondi ; la hau- teur est comprise environ cinq fois et un tiers dans la longueur totale. A partir de l'anus le corps est comprimé, il forme une URANOSCOPE RAT. 91 espèce de cône ou plutôt de coin à faces latérales beaucoup plus développées que les autres, avec les arêtes peu prononcées; dans les grands individus, le dos est beaucoup plus large que la région inférieure, de sorte que le corps a plutôt la figure d'une pyra- mide triangulaire. La peau est couverte de petites écailles lisses,, disposées en bandes, en lignes séparées, légèrement obliques d'avant en arrière et de haut en bas. Il n'y a pas d'écaillés sous la gorge, ni sous le ventre, ni dans l'espèce de raquette ou dans l'espace limité en avant par le crâne et sur les côtés par les li- gnes latérales et la fin de la première dorsale. La tête présente une conformation tout à fait particulière ; elle est cuboïde, large, aplatie en dessus, très-grosse; elle est épi- neuse ; elle est recouverte de plaques osseuses chagrinées, ex- cepté dans l'espace interorbitairc, dans l'intervalle où se loge la branche montante de l'intermaxillaire, et sur une partie de la joue, comme nous le verrons plus loin, La longueur de la tête est un peu plus grande que la hauteur; mesurée du bout du mu- seau à la fin de l'opercule, elle est comprise trois fois et trois quarts dans la longueur totale. Le museau est court, aplati. La bouche est remarquable par la disposition qu'elle présente, la fente à l'état de repos est dirigée en haut, elle se trouve dans un plan vertical; la mandibule pour se rapprocher de la mâchoire supérieure, n'exécute pas un mouvement de bas en haut, mais plutôt d'avant en arrière. La bouche est protractile ; elle est en- tourée de lèvres formant de larges replis latéraux, qui viennent se réunir en bas à l'angle antérieur et inférieur du maxillaire su- périeur. La lèvre inférieure est retenue par un fort ligament qui s'attache en dedans de l'angle externe et supérieur de l'os den- taire. Les lèvres sont très-développées, et sont munies de petits tentacules. Les mâchoires sont nues, sans écailles; l'intermaxillaire porte une bande de dents en cardes fines, plus large en avant qu'en ar- rière. Le maxillaire supérieuresttrès-développé,ilest uniàl'iuter- maxillaire par une peau assez lâche ; il est un peu caché par le préorbitaire, mais dans sa partie verticale il est complètement fl2 TRACHINIDÉS. à nu, il est large et forme une espèce de plaque qui descend très- bas; il présente à son extrémité interne un tubercule, qui est placé sur le prolongement longitudinal de l'œil et croise l'in- termaxillaire. La mâcboire inférieure montre une rangée de dents crochues, dirigées en arrière, plus ou moins écartées les unes des autres, au nombre d'une dizaine sur chaque moitié; chez les grands individus, il y a, sur le devant de la mâchoire, une petite série de trois ou quatre dents. Le vomer est large, lisse dans sa partie médiane, il a, sur chacun des angles du chevron, un petit groupe de dents en cardes, à la suite viennent trois ou quatre dents plus fortes portées sur les palatins. La langue est lisse ; elle est assez large. Le voile ou la membrane intramandi- bulaire s'effile en un tentacule qui, chez les grands individus, fait plus du tiers de la longueur de la tête, et peut sortir, s'agi- ter au dehors ou rester dans la bouche au gré de l'animal. Ron- delet a parfaitement signalé cette singulière disposition : « Entre la langue et la mâchoire basse sort une peau, au commencement un peu large, peu à peu finissant en une rondeur charnue, pen- dant hors la bouche, de quoi il allèche les poissons pour les man- ger, et la retire quand il veut, en faisant comme un serpent de sa langue. » (Rondel., p. 243.) Le nom d'Uranoscope donné à ce poisson, indique parfaite- ment la position occupée par les organes de la vue. Les yeux regardent le ciel, ils sont tournés directement en haut, ils sont placés à fleur de tête, recouverts par la peau qui est grisâtre vers l'orbite et ne laisse de transparent, dans la partie centrale, qu'un petit espace ovale. L'iris est d'un jaune marbré. Le dia- mètre de l'œil est compris sept fois à sept fois et demie dans la longueur de la tête, il fait les trois cinquièmes de l'espace in- teroibitaire, il est plus petit que l'espace préorbitaire. L'espace interorbitaire est recouvert par la peau seulement, il est profon- dément échancré en avant pour loger le pédoncule de l'inter- maxillaire. Les sous-orbitaires sont soudés les uns aux autres, ils forment une grande plaque à surface chagrinée, à bord pos- térieur et inférieur arrondi, à bord supérieur légèrement échan- URANOSCOPE RAT. 93 cré au niveau de l'œil ; le bord antérieur de cette pièce est muni, en avant et en haut, de deux tubercules qui croisent la mâ- choire supérieure ; il est entaillé dans sa moitié inférieure pour donner place au maxillaire supérieur., Le sous-orbitaire n'est pas articulé avec le préopercule. Les ouvertures des narines sont étroites; l'orifice antérieur est placé au-dessus et en dedans du tubercule du maxillaire supé- rieur, il est sur un appendice tubuleux, qui redressé est sembla- ble à une petite corne ; l'orifice postérieur est assez difficile à voir en raison de la teinte de la peau. Chez l'Uranoscope la fente des ouïes est excessivement grande, elle s'avance en dessous jusqu'au niveau des épines pelviennes, ou plutôt jusqu'à l'extrémité de la ceinture scapulaire. Les piè- ces articulaires de l os hyoïde et la pièce inférieure de ses cor- nes, qui sont très-larges, viennent en avant combler le vide, qui se trouve entre l'extrémité de la ceinture scapulaire et la mâ- choire inférieure ; le bord inférieur de ces pièces porte une es- pèce de voile assez large qui paraît un dédoublement de la mem- brane branchiostège. Il y a six rayons branchiostèges. Les os pharyngiens sont garnis de dents en cardes assez fortes et très- pointues. L'appareil operculaire est bordé par une large mem- brane, qui, en avant, part de l'épine postérieure de l'articulaire delà mandibule, et vient se terminer en arrière et en haut sur l'angle postérieur et supérieur de l'opercule. Cette membrane porte de petites franges sur le bord postérieur ; elle peut s'appli- quer en grande partie sur la ceinture scapulaire, et ne laisse alors sortir l'eau, qui a servi à la respiration, que par une petite ou- verture placée vers le bord supérieur de l'opercule. L'opercule montre une surface externe chagrinée ou plutôt tuberculeuse; le bord postérieur est convexe, l'antérieur est légèrement con- cave. Le sous-opercule est petit, étroit, terminé en pointe verti- cale dirigée en bas. L'interopercule est mince, aplati, caché en partie sous le préoperculc. Le préopercule est très-dé veloppé, à surface externe excessivement rugueuse, creusée de sillons lar- ges et profonds ; son bord antérieur est concave; son bord posté- 94 TRACHINIDÉS. rieur est légèrement convexe avec une petite échancrure vers le bas; son bord inférieur est comme déchiqueté, il porte quatre épines dirigées en bas, ces épines sont courtes mais fortes ; à l'an- gle de réunion du bord inférieur et du bord antérieur, il y a une ou deux dents, visibles seulement chez les individus de grande taille. Entre le bord antérieur du préopercule, les mâchoires et la plaque des sous-orbitaires est un espace allongé, qui est la partie nue de la joue. En avant les lignes latérales sont écartées l'une de l'autre, elles se rapprochent au niveau de la première dorsale et limitent ainsi une surface ayant la forme d'une espèce de raquette. La première dorsale commence à peu près à l'aplomb du mi- lieu de la longueur des pectorales ; elle est courte, basse ; elle a quatre rayons très-grêles, le dernier qui est excessivement court est assez écarté des autres et paraît en quelque sorte le premier rayon de l'autre dorsale. La seconde dorsale est unie à la première par une membrane très-basse : elle compte quatorze rayons ; elle est relativement très-longue. L'anale est opposée à la seconde dorsale; elle a un premier rayon épineux très-court, et douze rayons mous qui sont plus allongés que ceux de la seconde dorsale , les derniers rayons atteignent presque la base de la caudale. La caudale est bien développée, elle fait le cinquième de la longueur totale ; elle est coupée carrément; elle est composée de dix rayons. Le surscapulaire est très-peu développé, il forme une plaque plus large que longue, à surface supérieure chagrinée ; le scapu- laire est également chagriné, c'est une pièce quadrilatérale, irrégulière à bord interne plus court, finissant par une petite épine, à bord externe terminé par une épine plus forte et un peu plus longue que l'autre. Le coracoïdien {os humerai, Cuv. ; clavicule) est développé ; il est armé à son extrémité postérieure d'une épine longue et forte, dirigée en arrière, placée à peu près au milieu de l'espace qui sépare l'épine externe du scapu- lairc de la base de la pectorale. L'isthme du gosier est soutenu par un appareil squelettique formé par la réunion des coracoï- VIVE. 95 diens et des os du bassin et muni de trois pointes dirigées en avant, une pointe médiane résultant de la jonction de l'extré- mité des coracoïdiens, une pointe latérale plus longue et plus aiguë , qui est l'extrémité inférieure et antérieure de l'os du bassin ; cette dernière pointe est plus ou moins saillante suivant la taille des animaux. L'os du bassin soutient l'extrémité du co- racoïdien comme dans une espèce de fourche. La pectorale est bien développée, elle mesure le cinquième de la longueur to- tale; elle compte dix-sept rayons. La ventrale fait à peu près le septième de la longueur totale. Br. 6. — D. 4 — 14; A 1/12; C. 10; P. 17; V. I/o. La coloration est d'un gris brunâtre sur le dos avec des ta- ches plus claires, d'un gris clair sur les côtés, blanchâtre en dessous. La première dorsale est noire, la seconde grisâtre ; Ta- nale est blanchâtre ; la caudale est gris noirâtre ; les pectorales sont grises avec une teinte violette à leur extrémité ; les ven- trales sont rosées. Habitat. Méditerranée, assez commun à Nice, Marseille; très-commun à Cette, c'est là que j'ai trouvé les plus grands individus; assez commun à Port-Vendres,où il est connu sous le nom de Rat. Océan, excessivement rare, Bayonne (U. Darracq). Les Uranoscopes sont essentiellement carnivores, ils se nourrissent de petits poissons qu'ils allèchent, dit Rondelet, au moyen de leur tentacule buccal, et encore de mollusques et d'animaux inférieurs. Leur chair est blanche, mais de mauvais goût, suivant Rondelet; toutefois, comme le fait observer Risso, la qualité de la chair dépend des endroits dans lesquels vivent ces animaux, ceux qui habitent les roches sont meilleurs, ils ne sont pas coriaces. Les Uranoscopes sont vendus sur les marchés de Nice, Toulon, Marseille, Cette avec d'autres menus poissons pour faire la bouille- abaisse. GENRE VIVE — TRACHINUS, Aited. Corps allongé, comprimé, couvert de petites écailles minces. Anus très- avancé, au dessous des pectorales. Vertèbres en nombre variable de trente cinq à quarante-deux, avec la formule de 10 ou 11 -|-. Tête comprimée laléralement ; museau court; bouche à fente très-obli- 96 TRACHINIDÉS. que; dents en velours sur les mâchoires, le vomer, les palatins, les ptérygoï- diens. Yeux placés latéralement et très-haut, vers le profil supérieur de la tête. Appareil branchial ; opercule armé d'une épine dirigée en arrière ; six rayons branchiostèges ; fausse branchie. Nageoires; première dorsale à six ou sept rayons épineux très-acérés, seconde dorsale et anale très-longues, à plus de vingt rayons ; pointe du rayon épineux de la ventrale, de l'anale plus ou moins recouverte par la peau. Vessie natatoire nulle. Appendices pyloriques au nombre de six généralement. Le genre Vive se compose de quatre espèces : nulle ; 2° dorsale à 24 rayons 1. Petite Vive. nulles ; 2« dor- sale, 30 2. V. COMMUNE. bien marquées ; 2* dorsale, 25 , ou 26 3. V. A TÉTERAYONNEE. 7 rayons ; 2^ dorsale, 28... i. V. araignée. LA PETITE VIVE — TRACHINUS VIPERA, Cuv. Syn. : D'une petite espèce de Vive ou Araignée de meb, Araneola, qu'on nomme Bodereau ou Bois de Roc, Duham., Pêch., p. 2, sect. 6, p. 135, pi. 1, fig. 2. La Petite Vive, Trachinus vipera, Cuv. et Valenc, t. III, p. 25i ; Règ. an. ill., pi. 15, fig. 1, Trachinus vipera, Gunth., t. II, p. 236; CBp., Cat., n" 504 ; Canestr., Fn. Ital., p. 99. The Lesser Weever, Yarr., t. II, p. 7. Viper Weever, Couch, t. II, p. 48, N. vulg. : Toquet, Abbeville, Boudereux, Carentan; Petite Vive, côtes de l'Ouest; Lapouriche, Lapouricha des Basques, Basses-Pyrénées. Long, : 0,10 à 0,12, quelquefois 0,14, C^est Duhamel qui le premier a parfaitement distingué la pe- tite Vive de la Vive commune ; il a donné de chacune de ces espèces une figure exacte, qui les fait immédiatement recon- naître. La petite Vive a le corps relativement assez court; la longueur Épine sur j 6 rayons le bord plus l Taches an- { ou moins \ ocellées térieur développée ; / sur du l""" dorsale ] le corps sourcil à PETITE VIVE. 97 totale fait quatre fois et demie à quatre fois et deux tiers la hau- teur du tronc. Le dos est légèrement convexe et le profil du ventre est plus arqué, plus convexe que dans la Vive commune. Les écailles forment des bandes obliques moins marquées que dans les autres espèces. La tète est plus large, moins comprimée, moins raboteuse que dans les autres espèces, sa longueur fait le quart de la longueur totale. La fente de la bouche est plus verticale que dans la Vive commune ; la mâchoire supérieure est échancrée en avant pour recevoir la proéminence de la mandibule, sa longueur fait près de la moitié de la longueur de la tête. L'iris est jaunâtre, marqué de noir dans sa région supérieure. Le diamètre de l'œil fait le cinquième de la longueur de la tête, il est un peu plus grand que l'espace préorbitaire, il mesure le double de l'espace interorbitaire. Il n'y a pas d'épine sur le bord antérieur du sourcil, ni à l'angle antérieur et inférieur du sous- orbitaire. Les joues sont nues, du moins je ne les ai jamais vues couvertes d'écaillés. L'opercule et le sous-opercule oui de très-petites écailles, je n'en trouve pas sur l'interopercule ni sur le préopercule. L'épine de l'opercule, dirigée horizontalement en arrière, est très-pointue et relativement développée. Le bord inférieur du préopercule est armé de deuv épines; la plus longue qui est à l'angle postérieur, est dirigée en bas etlégèrement en arrière, elle est séparée par une échancrure de l'autre épine, qui a la pointe dirigée en bas et un peu en avant. La ligne latérale est rapprochée du dos ; seulement vers l'a- plomb de la fin de l'anale, elle s'infléchit brusquement en bas et gagne le milieu du tronçon de la queue. La première dorsale a six épines, parfois sept, et chez les mâ- les seulement, d'après Canestrini ; elle porte sur les trois pre- miers espaces intraradiaires une tache d'un noir très-foncé , et souvent une autre tache dans le quatrième espace intraradiaire ; son dernier rayon qui est très-court, est uni à la seconde dorsale par une petite membrane. La seconde dorsale finit avant l'anale, II. 7 '4^!^. 98 TRACHINIDÉS. elle a vingt-quatre rayons; elle est d'un gris pâle ou plutôt d'un blanc terne avec des points jaunâtres ou de très-petites taches grises sur les rayons. L'anale fait la moitié et plus de la lon- gueur totale; elle a vingt-cinq rayons; elle est blanchâtre ou d'un blanc jaunâtre. La caudale est jaune pâle avec des points gris sur les rayons dans les deux premiers tiers de sa longueur, elle est noire sur le tiers postérieur ; elle fait le sixième de la longueur totale. Les pectorales mesurent le cinquième au moins delà longueur totale; elles sont d'un jaune pâle. Le surscapu- laire a seulement, à partir du niveau de l'angle de la fente bran- chiale, de très-fines dentelures sur le bord libre ; le scapulaire en a de semblables à la suite, il se termine postérieurement en une lame triangulaire excessivement mince. Les ventrales sont courtes, blanchâtres. Br. 6. — D. C ou 7 — 24; A. 1/24. La coloration est d'un gris jaunâtre sur le dos avec un léger pointillé brun sur les bandes d'écaillés ; au-dessous de la ligne latérale, il y a une espèce de bande interrompue, formée égale- ment de petits poiats brunâtres; sur les côtés la teinte est d'un gris argenté passant au jaune pâle vers le ventre. La gorge et le dessous du ventre sont d'un blanc d'argent ; les joues sont ar- gentées avec un léger pointillé brun ; le dessus de la tète est marqué de petites taches formées par un pointillé noirâtre. Habitat. La petite Vive se trouve sur toutes uos eûtes ; elle est commune dans la Manche, clans l'Océan; elle est même très-commune dans le golfe (le (iascogne, bassin d'Arcachon, embouchure de l'Adour. Méditerranée, commune à Cette; assez commune à Nice. Proportions : long, totale 0,120; tronc, haut. 0,020, épaiss. 0,012. Tôte, long. 0,031 , haut. 0,027. — Mcàchoire sup., long. 0,01 1. — Œil, diam. 0,006, espace préorbit. 0,005, esp. interorbit. 0,003. LA VIVE COMMUNE — TRAC HI NUS DRACO, Linn. Syn. : Draco marinus, Bell., p. 21."). Do TAraigne de mer, ou de la Vive, Rondel., liv. X, c. x, p. 3.38. De la Vive, Duham., Pèdi., part. ■.', scct. G, p. 134, vl. l, fig. 1. VIVE COMMUNE. 99 TuACHixus DBACO, Liiin., p. '135, sp. 1 ; Giintli., t. Il, p. 233 ; CBp., Cat., n" 501 ; Cancstr., Fn. Ital., p. 98 ; Riss., fchth., p. 108 ; Hist. 7iat., p. 2G0. La Trachine vivp, Trachinus vividus, Lacép., t. VII, p. 21G. La Vive commune, Trachinus draco, Cuv. et Valenc, t. III, p. 238. TiiE Great Weever, Yarr., t. II, p. l. GiiEATER AVeever, Coucli, t. II, p. 43. N. vulg : grande Vive, Vive, Avive, Normandie; Liètre, Aunis; Chaque- dit, Biarritz ; Iragna, Cette ; Aragna, Nice. Long. : 0,20 à 0,30 et plus. Le corps est comprimé et allongé, sa hauteur est comprise six fois à six fois et demie dans la longueur totale. Le profil supé- rieur est presque droit, le profil inférieur est légèrement con- vexe. Les vertèbres sont au nombre de 40 à 42, 10 ou 11 +... L'a- nus est placé sous la fin de la première dorsale. La longueur de la tête est contenue quatre fois et demie à qua- tre fois trois quarts dans la longueur totale. Le museau est court, la bouche oblique. Les mâchoires ne sont pas écailleuses, elles sont garnies de dents en velours, ainsi que le chevron du vomer, les palatins, les ptérygoïdiens et les pharyngiens. La mâchoire supérieure se porte, en arrière, jusqu'à l'aplomb du bord posté- rieur de l'orbite. L'iris est jaune doré. Le diamètre de l'œil est compris cinq fois et un quart à cinq fois et demie dans la longueur de la tète ; il est d'un tiers environ plus grand que l'espace préorbitaire, il fait le double de l'espace interorbitaire, qui est légèrement con- cave. L'angle antérieur et inférieur du sous-orbitaire s'allonge en une épine qui gagne le niveau de la mâchoire supérieure; sur le bord antérieur et supérieur de l'orbite se montre une épine triangulaire, qui est séparée, par un espace étroit, d'une autre épine plus courte, placée en dedans et plus en arrière. Les joues sont couvertes d'écaillés. Dans une petite fossette, placée entre l'épine antérieure du sourcil et l'épine de l'angle antérieur du sous-orbitaire, se trou- vent les orifices des narines qui sont très-étroits; l'orifice pos- térieur esttrès-rapproché du bord de l'orbite. La fente des branchies est très-grande, elle s'avance au moins 100 TRACHIMDÉS. jusque sous le diamètre vertical de l'œil. Les intcropcrculcs sont nus ; ils sont très-rapprocliés l'un de l'autre on dessous et même ils se croisent un peu en avant. L'opercule et le sous-opercule sont écailleux ; les écailles du sous-opercule sont petites, elles sont plus ou moins caduques, ce qui a fait supposer à plusieurs auteurs qu'elles manquent dans cette région. L'opercule se ter- mine en arrière par une longue épine, qui se porte jusqu'au dessus de la base de la pectorale. L'angle postérieur et inférieur du préopercule forme une espèce d'épine et son bord inférieur présente deux échancrures qui sont séparées par une saillie, une sorte d'épine très-courte à base très-large. La ligne latérale est bien marquée, elle est rapprochée du dos, elle se compose de quatre-vingts écailles environ. Ecailles: ligne longit. 80; ligne transv. 50. La première dorsale commence au-dessus de l'épine du sca- pulaire; elle a six épines dont les trois premières très-dévelop- pées, la seconde et la troisième sont les plus longues ; la cin- quième et la sixième épine surtout sont très-petites. La seconde dorsale n'est pas complètement séparée de la première ; une pe- tite membrane très-basse unit le dernier rayon de la première dorsale au premier rayon de la seconde ; la seconde dorsale finit un peu avant l'anale, assez près de la base de la caudale, elle compte une trentaine de rayons. L'anale n'a pas une seule épine, comme on l'écrit, elle en a deux qui sont. enveloppées par la peau jusqu'au delà de leur pointe, elle a une trentaine de rayons mous. Le surscapulaire est rugueux, à bord supérieur den- telé ; le scapulaire porte en arrière une épine courte, mais large et plate, abord supérieur légèrement dentelé continuant le bord du surscapulaire. Les pectorales, assez longues, ont une quin- zaine de rayons. Br. G. — D. G — 30; A, 2/30; C. do; P. 15; V. 1/5. La première dorsale est marquée d'un grande tache noire qui s'étend sur les deux premiers espaces intraradiaires et sur les deux tiers du troisième espace; elle est blanchâtre dans le reste de son VIVE A TETE RAYONNÉE. 101 étendue. La seconde dorsale et l'anale sont d'un gris très-pàle, elles portent une large bande longitudinale de teinte jaunâtre ; la caudale est d'un ton grisâtre avec des taches jaunâtres sur la membrane et nne bordure postérieure d'un gris noirâtre. Les pectorales et les ventrales sont d'un blanc rosé. Sur le corps le système décoloration est gris roussâtre ou plu- tôt jaunâtre à reflets bleus, avec des bandes ou des taches brunâ- tres, dirigées obliquement de haut en bas et d'avant en arrière, suivant les lignes d'écaillés; parfois ces bandes sont plus ou moins confondues et donnent à la partie supérieure du corps une teinte d'un brun plus ou moins foncé que des traits bleuâtres rendent moins uniforme. La partie inférieure du corps est rayée de jaune sur les lignes d'écaillés. La tète est d'un gris foncé ou roussâtre avec des points bruns et des lignes bleuâtres; les opercules et les pièces scapulaires sont aussi marqués de traits bleuâtres. Habitat. Celle Vive est très-commune sur toutes nos côtes ; elle est ap- portée en abondance des ports de l'Ouest sur le marché de Paris. Proportions : long, totale, 0,302 ; tronc, haut. 0,0i7, épais. 0,023. Tète, long. 0,004, haut. 0,042. — Mâchoire sup., long. 0,027. — Œil, diam. 0,012, esp. prèorbit. 0,009, esp. interorbit. 0,006. LA VIVE A TÊTE RAYONiNÉE — TliACHINUS RADIATUS, Cuv. Syn. : Trachinus draco, Brunnicli, Icldhjiologin Mmsiliensis, p. 20. TuAcniNus LiNEATus, Tracliiiie ocellée, Dehirocho, Aiin. Muséum, t. XIII, p. 331 et 3:]2. La Vive a tète rayonnée, Trachinus radiatus, Cuv. et Valeiic, t. III, p. i.'50, pi. Gl. Trachixus radiatus, CBp., Ca'., u" 5'X5 ; Giiutli., t. II, p. 230 ; Cancstr., F}i. liai., p. 99. 102 TRACHINIDÉS. N. vulg. . Iragna, Cette. Long. : 0,30 ù 0,40. Cette espèce a le corps plus haut, plus épais, le dos plus con- vexe que la Vive commune. La longueur fait à peu près qua- tre fois et trois quarts la hauteur, qui est d'un tiers jtlus grande que l'épaisseur. Les écailles sont moins petites que dans la Vive commune, elles dessinent des bandes plus larges. La tête est massive, épaisse, longue et large ; sa longueur qui est d'un tiers plus grande que sa hauteur, est comprise trois fois et demie dans la longueur totale. La nuque est couverte de pièces osseuses marquées de stries profondes, qui sont disposées suivant trois directions différentes : 1" du bord postérieur et supérieur du sourcil partent des stries formant éventail, les unes se portent en dedans et s'unissent à celles du côté opposé, les autres vont en arrière; 2° sur le milieu de la nuque se trouvent des stries divergentes, en éventail à courbure antérieure, elles se dirigent en avant et se confondent avec celles du sourcil ; 3" en dehors il M j a deux petits centres de stries, la plaque antérieure réunit en avant ses stries à celles du milieu delà nuque, à celles du sour- cil, et en arrière à celles de l'autre petite plaque se rapprochant du surscapulaire qui est également strié. La bouche est oblique, grande, elle s'ouvre au delà du diamè- tre vertical de l'œil, elle est munie de dents en velours. Le maxil- laire supérieur est large à son extrémité postérieure; il se porte en arrière plus loin que l'aplomb du bord postérieur de l'orbite. L'espace jugulaire ou intermandibulaire est bien dessiné, il est large, sa largeur fait un peu moins du tiers de sa longueur; l'os articulaire n'est pas rapproché de celui du côté opposé, comme dans la Vive commune, il en est au contraire assez éloigné, il est bordé d'une large membrane noirâtre couvrant l'espace, qui le sépare de son congénère. Les yeux sont ovales. L'iris est d'un rouge cuivré. Le diamè- tre de l'œil est compris cinq fois et un fiers dans la longueur de la tête, il est à peine plus petit que l'espace préorbifaire, il est deux fois et quart plus grand que l'espace interorbitaire qui est VIVE A TÊTE RAYONNÉE. 103 concave, lisse, couvert de quelques petites écailles. Le bord su- périeur et postérieur du sourcil est denticulé. Le bord postérieur et inférieur de l'orbite forme une demi-ceinture composée de sept ou huit osselets marqués de stries profondes. A la réunion du bord antérieur au bord supérieur de l'orbite il y a deux épi- nes bien développées; l'épine postérieure et interne est dirigée en arrière et en dehors ; le préorbitaire, qui descend sur la mâ- choire supérieure, se termine par une épine plus forte que dans la Vive commune, légèrement recourbée, dirigée en avant et en dehors. La joue est entièrement couverte d'écaillés. Quant à la fente des ouïes, elle est très-grande, elle s'avance en-dessous jusque vers l'aplomb du bord antérieur de l'orbite. L'opercule et le sous-opercule, peu distincts l'un de l'autre, sont enveloppés d'une peau plus ou moins écailleuse ; l'opercule est armé d'une longue épine, très-aiguë, striée sur la face externe. La peau qui recouvre l'interopercule est nue. Le préoperculé est très-développé, son bord postérieur est presque droit ou plu- tôt légèrement oblique de haut en bas et d'avant en arrière; son angle est faiblement arrondi et son bord inférieur un peu con- vexe; son limbe qui est large, paraît légèrement strié et granuleux avec quelques porcs arrondis plus visibles sur le haut de la par- tie verticale. La membrane qui garnit le bord libre de l'appareil' operculairc n'est pas régulière, comme dans la Vive commune, elle présente, au niveau de la base de la pectorale, une échan- crure assez profonde , en sorte que son contour est double- ment arqué. La muqueuse qui tapisse la paroi externe de la chambre branchiale, est d'un gris bleuâtre. La première dorsale a six épines, la seconde a vingt-cinq ou vingt-six rayons; l'anale compte un aiguillon et vingt-six rayons mous. La caudale a la base trcs-écailleuse ; elle est échancrée ; elle est longue, sa longueur étant comprise cinq fois et demie dans la longueur totale; elle a quatorze grands rayons, et deux plus courts en haut et en bas ; les rayons portent de petites écailles dans une grande partie de leur longueur. Les pectorales font le sixième de la longueur totale ; elles iO't TRACHINIDÉS. comptent seize rayons, le premier est simple, le dernier très- court; les rayons les plus allongés sont le huitième, le neuvième et le dixième. Les pectorales ont à la partie supérieure de l'ais- selle une membrane développée, qui retient leur base au côté du corps; cette membrane ou ce repli, comme le font observer Cuvier et Valenciennes, a plus de développement que dans la Vive commune et que dans la Vive araignée. Le surscapulaire est couvert de stries qui forment de petites dentelures sur le bord supérieur ; le bord du scapulaire est rugueux. Les ventrales sont courtes, elles ne font que le neuvième de la longueur totale ; l'épine est courte, le troisième rayon mou est le plus allongé. D. G — 23 ou 26; A. 1/26; G. 2/14/2; P. 16; V. 1/5. La première dorsale est noirâtre dans la plus grande partie de son étendue, elle est en arrière d'un blanc grisâtre ; la seconde dorsale a la pointe des rayons noirâtre, elle est d'un gris jaunâ- tre pâle avec des taches brunes plus foncées sur les rayons ; l'a- nale est jaunâtre ; la caudale est grisâtre avec l'extrémité noi- râtre; les pectorales et les ventrales sont d'un jaune clair. Un système de coloration particulier fait assez facilement re- connaître la Vive à tête rayonnée. Le dos et les parties latérales supérieures sont jaunâtres et marqués de taches noires, qui se groupent et forment des anneaux plus ou moins réguliers, plus ou moins distincts. Les anneaux les plus visibles, les plus con- stants se trouvent placés sur la ligne latérale, ils sont au nombre de sept ou huit, même de neuf; entre eux il y a d'autres taches noires sur une ou deux écailles. Le long du dos il y a douze à quinze anneaux plus ou moins confus, quelquefois rapprochés par des taches intermédiaires ; au-dessous de la ligne latérale se montrent encore cinq ou six anneaux, qui peuvent aussi être réunis par des taches interposées. Entre la pointe de l'opercule et la base de la pectorale commence presque toujours une série de taches noires, qui se continue jusque vers la caudale. Les flancs sont jaunâtres, sans taches; le ventre est d'un jaune très- pâle. La tête est en dessus et sur lo haut des cotés d'un brun VIVE ARAIGNÉE. 105 roussâtrc avecdes points noirs très-foncés ; les pièces operculaires, les joues ne sont pas marquées de points noirs. Les parties laté- rales et intérieures de la tète sont d'un violet très-foncé, presque noirâtre. Le museau est d'un brun rougeâtre. 11 n'y a pas sur les joues, sur les tempes de lignes bleues comme celles qui se voient dans la Vive commune. Habitat. Méditerranée, rare, Nice, Cette. Proportions : long, totale 0,30; tronc, haut. 0,062, épais. 0,Oil. Tète, long. 0,080, haut. 0,058. — Mâchoire sup., long. 0,039. — OEil, diani. 0,010, esp. préorbit. 0,017, esp. interorbit. 0,006. LA VIVE ARAIGNÉE — TRACHINUS ABANFUS, Cuv. Fig. 04. Syn. : Draco major, Salvian., p. 71, fig. 11 ; Willugh., pi. S. 10, fig. 2. ? TuACHiNE ARAiGx\ÉE, Trachùius lineatus, Riss., Ichtli., p. 109; Hist. nat., p. 200. La Grande Vive à taches noires de la Méditerranée, ou Vive araignée, Cuv. et Valenc, t. III, p. 248. Trachinus araneus, CBp., Cat., n" 502 ; Giinth., t. II, p. 235; Cancstr., Fn, ItaL, p. 98 ; Agass , Poiss. foss., t. IV, p. 195, pi. E, squel. Risso a mêlé dans sa description les caractères de deux espèces différentes, la Vive Araignée et la Vive à tète rayonnée. Long. : 0,30 à 0,40. La hauteur du corps, qui est d'un tiers plus grande que l'é- paisseur, est comprise quatre fois et deux tiers à cinq fois etdemie dans la longueur totale. Chez cette Vive la tête est plus large que dans la Vive com- mune; elle est forte; sa longueur est contenue quatre fois et demie à quatre fois et trois quarts dans la longueur totale. Le 106 TRACHINIDÉS. museau est gros ; la bouche est pourvue de dents en velours, elle est fendue à peu près jusqu'à l'aplomb du diamètre vertical de l'œil ; la mâchoire supérieure se porte en arrière à peu près au- dessous du bord postérieur de l'orbite. L'iris est jaunâtre. Le diamètre de l'œil fait environ le sixième de la longueur de la tête, il est à peine plus grand que l'espace préorbitaire, qui est égal à l'espace interorbitaire; l'espace in- terorbitaire est convexe. Les sous-orbitaires ont des stries pres- que perpendiculaires au bord de l'orbite ; le préorbitaire a les épines très-peu saillantes ; l'épine du sourcil est un peu plus dé- veloppée. La première dorsale est plus longue que haute, elle a sept ai- guillons; la deuxième et la troisième épine sont les plus dévelop- pées ; la nageoire est en grande partie noirâtre, elle est d'un giis blanchâtre en arrière. La seconde dorsale a vingt-huit rayons, elle est grisâtre avec des points bruns. L'anale a deux épines et vingt-huit ou vingt-neuf rayons mous, elle est grise, marquée d'une bande longitudinale plus foncée. La caudale est assez échancrée ; elle est grisâtre avec des taches brunes dans ses deux premiers tiers, noirâtre dans le reste de son étendue; sa longueur est comprise cinq fois et demie à six fois dans la longueur totale. Les pectorales font le sixième de la longueur totale, elles sont grisâtres ainsi que les ventrales. D. 7— 28; A. 2/28 ou 29 ; C. 2/lo/2; P. 15 à 17; V. \l'6. La coloration est d'un gris roussâtre vers le dos avec de très- nombreuses taches noirâtres, d'un gris jaunâtre sous le v€ntre. La tète, le dos et les flancs sont marqués de points ou de petites taches arrondies noirâtres. Au-dessous delà ligne latérale se voit une série longitudinale de grandes taches formées d'un pointillé noirâtre ; ces taches sont le plus souvent au nombre de six ou sept, quelquefois il y en a davantage, j'en compte dix sur une Vive de 0,38 de longueur. Habitat. Méditerranée, assez i^are, Nice, Celle. Proportions: long, lolale 0,38U; tronc, haut. 0,082, épaiss. 0,0do. VIVE ARAIGNÉE. iOl Tète, long. 0,08i, haut. 0,072. — Mâchoire siip., long. 0,038. — Œil, diam. 0,014, csp. préorbit. 0,013, esp. interorbit. 0,013. Les blessures faites par les aiguillons des Vives déterminent parfois des accidents très-graves. Aussi a t-on pensé et pense-t-on encore aujourd'hui que les épines de ces animaux portent un poison dans la plaie : Duas in tergo fcrt (Braco) piimas: anterior cupiti vicina, quinis aculeis memhranardgra connexis horret, quibus venenatum vulniis infligerc dicituv (Willugh., p. 288). — Si è negata pcr lungo tempo la ptrsenza di organi veîenifcri in quvsta classe {Pisces) ; ma reccntohenle fu dhnostrato, che le spine scanalute dorsale ed operco- lari nel génère Trachlnus sono organi veleniferi (Byerley, 1849. — V. Canes- trini, Anut. comp., t. I, p. 307). J"ai connu un peintre d'histoire naturelle qui, en péchant (1874) à Veules (S.-I.), fut blessé au pouce par l'épine operculaire d'une petite Vive. Une douleur atroce se fit sentir à l'instant ; la main et l'avant-bras furent le siège d'un gonflement considérable qui dura vingt-quatre heures environ. La rapidité avec laquelle se développent les accidents causés par la piqûre des épines des Vives, a évidemment quelque chose de particulier. A une certaine époque la crainte que causait le danger de ces blessures était si grande que l'autorité crut devoir prendre une mesure de précaution ; il parut des règle- ments de police obligeant les pécheurs à couper les épines des Vives avant de les mettre en vente. Ces règlements sont à peu près tombés en désuétude sur nos côtes de l'Ouest; mais ils restent en vigueur sur les bords de la Méditerranée. A Cette, par exemple, les Vives de grande taille ne sont jamais apportées sur le marché que complètement mutilées. Aussi n'ai-je pu avoir de ces parages la Vive araignée que gr;\ce à l'extrême obligeance d'une personne qui a bien voulu, pour me procurer cette belle espèce, accom- pagner les pêcheurs au boulieche sur la plage, qui s'étend de la Peyrade à Frontignan. Les Vives s'enfoncent dans le sable, s'y cachent en partie, spécialement la petite Vive qui se tient près du rivage, et qui, sur nos plages de l'Ouest, est si redoutée des pécheurs de crevettes. Elles se nourrissent de substances animales. La chair des grandes espèces est très-estimée, au moins en France; il n'en est pas de même partout; ainsi, d'après Nordmann : « à la mer Noire, ce ne sont que les pauvres gens qui mangent » la Vive commune. Les Tatars de la Crimée, ajoute le même auteur, l'appellent Tracon. Rondelet a le premier, pour désigner la Vive conuïume, employé le terme de Trachinus, dérivé de Tragina ou Tracidna, nom vulgaire de ce poisson à Rome. Plus tard Artédi a fait du mot Trachinus un nom de genre. Cuvier et Valcnciennes rangent les Vives et les Uranoscopes dans leurs Ptrcoïdes à ventrales jugulaires. Quant à Canestrini, il place la famille des Trachininiens dans l'ordre des Acunlhoptères, et celle des Uranoscùpinims dans l'ordre des Ihqduiitères. 108 BLENNIIDÉS. Famille des Blenniidés, Blenniidse. Corps allongé, plus ou moins comprimé; peau enduite de mucus, com- plètement nue ou couverte d'écaillés généralement peu développées. Tête à profil souvent arrondi, comprimée latéralement, surtout dans sa région supérieure ; mâchoires dentées. Appareil branchial : fente des ouïes ordinairement très-large ; les deux membranes branchiostèges s'unissent fréquemment l'une à l'autre sous l'isthme du gosier et ne paraissent entourer qu'une vaste poche; rayons branchiostèges au nombre de six, rarement de cinq ou de sept. Fausses branchies. Nageoires ; dorsale unique le plus souvent, parfois divisée en deux ou trois parties, très-longue, s'étendant à peu près sur toute la longueur du dos, à rayons antérieurs simples, plus ou moins épineux, excepté dans le Zoarcès ; anale longue; ventrales peu développées, manquant chez l'Anarrhique, elles sont jugulaires, parfois cependant elles semblent presque thoraciques. Vessie natatoire nulle. — Appendices pyloriques manquant. Reproduction : l'ovoviviparité a été constatée dans le Zoarcès et dans certains Clinus. Ventrales / / plusieurs / unique ,. ^. , I rayons. | double, distmcte, 8 „ •" existantes. Caudale 1. Blennie. 2. Clinus. , ^ , Dorsale l ti'iple 3. Tripïérygion. Ventrales] à à un seul rayon appa- rent, très-réduit, épi- neux 4. GofNELLE. ! non distincte de la dorsale et de \ l'anale 5. Zoarcès. nulles. Caudale distincte 0. Anarrhique. GENRE BLENNIE — BLElYNIUS, Arted. Corps allongé : peau nue, visqueuse. Vertèbres ordinairement au nombre de 32 à 40. Tête comprimée dans sa partie supérieure; museau court; bouche petite ;-màchoires en demi-cercle ; dents sur une seule rangée qui se termine souvent aux deux mâchoires, ou à la mâchoire inférieure seulement, par une canine en crochet tourné en arrière; cette canine est toujours un peu séparée de la dent qui la précède; quelquefois il y a deux canines. BLENNIIDES. d09 Yeux latéraux. Appareil branchial; ouïes largement fondues ; six rayons branchios- tèges. Pseudobranchies. Nageoires; dorsale très-longue, très-avancée, avant onze à quatorze rayons épineux, et des rayons articulés en nombre plus ou moins grand, selon les espèces ; son dernier rayon mou est généralement pourvu d'une membrane, qui s'insère sur le tronçon de la queue et se prolonge parfois sur la caudale elle-même. Il ne faut pas voir dans ce mode de terminaison de la nageoire un caractère spécifique d'une grande importance; ainsi, chez le Blcnnie tentaculaire la membrane postérieure delà dorsale finit en général avant la base de la caudale, mais dans quelques cas elle est plus développée et se prolonge sur les l'ayons supérieurs de l'uroptère. Anale longue. Caudale plus ou moins arrondie. Ventrales peu développées, à deux ou trois rayons. Sexe. Il est souvent facile de distinguer les mâles des femelles; les mâles ont généralement en arrière de l'anus, près de l'anale, un appendice en forme de papille conique plus ou moins développée. Appendices : sur la tète se montrent toujours, excepté chez la femelle du Blennie basilic, divers appendices de forme très-variable; les uns sont pairs, simples de chaque côté, et placés soit sur les sourcils, ce qui est le cas le plus ordinaire, soit vers les narines seulement, ou bien ils sont dou- bles et s'élèvent sur les sourcils et vers les narines, ces appendices devraient porter le nom de tentacules; les autres sont impairs, ils sont fixés sur le milieu du front et de la nuque, ils consistent tantôt en filaments ténus, comme dans le Blennie chevelu, ils existent dans les mâles et dans les fe- melles, tantôt ils se montrent comme une espèce de crête érectile, plus ou moins développée qui se remarque surtout chez les mâles adultes, comme dans les Blennies basilic, paon, etc. Les tentacules sont des organes du tou- cher; ceux qui sont insérés sur les sourcils, ou qui sont en rapport avec les narines, reçoivent des rameaux du nerf ophthalmique. Le D"" Jobert a bien démontré le fait dans la Gattorugine. L'étude des Blennies est difficile. Pour arriver à distinguer ces poissons les uns des autres, il faut examiner avec soin : le développement et le nombre des dents ; la forme et la longueur des appendices qui se trouvent sur la tête ; la disposition de la dorsale; la distance proportionnelle qui sépare le bord postérieur de l'orbite de l'extrémité du museau et de l'origine de la dorsale. Le genre Blennie se compose d'espèces assez nombi'euses dont nous allons exposer les principaux caractères différentiels dans un tableau synoptique. Tableau no BLENNIIDÉS. r. 3 z 5 X I-' iJ ca CQ ca C3 cq ca ca ca Cl o — s>! co ipanos 81 jns 8|noc]uox BLENNIE PAON. m LE BLENNIE PAON — BLENNIUS PA VO, lliss. Fi-. 95. Syn. : De la Coocillade, Galcrita, Rondel., liv. VI, c. xxi, p. 171. Du Peiicepieure (c'est la femelle), Rondel., liv. VI, c. xxii, p. i:2. Le Blexnie coquillade, Blennius galcrita, Lacép., t. VII, p. 328; Riss., Ichth., p. 132, Hist. nat., p. 235. Blennie PAON, Blennius pavo, Riss., /c//^/«., p. 133, Hist. nat,, p. 235; Cuv. et Valenc, t. XI, p. 238, pi. 323. Blennius PAVo, Gilntli., t. III, p. 221 ; Canestr., ArcJiiv. zoolog. anatom., 18C2, t. II, p. 97, pi. 4, fig. 4, Fn. ItaL, p. 182. ICHTHYOCORIS PAVO, CBp., Cut., n" G25. N. vulg. : Bigoùla ou Bigoûna, Cette; Bavecca, Nice. Long. : 0,0!) à 0,H. Certains caractères, que nous allons indiquer, distinguent les mâles adultes des femelles et des jeunes mâles; ils les ont t'ait parfois considérer comme étant des espèces différentes. Le corps est comprimé surtout après l'anus ; sa hauteur est comprise quatre fois et demie à cinq fois et demie dans la lon- gueur totale. La tête est aussi haute que longue, elle fait à peu près le cin- quième de la longueur totale. Chez les mâles adultes, elle est surmontée d'une crête charnue, érectile, qui va de l'espace in- terorhitaire à la nuque, finit brusquement avant la dorsale, et, suivant les circonstances, présente une coloration plus ou moins brillante ; chez les jeunes mâles, chez les femelles cette crête est nulle ou à peine sensible. Le museau est court. Les dents sont au nombre de vingt-deux à trente â la mâchoire supérieure, de seize â vingt-deux à la mandibule ; la dernière dent est une il'2 , BLENNIIDÉS. canine, à la mâchoire inférieure elle est très-crochue, grande, beaucoup plus forte que celle de l'autre mâchoire. La longueur de la mâchoire supérieure est plus grande que l'espace préorbi- taire, elle fait le tiers environ de la longueur de la tête. Chez ce Blennie les yeux sont arrondis ; ils brillent d'un vif éclat. L'iris est doré. Le diamètre de l'œil est compris cinq fois dans la longueur de la tête, il est d'un tiers moins grand que l'espace préorbitaire, d'un tiers plus grand que l'espace intcror- bitaire. Le sourcil porte un tentacule très-petit, ne faisant pas même la moitié de la longueur du diamètre de l'œil. Le bord postérieur de l'orbite est un peu plus rapproché du bout du mu- seau que du commencement de la dorsale. La ligne latérale est peu marquée, elle est courte, elle finit avant les pectorales ; elle est constituée par une douzaine de pores. La dorsale est régulière^ d'un tiers moins haute que le corps; elle commence au-dessus de l'opercule; elle est séparée de la crête de la nuque par un intervalle très-court ; elle se prolonge jusque vers la caudale à laquelle elle est unie par la membrane, qui attache son dernier rayon sur le tronçon de la queue ; elle se compose de douze rayons épineux et de vingt et un ou vingt- deux rayons mous. L'anale est moins haute que la dorsale, elle a ordinairement vingt-quatre rayons. Ces deux nageoires sont d'une teinte verdâtre avec une bordure d'un brun violacé ; chez quelques mâles, l'anale est bordée de bleu. La caudale est arrondie ; elle est d'un vert plus ou moins foncé avec le con- tour rougeâtre chez les mâles. Les pectorales sont grandes^ oblongues, d'un vert jaunâtre. Les ventrales, de moyenne gran- deur, ne font guère que le dixième de la longueur totale ; leur rayon interne est divisé ; elles sont d'une teinte jaunâtre. Br. 0. — D. 12/21 ou 22 ; A. 24 ou 25; C. 13 ; P. 14; V. 1/3. Ces poissons, les mâles surtout, sont parés des couleurs les plus brillantes. Le plus généralement, la teinte de la région su- périeure du corps est un jaune verdâtre traversé par six ou sept BLENNIE PAON. M3 larges bandes verticales d'un bleu très-foncé, qui descendent de la base de la dorsale jusque sur le milieu des flancs ; souvent des lignes d'un bleu lilas bordent ces bandes verticales, et même les partagent en deux suivant le sens de la longueur. La partie inférieure des flancs est d'un jaune verdàtre plus clair avec des lignes ou des points d'un blanc lilas légèrement bleuâtre ; ces points se montrent aussi sur le dos dans les femelles et dans les jeunes, plus rarement chez les mâles adultes. La tête présente un système de coloration très-remarquable ; sur la tempe se montre un grand ocelle ovale, noirâtre, cerclé de blanc-lilas chez les femelles, de bleu chez les mâles; de la crête partent deux bandes assez larges d'un vert noirâtre, la bande postérieure descend verticalement, elle passe plus ou moins sur l'ocelle et se termine sur le bord de la membrane branchiostège; la bande antérieure est toujours unie, sur la crête, à celle du côté opposé et forme avec elle une espèce de V ouvert en avant et en bas, elle descend vers l'œil, au niveau duquel elle est interrompue, puis reprenant à partir du bord inférieur de l'orbite, elle va rejoindre, sous la gorge, la bande du côté opposé ; en arrière de cette bande, il y en a, sous la gorge, souvent une autre qui va parfois se confondre avec la bande postérieure ; en avant de l'œil, de chaque côté du museau, se voit encore une bande qui descend de la région préorbitaire, passe sur les mâchoires et se réunit en dessous à celle du côté opposé, avec laquelle elle forme une espèce de mentonnière. Chez les mâles adultes, la crête est d'un jaune plus ou moins brillant dans l'intervalie des bandes. A la base ou plutôt un peu en avant de la base de la pectorale se trouve une courte bande verticale d'un bleu très-foncé ; en avant de l'insertion des ventrales, il y a parfois encore une bande transversale assez courte allant au niveau de la membrane branchiostège. Habitat. Méditerranée, assez commun à Nice, Toulon, Marseille; très- commun à Cette, étang de Thau: assez commun à Port-Vendres. Océan, golfe de Gascogne, Arcachon, assez rare, parcs aux huîtres, MouUeau. Je ne l'ai jamais vu au nord de l'embouchure de la Gironde. 11 est cité, dans un II. 8 m BLENNIIDÉS. catalogue, ainsi que le Blennie cagnette, comme vivant dans la Manche ! Proportions: long, totale 0,109; tronc, haut. 0,020, épais. 0,0I0o. Tète, long. 0,022, haut. 0,021. — Œil, diam. 0,00io, esp. préorbit. 0,007, esp. interorbit. 0,003. LE BLENNIE PALMIGORNE — BLENNIUS PALMICORNIS. G. Y. Syn. : De la Baveuse, Rondel., liv. VI, c. xxni, p. 173. Blennius sanguinolentus, Pallas, Nordm., Fn. pont., p. 402, pi. 6, fig. 1 ; Giiotli., t. m, p. 218. Le Blennie pholis, Blennius pholis, Riss., Idith., p. 138, Hist. 7iat., p. 232. Le Blen.xie palmicorne, Blennius palmicornis, Cuv. et Valenc, t. XI, p. 214, pi. 320. Blennius palmicornis, CBp., Cat., n» G14 ; Canestr., Arch. zool., t. II, p. 04, pi. 2, fig. 3, pi. 3, fig. 1, F7i. ItaL, p. 181. N. vulg. : Bavecca, Nice ; Cabot, Basses-Pyrénées. Long. : 0,12 à 0,io. Chez ce Blcnnie, le corps est assez large, assez épais dans la partie antérieure, il est comprimé à partir de Fanus, il semble avoir des proportions assez variables. Suivant Cuvier et Valen- ciennes, la longueur totale fait près de cinq fois et demie la hauteur; sur divers animaux, j'ai trouvé la hauteur comprise seu- lement quatre fois et quart à quatre fois et trois quar's dans la longueur totale. La tête est aussi haute que longue, ou peu s'en faut, sa lon- gueur est contenue environ cinq fois dans la longueur totale ; son profil supérieur présente une courbe allongée. La bouche est petite, elle est fendue à peine jusqu'au niveau du bord antérieur de l'orbite. Les mâchoires sont armées de trente-quatre à trente- huit dents ; à la mâchoire supérieure la canine manque, ou bien elle est peu distincte des autres dents, à la mandibule, au con- traire, elle est crochue et fort apparente. Les yeux sont arrondis, ils sont près du profil de la tête. L'iris est rougeâtre ou d'un jaune plus ou moins foncé. Le diamètre de l'œil est compris environ cinq fois dans la longueur de la tête, il fait la moitié de l'espace préorbitaire, il est deux fois plus grand que l'espace interorbitaire. Le tentacule du sourcil BLENNIE PALMICORNE. 115 est une palmette à quatre ou cinq, quelquefois à six divisions, il est très-court, il n'a guère que la moitié de la longueur du diamètre de l'œil. Une ligne latérale bien marquée forme une grande courbure au-dessus de la pectorale. La dorsale est très-avancée, elle commence au-dessus de l'in- sertion des ventrales, elle est séparée du bord postérieur de l'orbite par une distance plus courte que l'espace préorbitaire ; elle est régulière, elle se continue^ en gardant la même hauteur, jusqu'à la naissance de la caudale à laquelle elle est unie par une membrane ; elle est d'une teinte gris jaunâtre et souvent marquée d'une tache noire dans son premier espace intraradiaire. L'anale a, près de son bord libre, une bande brunâtre parfois peu distincte, la pointe des rayons est blanchâtre; le premier rayon de l'anale porte une excroissance charnue, qui peut s'élargir en forme de petite cupule, noirâtre à son pourtour et blanche dans sa partie concave. Les ventrales ne font que le dixième de la longueur totale. Toutes les nageoires sont tachetées de brun, en outre les pectorales et la caudale sont souvent parsemées de points rougeâtres ; sur des Blennies que j'ai rapportés de Gué- tary, les pectorales sont jaunâtres avec des taches d'un rouge tirant sur la rouille. D. 12 ou 13/10 à 21 ; A. 22 à 2i ; C. 13 ; P. 1 i; V. 2. La coloration est très-variable, elle est olivâtre ou brunâtre avec des macules noirâtres. Habitat. Méditerranée, assez commun à Nice pendant les mois d'avril et de mai; assez rare, Cette, étang de Thau; assez rare, Port-Vendres. Océan, golfe de Gascogne, assez commun à Guétary (Basses-Pyrénées), rare à Arca- chon ; au-dessus de la Gironde très-rare. Ce Blennie ne se rencontre guère au nord de la Loire. Je l'ai vu seulement une fois sur nos côtes de la Man- che, au Havre, en 1875. Proportions : long, totale 0,150; tronc, haut. 0,033, épais. 0,019. Tète; long. 0,032, haut. 0,032. — Œil, diam. 0,000, esp. préorbit. 0,012, r esp. interorbit. 0,003. Distance du bord postérieur de l'orbite à : museau 0,018 ; dorsale 0,000, liG BLENNIIDÉS. LE BLENNIE CÂGNETTE — ^Z:^xVA7^5 CAGNOTA, Valenc. Syn. : Blennie sujéfien, Blennius sujofianus, Riss., Ichth., p. 131. Salarias varus, Salarias du Var, Riss., Hist. nat., p. 2-37. Le Blennie cagnette, Blennius cagnota, Cuv. et Valenc, t. XI, p. 349 ; Blanchard, Poisso)is des eaux douces de la France, p. 255. La Blenxie alpestre, Blennius alpestris, Blancli., p. 2G1. Blennius cagnota, Heckel et Kner, p. 44. IcHTiiYocoRis VARUS, CBp., Cut., lï" 628, Fn. ital., fig. ICIITHYOCORIS CAGNOTA, CBp., Cot., ïi° 629. IcHTHYocoRis ANTicoLus, CBp., Cat., H» C32, F?i . 27«/.,fig. mauv. Blenmus vulgaris, Gûnth., t. III, p. 217; Canestr., Fn. Ital., p. 28. Blennius varus, Giintli., t. III, p. 220. N. vulg. : Chasseur, lac du Bourget; Lièvre, Agde (Hérault); Bavecca, Nice. Long. : 0,10 èi 0,12 et même 0,15. Suivant la taille des animaux, les proportions présentent des différences plus ou moins marquées ; la longueur totale fait chez les adultes cinq fois a cinq fois et demie la hauteur du tronc, et six fois à six fois et demie chez les jeunes. Le corps, d'une sou- plesse remarquable, est légèrement arrondi dans sa région an- térieure ; à partir de l'anus il est comprimé et va diminuant d'une façon régulière jusqu'au tronçon de la queue. La tête est longue, elle mesure le quart ou les deux neuvièmes de la longueur totale, elle a le profil antérieur arrondi et un peu oblique. Chez les mâles adultes, ou du moins ayant une certaine taille, elle porte une crête allongée, tranchante, qui commence vers le niveau du tentacule orbitaire et se termine un peu en avant de la dorsale. Cette crête fait, ou peu s'en manque, la moi- tié de la longueur de la tête ; elle n'est jamais aussi élevée que dans le Blennie paon, elle reste même toujours assez basse ; dans les femelles, dans les jeunes mâles, elle est nulle, pour ainsi dire, ou peu visible. Le museau est assez gros, arrondi. La bou- che est à peu près horizontale, elle est fendue jusqu'à l'aplomb du bord antérieur de l'orbite. La mâchoire supérieure est bordée d'une grosse lèvre charnue, elle paraît ainsi beaucoup plus large et plus avancée que la mandibule, qui semble cachée quand la BLENNIE CAGNETTE. H7 bouche est fermée ; la lèvre inférieure forme un bourrelet assez mince. Les mâchoires portent une rangée d'incisives régulières, un peu aplaties, plus nombreuses cà la mâchoire supérieure ; en arrière et de chaque côté, elles ont une canine forte, grande et crochue ; les canines de la mandibule sont toujours plus avancées que celles de la mâchoire supérieure, elles paraissent aussi gé- néralement plus développées. Le nombre des incisives n'a rien de fixe ; il varie à la mâchoire supérieure de seize à vingt-quatre et quelquefois il arrive à vingt-huit; à la mandibule, il y en a de quatorze à dix-huit, rarement vingt-deux. L'iris est légèrement rougeàtre ou plutôt d'un jaune doré. Le diamètre longitudinal de l'œil est compris quatre fois à quatre fois et deux tiers dans la longueur de la tète, il est d'un tiers plus petit que l'espace préorbitaire, et d'un tiers plus grand que l'es- j)ace interorbitaire qui esta peu près égal au diamètre vertical. Le tentacule du sourcil est placé en arrière du diamètre vertical de l'œil; il est de teinte noirâtre, très-court, beaucoup moins long- que le diamètre de l'œil; il est composé de trois ou quatre petits filaments qui paraissent ne former qu'un seul brin, une espèce de corne, quand le poisson n'est pas dans l'eau ou dans un liquide quelconque. Des pores d'un blanc jaunâtre, assez larges, au nombre de cinq ou six, sont disposés à égale distance les uns des autres sur une ligne demi-circulaire qui, parlant du tentacule, suit le bord postérieur de l'orbite et se termine en bas à l'aplomb du diamètre vertical de l'œil. Quant aux orifices des narines, ils sont étroits, arrondis ; l'o- rifice postérieur est très-rapproché de l'orbite ; l'orifice antérieur, qui en est assez éloigné, est légèrement tubuleux, il est jiourvu d'un appendice tenta culaire de longueur variable. L'opercule fait en arrière un angle assez prononcé, qui va jusqu'à la partie supérieure de la base de la pectorale. Une ligne de porcs monte le long du bord postérieur du préopercule, passe un peu au-dessus de la fente branchiale et vient se terminer à lorigine de la ligne latérale, La ligne latérale est bien marquée, en avant surtout ; elle des- il8 BLENiMIDÉS. sine une courbe allongée, qui commence au-dessus de la pecto- rale, puis, arrivée à l'aplomb du huitième rayon épineux de la dorsale, elle descend obliquement, se rapproche un peu du pro- fil inférieur du corps et reste droite jusqu'à sa terminaison. Au-dessus de l'angle de l'opercule commence la dorsale, qui est séparée de la crête de la tète par une légère dépression ; elle est un peu plus éloignée que le bout du museau du bord posté- rieur de l'orbite ; elle est légèrement échancrée, sa portion épi- neuse, qui est en arrière un peu moins élevée que sa portion molle, fait environ la moitié de la hauteur du corps. La nageoire se termine par une membrane qui tantôt finit sur le tronçon de la queue, tantôt gagne la base de la caudale ; elle compte douze rayons épineux et dix-sept à vingt rayons mous. Elle est d'une teinte jaunâtre avec de petites taches brunes ; d'autres taches plus larges sont disposées en séries à la base de la nageoire ; la pointe des rayons mous est d'un blanc rosé. L'anale est souvent précédée de deux fraises développées; elle commence un peu en avant de la moitié de la longueur totale, mais après la fin de la pectorale ; elle se termine par une membrane qui ne va pas aussi loin, sur le tronçon de la queue, que la membrane de la dorsale ; elle est à peine moins haute que la portion épineuse de l'épiptère ; elle est formée le plus souvent de dix-huit rayons, elle en a rarement dix-neuf ou vingt; elle est jaunâtre avec une bordure d'un brun assez foncé ; la pointe des rayons est blan- châtre. La caudale est coupée à peu près carrément, avec les an- gles arrondis ; sa longueur est comprise cinq fois et demie dans la longueur totale ; celte nageoire a douze à quatorze grands rayons, plus un petit en dessus et en dessous ; elle est d'un jaune souvent teinté de rose chez les mâles, elle est jaunâtre, dans les jeunes, avec des taches brunes sur les rayons. La pectorale me- sure près du cinquième de la longueur totale, elle a quatorze rayons ; les huitième et neuvième rayons qui paraissent ordinai- rement les plus allongés, n'arrivent pas à l'aplomb du commen- cement de l'anale ; la pectorale est jaunâtre et sa base est le plus souvent marquée d'une taclie brun foncé. La ventrale fait BLENNIE CAGNETTE. H9 le sixième de la longueur totale, elle a trois rayons plus ou moins distincts; elle est jaunâtre ou d'un vert tirant sur le jaune. D. 12/17 à 20; A. 18 ù 20; G. 12 à li; P. 14; V. 4. La teinte est le plus souvent d'un jaune verdàtre ou plus ou moins pointillé de brun ; le dos porte une série de cinq ou six taches brunes assez grandes, plus ou moins carrées ; ces taches gagnent la base de la dorsale ; des lignes brunâtres descendent ordinairement delà région dorsale jusqu'au milieu des flancs, parfois elles sont peu distinctes et sont remplacées par des nuages brunâtres. Le ventre est jaunâtre, la gorge, d'un jaune assez clair. La coloration de la tète n'ofîre pas moins de variétés que celle du corps ; la nuque ou plutôt la région occipitale est d'un gris brunâtre et le reste de la tête d'un jaune plus ou moins obscurci par un pointillé noirâtre ; les points sont plus larges sur la nuque, l'espace interorbitaire et le pourtour de l'orbite, ils sont beaucoup plus fins et plus serrés sur les joues, un peu plus écartés sur les pièces operculaires. Il y a ordinairement sur les joues deux bandes foncées, obliques, dirigées d'arrière en avant et de bas en haut. Habitat. Le Blennie cagaette est le seul de nos Blennies qui se tienne dans les eaux douces; il n'est pas très-commun, cependant il se trouve dans la plupart de nos départements du Midi, à partir du Tarn-et-Garonne jus- qu'aux Alpes-Maritimes. 11 a été pris, à la Magistère, dans la Garonne. Il se pèche dans le Tarn, dans le canal du Midi, à Agde, où il est appelé Lièvre. Le département de l'Hérault le nourrit encore dans la petite rivière du Lez. Ce Blennie vit aux environs de Toulon ; Risso qui l'a décrit d'abord sous le nom de Blennie sujéfien, lui a donné plus tard celui de Salarias du Var, pour indiquer son habitat dans les eaux de ce fleuve. En Savoie, aux environs d'Aix, il est appelé Chasseur; il est commun dans les ruisseaux ouïes petites rivières qui se jettent dans le lac du Bourget, Leisse, Tillet, Sierroz. Je l'ai fait prendre dans le Sierroz, près de l'embarcadère des bateaux à va- peur. Les pécheurs du Bourget le recherchent pour amorcer leurs hameçons. Proportions : long, totale 0,10; tronc, haut. 0,018, épais. 0,010. Tête, long. 0,022, haut. 0,019. — Œil, diam. 0,00io, esp. préorbif. 0,007, esp. interorbit. 0,003. Distance du bord postérieur de l'orbite à : museau 0,011 ; dorsale 0,012. Gunther, à l'exemple de G. Bonaparte, fait deux espèces du Blennius vul- 120 BLENNIIDÉS. garis et du Blennius varus, suivant que la dorsale est ou n'est pas unie à la caudale. Ce prétendu caractère différentiel n'a aucune importance ; la mem- brane qui termine la dorsale, est plus ou moins développée, tantôt elle s'étend jusqu'à la caudale, tantôt elle s'arrête avant d'atteindre la base de cette nageoire. Il n'y a rien de spécifique dans le mode de terminaison de la dor- sale, j'ai pu facilement le reconnaître sur des Cagnettes pochées dans le môme endroit. Giinther suppose que le Blennius vulgaris de PoUini et le Blennius cagnota ■de Valenciennes vivent l'un dans les eaux douces, l'autre dans les eaux saumâtres ; mais Valenciennes dit que le Blcnnie cagnotte <■< se tient dans les eaux douces du Var et de ses affluents. » Giinther croit encore que le Blennius vernis, le Salarias du Var de Risso, est un poisson de mer ; la déno- mination spécifique de ce poisson, tirée précisément de l'habitat, aurait dû empêcher fauteur que nous venons de citer, de commettre une semblable méprise. « C'est, dit Risso, dans les divers canaux qui prennent naissance dans notre rivière du Var que cette espèce se propage. » (Risso, Hist. nat., p. 238.) LE BLENNIE DE ROUX — BLENNIUS ROUXI, Cocco. Syn. : Blennius Rouxi, CBp., Cat., n° G21, Fn. ital, fig. ; Doùmet, Cat, Poissons de Celte; Gûiith., t. III, p. 217 ; Canestr., Fn. Ital., p. 181. Long. : 0,0o à 0,06. Le corps est très-comprimé ; sa hauteur est contenue cinq fois et demie dans la longueur totale. La tète est comprimée; son profil antérieur est légèrement courbe ; sa longueur fait le cinquième de la longueur totale. Le museau est court, la bouche étroite ; les lèvres sont charnues ; les dents sont grêles, excepté les canines qtii sont crochues et beaucoup plus fortes à la mandibule qu'à la mâchoire supérieure. L'iris est argenté ; le diamètre de l'œil mesure le quart de la longueur de latôte, il fait plus du double derespaceinterorbitaire. Le tentacule du sourcil est légèrement palmé, il est court, moins grand que le diamètre de l'œil ; le tentacule de la narine est plus long et plus grcle. En avant on peut voir la ligne latérale, qui disparaît après la pectorale. La dorsale est égale, elle est élevée, elle fait plus de la moitié de la hauteur du corps; elle commence avant la fin de Toper- BLENNIE GATTORUGINE. 121 cule ; elle est libre en arrière, sa membrane ne s'attache pas sur la base de la caudale ; elle a environ trente-quatre rayons. L'anale commence sous le tiers postérieur des pectorales ou peut-être un peu avant. La caudale est arrondie. Les pectorales sont trian- gulaires, aiguës. Les ventrales, relativement très-longues, vont jusqu'à l'anus. D. 13/21 ; A. 26; V. 2. Sur le frais, d'après C. Bonaparte, le corps est transparent comme l'ambre; il est pointillé de noir sur le dos ; le ventre est argenté ; une bande châtain foncé va de l'œil à la queue et sé- pare nettement les deux teintes du corps qui paraît tricolore. Cette bande persiste avec sa coloration foncée sur les animaux préparés ou conservés dans l'alcool. Habitat. Méditerranée, rare. Cette. J'ai vu plusieurs Blennics de Roux dans le beau musée de M. Doûmet-Adanson, qui le premier a signalé cette espèce sur nos côtes. LE BLENNIE GATTORUGINE — BLENNIUS GATTORUGINE. Syn. : Gattorugine, Willugh., p. 1-32, pi. H. 2, fig. 2. Blennius GATTORUGINE, Bruniiicliil Ichthyoloyia Massiliensis, p. 27 ; CBp., Cat., no611 ; Gtinth., t. III, p. 212 ; Canestr., Arch. zooL, 18G2, t. II, p. 90, pi. 2, flg. 1, Fn. Ital., p. 180. Le Blennie gattorugixe, Blennius gattorugine, Laccp., t. VH, p. 320 ; Riss., Ichth., p. 127, Hist. nat., p. 230; Cuv. et Yalenc, t. XI, p. 200; Guichcn., Explor. Algérie, p. G9. The Gattorigixois Blexxy, Yarr., t. II, p. 3U2. Gattorugixe, Couch, t. II, p. 219. N. vulg. : Cabot à Cherbourg, Jouan ; Cabos, Biarritz, Guétary. Long. : 0,15 à 0,20. Ce Blennie atteint relativement une grande taille. Le corps est plus développé dans sa région antérieure ; à partir de l'anale il est plus comprimé, moins haut, il diminue d'une façon régu- lière jusqu'à la base de la caudale. L'épaisseur du tronc fait la moitié de la hauteur, qui est comprise quatre fois à quatre fois et un tiers dans la longueur totale. 122 BLENNIIDÉS. La tête est comprimée, un peu moins haute que longue, sa lon- gueur est contenue quatre fois et demie dans la longueur totale; son profil supérieur est arrondi, la courbe est interrompue, en arrière des tentacules, par une échancrure transversale assez pro- fonde. La crête de la nuque est bien prononcée. Le museau est assez court, épais^, arrondi. La bouche est horizontale, grande, elle est fendue au moins jusqu'à l'aplomb du bord antérieur de l'orbite ; la lèvre supérieure est développée ; la mâchoire supé- rieure est à peine moins longue que l'espace préorbitaire, elle est munie, ainsi que la mandibule, d'une rangée de dents à bord égal, serrées les unes contre les autres et diminuant d'une façon régulière d'avant en arrière ; le nombre des dents est de trente- six à quarante ; il n'y a pas de véritables canines, seulement la mâchoire inférieure porte en arrière parfois une ou deux dents qui sont séparées des autres et légèrement crochues. Vers le profil supérieur se montrent de grands yeux arrondis. L'iris est bleuâtre. Le diamètre de l'œil fait près du quart de la longueur de la tête, il est d'un tiers moins grand que l'espace préorbitaire et d'un tiers plus long que l'espace interorbitaire, qui est remarquable par sa forte dépression. Les sourcils sont élevés surtout en arrière, ils sont séparés l'un de l'autre par un sillon, qui semble se bifurquer postérieurement pour former l'échancrure transversale que nous avons signalée. C'est dans l'espèce d'angle limité par le sillon intraorbitaire et l'échancrure postorbitaire que s'élève le tentacule du sourcil, il est placé en arrière du diamètre vertical de l'œil. Le tentacule est plus long que le diamètre de l'œil ; il se partage dès la base en ramifica- tions qui généralement se divisent elles-mêmes en filets plus ou moins nombreux ; il est d'une teinte ordinairement foncée, noi- râtre ou grisâtre. L'orifice postérieur des narines est arrondi, l'orifice antérieur est pourvu d'un tentacule, qui fait près du tiers de la longueur du tentacule orbitaire et qui est légèrement frangé à son extrémité. Une membrane assez large borde l'opercule et forme en arrière un angle assez prononcé. BLENNIE GATTORUGINE. 123 La dorsale est très-avancée, elle commence sur la nuque au- dessus du bord postérieur du préopercule ; la distance qui sépare son premier rayon du bord postérieur de l'orbite, est moins grande que la distance comprise entre ce même bord et l'extré- mité du museau, elle est, on peut dire, égale à l'espace préor- bitaire. La dorsale se termine par une membrane qui l'unit à la base de la caudale ; elle est plus baute en arrière, et mesure la moitié ou un peu plus de la bauteur du corps ; la partie épineuse est séparée de la partie molle par une échancrure plus ou moins prononcée, parfois peu sensible. Cette nageoire a douze ou treize, rarement quatorze rayons épineux et dix-sept à vingt rayons articulés. Elle est de coloration très-variable, différente surtout suivant les localités où. vivent les Blennies; dans les Gat- lorugincs de Nice et de la Méditerranée en général, la nageoire est d'un gris foncé jaunâtre avec cinq ou six larges bandes ver- ticales brunâtres, la pointe des rayons est blanchâtre; dans les Gattorugines de nos côtes de l'Ouest, la dorsale est d'une teinte grise ou brun jaunâtre tirant sur le roux; elle porte sur les troi- sième et qiiatrième rayons et sur l'espace intraradiaire une tache noirâtre, quelquefois d'un bleu foncé entouré de gris ordinai- rement. L'anale commence après la fin des pectorales et finit avant la dorsale ; elle est à peu près aussi haute que la portion épineuse de la dorsale ; elle compte vingt et un, parfois vingt- deux rayons ; elle est d'un gris jaunâtre avec des macules bru- nâtres, dans les Blennies de la Méditerranée, elle est bordée d'un fin liséré noirâtre qui fait ressortir la teinte blanche de l'extré- mité libre des rayons; dans les Blennies de l'Océan, la coloration est d'un gris roussâtre uniforme, la pointe des rayons est blan- che. La caudale fait un peu plus du sixième de la longueur totale ; elle est tantôt grisâtre avec des taches noires, tantôt d'une teinte uniforme, ainsi que les pectorales et les ventrales; il y a souvent sur la base des longs rayons de la pectorale une tache d'un noir plus ou moins foncé ; parfois le tiers postérieur de la pectorale est d'un roux plus ou moins clair. D. 12 à 14/17 à 20 ; A. 21 ou 22 ; V. 1/2. 124 BLENNIIDÉS. Quant au système de coloration il est très-yariable ; le dos est d'un gris brun tirant sur le roux semé de petites taches d'un violet foncé presque noir, avec des bandes noires verticales, qui se prolongent sur la dorsale ; quelquefois une bande brunâtre assez large, plus ou moins continue, va de la pectorale à la cau- dale ; cette bande est formée par la réunion des angles des bandes transversales qui s'étendent sur le dos et sur le ventre. Le ventre est gris roussâtre avec des plaques ou des bandes noires plus ou moins larges, plus ou moins limitées, alternant avec les bandes supérieures. La tête porte en dessus des taches ou des bandes brunes ; sous le menton et sous la gorge se mon- trent deux bandes d'un brun foncé. La teinte générale est par- fois uniforme, d'un brun tirant sur le roux, c'est le système de coloration que j'ai remarqué chez les grands individus. Habitat. Ce Blennie se trouve sur toutes nos côtes. Méditerranée, assez commun, Nice, Marseille, Cette. Océan assez rare, la Rochelle. Manche, rare, Granville, Cherbourg. Proportions : long, totale 0,171 ; tronc, haut. 0,OiO, épais. 0,019. Tète, long. 0,039, haut. 0,03o. — Œil, diam. 0,009, esp. préorbit. 0,014, esp. interorlîit. 0,00o. Distance du bord postérieur de l'orbite à : museau 0,021 ; dorsale 0,013. LE BLENNIE ROUGE — BLENNIUS RUBER, Valcnc. Syn. : Le Blennie rouge, Blennius rubci', Cuv. et Valenc, t. XI, p. 21 1. (?) Blennius ruber, CBp., Cat.^ \\" QVl. De Lap>laie a décrit et figuré un Blennie qui a beaucoup de rapports avec le Blennie gattorugine. Valenciennes a pensé qu'il faut peut-être regarder ce poisson, péché à Ouessant, comme une espèce nouvelle, toutefois à la fin de la description qu'il en a donnée, il a formulé ce doute? <.< Ne serait-ce point un Blennie gattorugine dans quelque état passager, peut-être dans la saison de l'amour? » Il y a toute raison de le croire. Long. : 0,16. Les proportions du corps et de la tête sont les mêmes que dans le Gattorugine. Ce Blennie « est parfaitement semblable au Gattorugine par les formes, » mais il « semble en différer, parce que son tentacule sourciller paraît plus court, et que, dans BLENNIE TENTACULATRE. 123 certaines circonstances du moins, il prend une teinte générale d'un rouge vit'.. » (.ValeiNC.) D. 13/20; A 22; G. 1 1 ; P. li; V. 2. « Les rayons des nageoires sont, comme le corps, d'un rouge de feu ou de sang, et il y a dans leurs intervalles des lignes obli- ques blanches. » (Valeng.) Habitat. Océan, Ouessant. Manche, Granvillo. A propos du Gattorugine, Jouan écrit : « J'ai remarqué les tentacules de couleur rougeàtre, au mois de juillet et au mois de novembre. » (Jouan, Cat. Poiss., Cherbourg.) LE BLENNIE TENTACULATRE BLENNIUS TFNTACULAIÎIS, Brunn. Syn. : Blennics tentacclaris, Brunn., Ichth. Mass., p. 2G ; CBp., Cat., n° 61.3; Giintli., t. m, p, 215; Canestr., Arc/i. zool.. t, II, p. 96, pi. 4, fig. 6, F?î. ItaL, p. 180. Le Blennie tentacule, Blennius tentaculatus, Lacép., t. VII, p. 326; {Bl. tentacu- laris,) Riss., Ichth., p. 130., Hist. nat., p. 230. Blennie cornu, Blennius cornutus, Riss., Ichth., p. 128. Blennie Bréa, Blennius Brea, Riss., Ichth., p. 129, Hist. nat., p. 233. Blennius punctulatus, Blennie ponctue, Riss, Hist. ?2a^, p.231. Le Blennie tentaculaire, Blennius tcntacularis, Cuv. et Valenc, t. XI, p. 212, pi. 319 ; Guichen., ExpL Alger., p. 69. N. vulg. : Bavecca, Bavoua, Nice. Long. : 0,10 à 0,12 et même 0,15 d'après Risso. Dans son Ichthyologio de Marseille, Briinnich a parfaitement décrit cette espèce qui présente beaucoup de rapports avec le Gattorugine, mais s'en distingue par la dentition et par quelques autres caractères. En avant le corps est assez épais^ il est comprimé en arrière. L'épaisseur du tronc fait la moitié de la hauteur, qui est com- prise cinq fois environ dans la longueur totale. La tète a le profil arrondi, sa longueur mesure à peu près le cinquième de la longueur totale. Le museau est arrondi; la bou- che, assez grande, est fendue jusqu'au-dessous de l'œil; la mâ- choire supérieure est aussi longue, on peut dire, que l'espace 126 BLEiNNlIDÉS. préorbitaire. Le nombre de dénis, à chaque mâchoire, varie de vingt-six à trente ; à la fin de la rangée se montre une canine crochue, beaucoup plus grande que les autres dents; la canine de la mâchoire supérieure est aussi forte el parfois même plus forte que celle de la mandibule. La mâchoire inférieure a sou- vent deux ou quatre dents de moins que l'autre mâchoire. Parfois l'iris, qui est argenté, montre un pointillé rouge, d'après Brùnnich. Le diamètre de l'œil est compris quatre fois et quart à cinq fois dans la longueur de la tête ; il paraît relative- ment plus grand chez les femelles ; il est plus court que Tespace préorbitaire, mais il est d'un quart ou de moitié plus grand que l'espace interorbitaire. Le sourcil porte, un peu en avant du diamètre vertical de l'œil, un tentacule allongé; quand ce ten- tacule est rabattu transversalement sur la joue, il cache la moitié antérieure de l'œil^ et laisse une partie de la pupille visible en arrière ; c'est une disposition tout à fait différente de celle qui se rencontre chez le Blennie gattorugine. Le tentacule est toujours beaucoup plus grand que le diamètre de l'œil; mais sa longueur est très-variable ; dans les mâles adultes, il est plus long que la distance qui le sépare du bout du museau, il est parfois égal, ou peu s'en faut, à la longueur de la tête ; dans les jeunes et dans les femelles, il est plus grand que l'espace préor- bitaire. 11 est dentelé, mais il ne présente pas ordinairement les divisions secondaires si nombreuses qui se remarquent sur le tentacule du Blennie gattorugine ; quand ces divisions existent, elles ne se montrent que d'un seul côté et consistent seulement alors en filaments grêles et courts, qui ne se partagent pas en filets nouveaux. A l'orifice antérieur de la narine se voit un tentacule plus développé que celui du Gattorugine, il est généralement plus grand que le diamètre de l'œil. Il n'y a pas de ligne latérale nettement marquée ; elle est par- fois visible au-dessus de la pectorale. La dorsale est régulière, elle garde la même hauteur à peu près dans toute sa longueur ; elle s'étend de la nuque au tronçon BLENNIE TENTACULAIRE. 427 de la queue sur lequel elle s'attache par une petite membrane, qui le plus ordinairement finit avant la base de la caudale, mais qui parfois la dépasse, et se prolonge sur les rayons supérieurs de la nageoire. La dorsale a douze à quatorze rayons épineux et dix.-neuf à vingt et un rayons mous ; elle est grisâtre, tachetée de jaunâtre, elle est marquée d'une tache noire dans le premier espace intraradiaire, quelquefois cette tache s'étend jusqu'au quatrième aiguillon. Le bord postérieur de l'orbite est à la môme distance du commencement de la dorsale que du bout du museau. L'anale est moins haute que la dorsale, sa hauteur ne fait pas la moitié de la hauteur du corps ; elle commence en arrière de l'extrémité des pectorales ; elle compte vingt-trois à vingt-cinq rayons; elle est grisâtre, rayée de blanc et de bru- nâtre, parfois elle est d'une teinte uniforme brun assez clair, avec la pointe des rayons blanchâtre. La caudale est assez longue, surtout dans les mâles, chez lesquels sa longueur égale presque la hauteur du tronc ; elle est de teinte brunâtre. Les pectorales finissent avant l'origine de l'anale. Les ventrales sont grêles, effilées. Les nageoires paires sont d'une teinte bru- nâtre. D. 12 à 14/19 à 21 ; A. 23 à 2o; C. M ; P. li; V. 2. Le système de coloration est variable. Le plus souvent la teinte générale est d'un gris roussâtre tiqueté de noir avec sept ou huit grandes taches brunâtres, qui s'étendent plus ou moins du dos vers les flancs ; parfois ces grandes taches paraissent manquer, et le dos, les côtés ne portent que de larges points ou plutôt de petites macules ovales d'un brun foncé. Le dessous de la gorge est d'un brun rougeâtre assez clair. La tète est d'un brun tirant sur le roux avec des taches brunes plus ou moins nombreuses. Habitat. Méditerranée, assez commun, Nice, Marseille. Proportions : long, totale 0,10 ; tronc, haut. 0,019, épais. 0,010. Tête, long. 0,021, haut. 0,017. — Œil, diam. 0,004, esp. préorbit. 0,007, esp. interorbit. 0,003. Distance du bord postérieur de l'orbite à : museau 0,01 1 ; dorsale 0,011. 128 BLENNIIDÉS. LE BLENNIE GRAPHIQUE — BLENNIUS GRAPHICUS. Riss. . Syn. : Blexxius graphicis, Blenaie graphique, Riss., Hist. nat., p. 234, fig. 44; Gualh., t. III, p. 221. Est-ce bien une espèce parfaitement déterminée? Il est permis de supposer que c'est plutôt une simple variété du Blennie tentaculairc. Nous allons indiquer, d'après Risse, les principaux caractères du Graphique. Long. : 0,07. Le corps est comprimé; « la tête est presque arrondie... la bouche étroite, garnie de petites dents; les latérales droites, épaisses. » « L'œil rond, muni en dessus d'un lonc tentacule subulé, ayant chacun deux appendices à leur base. » (( La ligne latérale droite ne s'étend que jusqu'aux nageoires pectorales, disparaît ensuite. » La dorsale est régulière, elle est libre en arrière; sur la figure donnée par Risso, la ventrale a trois rayons, le rayon médian est plus allongé que les autres. Br. o. — D. 38; A. 20; C. 10; P. V6 ; V. 2. (Riss,). Le système de coloration est « d'un jaune rougeâtre, finement [lointillé de brun, agréablement varié de petits traits d'un bleu d'azur, qui s'étendent en groupe jusqu'à la queue;... les oper- cules bariolées de petites ondulations d'un bleu céleste;... les nageoires sont variées de vert, de jaune et de verdâtre. » Habitat. Méditerranée, Nice, très-rare. J'ai rapporté de Nice un Blennie qui a quelque ressemblance avec le Graphique de Risso ; mais une tache plus ou moins effacée à la partie antérieure de la dorsale et d'autres carac- tères me font regarder ce poisson comme une simple variété du Ten- taculairc. LE BLENNIE PAPILLON — BLENNIUS OCELLARIS, Linn. Syn. : Blennil's vel c^pola, Bell., p. 220-221. Di'LrévRE MARIN du vulgairc, RondcL, liv. VI, c. xx, p. 170. De Blenno, Salvian., p. 218, fig. 84. Blennus Salviani, Willugh., p. 131, pi. H. 3, fig. 2. BLENNIE PAPILLON. 129 Blennids ocellaris, Lin., p. 4i3, sp. 4 ; Blocli, pi. 1G7, fig. 1 ; CBp., Cnt., n" GIG; Gunth., t.III, p. 232; Canestr, yl?-c/i. zool.,i. II, p. 87, pi. 2, fig. 2, F«. Ital., p. 18-3. Le Blenme lièvre, Bleniiius ocellaris, Lacép., t. VII, p. 314 ; Riss., Ichth., p. 125 Hist. nat., p. 220. Le Blennie papillon. Blonnius ocellaris, Cuv. et Valenc, t. XI, p. 220; Wrg. anim. il!., pi. 77, fig. 1. TiiE OcELLATEn Blexny op Butterfly fisli, Yarr., t. II, p. 359. BuTTEiiFLY Blenxy, Coucli, t. II, p. 224. N. vulg. : Bavecca, Nice; Baveuse, Marseille; Lébrà, Diable, Bigoula, Cette. Long. : 0,15 à 0,18. Ce Bleiinic est relativement de grande taille. La hauteur du tronc qui fait le double de l'épaisseur est contenue quatre l'ois et demie à cinq fois et quart dans la longueur totale, La tête est forte ; sa longueur, qui est à peine plus grande que sa hauteur, est comprise quatre fois à quatre fois et demie dans la longueur totale. Le museau est court et le profil antérieur de la tète varie dans sa forme, il est tantôt un peu oblique et légè- rement arrondi, tantôt il est complètement vertical, surtout chez les vieux mâles. La fente de la bouche se prolonge à peu près jusque sous le diamètre vertical de l'œil. Les mâchoires sont garnies de dents assez longues, serrées, grêles, à pointe légèrement arrondie ; à la fin de la rangée se montre une canine longue, forte, crochue, ordinairement plus développée à la mandibule qu'à la mâchoire supérieure ; parfois il y a deux canines d'un côté à la mâchoire inférieure, le plus souvent du côté droit. Le nombre de dents varie à chacune des mâchoires de trente à trente-six, rarement il est plus élevé. L'iris est d'un blanc jaunâtre. Le diamètre de l'œil est com- pris trois fois et demie à quatre fois dans la longueur de la tète, il est un peu moins grand que l'espace préorbitaire. L'espace interorbitaire est assez étroit, il est concave. Le tentacule, inséré un peu en avant du diamètre vertical de l'œil, est de longueur très-variable ; généralement il est plus grand que le diamètre longitudinal de l'œil, il fait le tiers, et plus, de la longueur de la tête, parfois dans les jeunes et dans les femelles, il est à peine égal au diamètre vertical de l'œil ; il porte sur le bord IL 9 130 BLENNIIDÉS. postérieur quelques franges ou seulement de courtes dente- lures. Vers la réunion du bord antérieur au bord supérieur de l'or- bite se trouve l'orifice postérieur de la narine, il est arrondi, très-étroit, difficile à voir ; l'orifice antérieur est muni d'un petit tentacule qui paraît quelquefois manquer. Couverture branchiale est moins fendue que dans la plupart des autres Blennies; l'isthme du gosier est large, il fait la moitié de la longueur de la fente branchiale. Il y a six rayons bran- chiostèges. La ligne latérale est nulle ou peu visible. Il est facile de reconnaître immédiatement le Blennie papillon à la forme particulière de sa dorsale. La nageoire présente une échancrure très-profonde à la réunion des rayons épineux et des j rayons mous ; la partie antérieure est très-élevée. Le premier rayon surtout est très-développé, sa longueur fait souvent plus du tiers de la longueur totale, il dépasse de beaucoup le rayon suivant, il reste libre dans une partie de sa hauteur et se ter- mine en filament isolé d'un jaune noirâtre ; chez quelques sujets, il ne fait que le quart de la longueur totale ; le deuxième rayon est un peu plus haut que le corps, le dernier rayon épi- neux fait le quart ou un peu plus de la longueur du premier. La dorsale se relève en arrière, elle a son premier rayon mou d'un tiers ou de moitié plus haut que le dernier aiguillon, elle conserve à peu près la même hauteur jusqu'à sa terminaison ; elle est attachée sur le tronçon de la queue par vme membrane qui se prolonge jusque vers la base de la caudale. Elle compte onze ou douze rayons épineux et quatorze à seize rayons mous. Elle est très-avancée, elle commence au-dessus du préopercule ; le bord postérieur de l'orbite est beaucoup plus rapproché de la dorsale que du bout du museau. La nageoire est d'un fond jaune gris très-pâle avec une teinte d'un brun assez clair et des taches d'un brun plus foncé ; les rayons sont jaunâtres ; sur le sixième et le septième rayon épineux se dessine une tache ovale noirâtre, ou noir bleuâtre entouré de blanc, cette espèce d'ocelle occupe BLENNIE TÊTE ROUGE. 131 la partie supérieure des rayons, mais n'atteint pas le bord de la nageoire. L'anale commence au-dessous du premier rayon mou de la dorsale et se termine au même niveau que cette nageoire, ou à peine plus en arrière ; elle a dix-huit rayons ; elle est d'un jaune pale près de son insertion, brunâtre dans le reste de son étendue, souvent la pointe des rayons est blanchâtre. La caudale mesure à peu près le sixième de la longueur totale ; elle est d'un gris noirâtre ; ses rayons sont tantôt d'un gris jaunâtre, tantôt jaunes avec quatre ou cinq rangées de points noirs. Les pectorales sont larges ; elles sont aussi longues que la tête ; elles ne vont pas tout à fait jusqu'à l'anale ; elles comptent douze rayons d'un gris brunâtre. Les ventrales sont brunâtres ; elles ont un rayon épineux et deux rayons mous. D. Il ou ]2/lià 10; A. 18; G. 11 à 13; P. 12; V. 1/2. Dans ce Blennie la coloration est très-variable ; elle est d'un gris cendré ou verdâtre, roussâtre. jaunâtre, avec quatre, cinq, parfois six bandes brunâtres, qui de la région dorsale descendent vers les côtés ; ces bandes sont en général peu dessinées chez les grands individus, et le corps est marqué de taches noires dis- posées plus ou moins régulièrement ; le ventre est d'un gris jaunâtre. La tête est d'un brun jaunâtre avec des points et de très-petites bandes d'une teinte plus foncée ; elle porte, en arrière des yeux, une espèce de V d'un blanc jaunâtre qui se dirige obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Habitat. — Méditerranée, commun, Nice, Toulon ; très-commun, Gette, étang de Thau. Océan, excessivement rare. Manche, le Havre (Lennier). Proportions : long, totale 0,16 ; tronc, haut. 0,03o, épais. 0,017. Tête, long. 0,OiO, haut. 0,037. — Œil, diam. 0,010, esp. préorbit. 0,012, esp. interorbit. 0,000. Distance du bord postérieur de l'orbite à : museau 0,022; dorsale 0,014. LE BLENNIE TÊTE ROUGE BLENNWS ERYTHROCEPHALUS, Riss. Syn. : Blennils erithrocephalus, Blennie tète rouge, Riss., Hist. 7ia(., p. 236, iig. 42. 132 BLEiNMIDES. Blennius erythrocephalus, Guiitli., t. III, p. 215 ; Canestr., Fn. Ital., p. 181. Le Blennie rouge cap, Blennius rubriccps, Cuv. et Valenc, t. XI, p. '248. ICHTHYOCORIS RUBRICEPS, CBp., Cut., H" G27. N, vulg. : Bavecca, Nice. Long. : 0,08 à 0,10. Risso, le premier, a décrit cette espèce qui, par l'ensemble des formes du corps, présente beaucoup de rapports avec le Blennie paon. La hauteur du corps est contenue trois fois trois quarts à quatre fois et demie dans la longueur totale. La tête est d'un quart environ plus haute que longue, sa lon- gueur est comprise cinq fois à cinq fois et quart dans la lon- gueur totale. Elle porte chez les màlos une crête un peu moins élevée que dans le Blennie paon. Valenciennes indique à la mâchoire supérieure vingt-six dents et vingt à la mandibule , en outre chaque mâchoire montre, à lasuitcdcs dents ordinaires, une canine assez développée. Chez un mâle d'assez grande taille, le diamètre de l'œil fait au moins le quart de la longueur de la tête, il est près de moitié moindre que l'espace préorbitaire. L'œil est arrondi, de teinte bleuâtre suivant Risso. Le sourcil porte un petit tentacule non divisé. La ligne latérale est peu visible. Au-dessus du milieu de Topercule commence la dorsale, qui montre une forme des plus caractéristiques ; ses deux ou trois et parfois ses quatre rayons antérieurs sont plus élevés que les suivants dont ils sont séparés par une échancrure. La longueur de ces premiers rayons est variable, le rayon le plus allongé est toujours au moins aussi haut que le corps. J'ai trouvé, sur un de ces Blennies, les rayons antérieurs quatre fois plus longs que ceux qui viennent après l'échancrure. La dorsale n'est pas réunie à la caudale, mais elle est attachée par une petite membrane sur le tronçon de la queue. D. 12 ou 13/21; A. 22 ou 23. La teinte générale est d'un gris yerdâtre avec des bandes ver- BLENNIE SPHINX. 133 licalcs mal dossinées d'un brun plus ou moins foncé. Une tache ronge-minium s'étend sur la tète et les premiers rayons de la dorsale. Il n'y a pas d'ocelle sur la tempe. Les nageoires sont 4'un vert jaunâtre avec un pointillé brun. Habitat. — Méditerranée, rare, Nice. Proportions : long, totale 0,09i-; tronc, haut. 0,02o. Tète, long. 0,018, haut. 0,023.— OImI, diam. 0,00.j, esp. préor])it. 0,009. LE BLENNIE SPHINX — BLENNIUS SPHINX, Valenc. Syn. : Le Ble.nme sphixx, Blcnnius spliynx, Cuv. et Valcnc, t. XI, p. 220, pi. 321 ; Guiclien., Expl. Alger, p. 10. Blennius sphinx, CBp., Cat., ii" GIT; Guntli., t. III, p. 521; Caiiostr., Arc/i. zooL, 1852, t. II, p. 101, pi. 3, fig. 2, adult.. pi. 4, fig. 8, joua., Fn. Ital., p. 182. Long. ; 0,0;j6 à 0,070. Ce Blennic est de petite taille, de forme assez allongée; la hauteur du corps est comprise cinq fois et quart à cinq fois et demie dans la longueur totale. La Icte est grosse, ordinairement un peu moins longue que la hauteur du corps; chez les adultes, sa longueur est contenue cinq fois et demie à cinq fois et deux tiers dans la longueur totale. Le profil antérieur de la tète est droit, ou plutôt il tombe presque verticalement ; le museau est très-court, comme dans le Blennie trigloïde. Les mâchoires sont armées de dents nom- breuses ; la mâchoire supérieure porte une quarantaine de dents ordinaires, plus une, rarement deux canines ; la mandibule est munie d'une trentaine de dents assez grêles et de chaque côté, en arrière, elle a une, parfois deux canines développées. Le diamètre de l'œil fait à peu près le quart de la longueur de la tète, il est moins grand que l'espace préorbitaire. Le sourcil porte un tentacule sétacé, non divisé, qui est ordinairement allongé, atteignant presque le bout du museau quand il est rabattu ; parfois l'appendice est très-court, moins grand que le diamètre de l'œil. A l'orifice inférieur de la narine est un tentacule très-réduit, parfois difficile à voir. I3i , BLENMIDÉS. La dorsale est très-échancrée dans son milieu ; la partie épi- neuse est sensiblement plus élevée que la partie molle, elle est assez souvent plus haute que le tronc. La moitié supérieure de la région épineuse est parfois remarquable par son système de coloration, elle est parcourue par cinq bandes longitudinales lilas et argent. La moitié inférieure de la région épineuse et la région molle sont d'une teinte verdâtre avec des taches brunes sur la partie épineuse et des points argentés, disposés en séries, sur la partie molle. L'anale commence à l'aplomb de l'extrémité de la pectorale, elle est jaunâtre, bordée de noir; la caudale, qui fait le sixième de la longueur totale, est arrondie, et d'un gris verdâtre. Les pectorales sont bien développées. Les ventrales sont d'un jaune plus ou moins clair. Br. 0. — D. 12/16 ; A. 19 ou 20 ; C. 10 ou 11 ; P. 1 i ; V. 2. Le Sphinx est un des plus jolis poissons de nos côtes ; le corps est d'un vert jaunâtre relevé par six ou sept bandes verticales d'un vert olive assez foncé à bordure blanche. La coloration de la tête est très-belle : sur la tempe se montre un ocelle ovale, bleu de ciel, encadré de rouge; des points, des lignes noirâtres marquent le museau et les joues ; trois bandes noirâtres descen- dent obliquement sous la gorge ; une quatrième bande, à peu près verticale, se voit en avant de la racine de la pectorale. Parfois la livrée est moins brillante ; la teinte est d'un jaune grisâtre sur la tête et sur la partie antérieure du corps ; elle est jaunâtre à la région dorsale avec cinq courtes bandes brunes, verticales. Le fond général est jaunâtre, pointillé de brun, mar- qué de lignes obliques blanchâtres. Les nageoires verticales et les pectorales sont jaunâtres avec des points orangés sur les rayons ; les ventrales sont jaunâtres. L'animal figuré dans l'ouvrage de Cuvier et Valenciennes est probablement un mâle avec sa parure de noce. Habitat. Méditerranée, très-rare à Nice ; assez commun à Port-Vendres. Proportions : long, totale 0,069; tronc, haut. 0,013, épais. 0,009. BLENNIE AUX DORSALES INÉGALES- 13o Tctc, long. 0,0r2, haut. 0,011. — Œil, diam. 0,003, esp. préorbit. 0,004, csp. interorbit. 0,002. Distance du bord postérieur de l'orbite à : museau 0,007 ; dorsale 0,006. Dorsale, haut. : portion épineuse 0,012 ; portion molle 0,008. LE BLENNIE AUX DORSALES INEGALES BLENNIUS IN.^QUALIS, Valenc. Fig. 90. Syn.: Le Blennie aux dorsales inégales, Blcnnius inœqualis, Cuv. et Valenc, t. XI, 11. 230; Guichen., Explor. Alger. ,\^. 71, pi. 4, fig. 3. Blennius in'.equalis. CBp., Cat., n" 620. Long. : 0,0û à 0,06. La dénomination spécifique donnée par Valeneiennes au pois- son que nous allons étudier, n'est pas très-correcte ; il serait plus exact de l'appeler Blennie a dorsale inégale. Ce Blennie a le corps peu développé, comprimé, surtout en arrière. La hauteur du tronc est comprise quatre fois et un quart à cinq fois et demie dans la longueur totale. La tète a le profil antérieur un peu oblique, moins vertical ([uc dans le Sphinx ; sa longueur, qui est d'un tiers environ plus grande que sa hauteur, est contenue quatre fois à quatre fois et deux tiers dans la longueur totale. Le museau est court, un peu camus, La bouche est petite ; les mâchoires ont une rangée de douze à quatorze dents terminée par une canine crochue, assez forte ; la canine de la mandibule est plus développée que celle de la mâchoire supérieure. D'après Guichenot l'iris est argenté, il peut être aussi de colo- ration verdâtre. Le diamètre de l'œil fait le quart ou le cin- quième de la longueur de la tête, il est d'un tiers plus petit que lespace préorbitaire. Le tentacule du sourcil est ordinairement 136 BLENNIIDÉS. moins grand que le diamètre de l'œil, il se divise parfois en plusieurs filaments de teinte noirâtre ; suivant Guichenotce ten- tacule est jaunâtre. Le tentacule de l'orifice antérieur de la narine est encore plus court que l'autre; il est bifurqué et de même teinte que le tentacule sus-orhitaire. Ainsi que l'indique le nom donné à l'espèce, la dorsale est très- inégale, très-échancrée, elle est, dans sa région épineuse, beau- coup plus basse que dans sa région molle; voici les proportions que j'ai trouvées : la bautcur de la nageoire fait en avant un peu plus de la moitié de la bauteurdu corps, elle en fait le tiers au niveau de l'écbancrure ou à la fin de la région épineuse, et les cinq sixièmes environ dans sa portion molle; la dorsale est, à son extrémité, attacbée sur le tronçon de la queue par une membrane, qui ne va pas jusqu'à la caudale; le nombre des rayons épineux varie de onze à douze. Le bord postérieur de l'orbite est généralement plus rapprocbé du bout du museau que du commencement de la dorsale. L'anale commence assez loin des pectorales, elle a dix-sept à dix-neuf rayons ; sa bauteur fait à peu près la moitié de la bauteur de la portion molle de la ■dorsale. Les pectorales sont assez larges, elles ne vont pas jus- qu'à l'anus. Les ventrales sont assez courtes. Les nageoires ver- ticales et les pectorales sont jaunâtres avec des points orangés sur leurs rayons ; les ventrales sont jaunâtres. D, 11 ou 12/16 ou 17; A. Il à 19; C. 10 ; V. 2. La teinte est d'un jaune grisâtre sur la tête et sur la partie antérieure du tronc, jaunâtre vers le dos avec cinq à buit courtes bandes verticales d'un pointillé noirâtre ; les côtés sont jaunâ- tres, tiquetés de brun avec des lignes blancbes obliques, formant des angles ouverts en arrière. La gorge et le ventre sont lilas. Des raies brunes marquent les joues et les pièces operculaircs. Le système de coloration, si j'en juge d'après Tanimal que j'ai RE GO.^NELLE — GU^^NELLUS, Cuv. Corps allongé, comprimé, mince, à petites écailles lisses. Tête petite, courte ; museau court; bouche peu fendue, oblique ; mâchoires dentées. Pas de tentacules sur la tète. Appareil branchial; fente branchiale commençant un peu au-dessus de la base de la pectorale; membrane branchiostège s'unissant sous la gorge à celle du côté opposé, soutenue par cinq rayons; pièces operculaires plus ou moins cachées dans la peau. Fausses branchies très-réduites. Nageoires; dorsale unique, très-longue et très-basse, à rayons tous épi- neux; anale longue, à premiers rayons épineux; ventrales rudimentaires, composées d'une épine et de deux rayons mous excessivement courts, enve- loppés dans la peau. Ce genre ne comprend qu'une espèce, LE GONNELLE VULGAIRE — GUNNELLUS VULGARIS. Syn. : GiNNELLUs Cornubiensium, Willugli., p. 115, pi. G. 8, fig. 3. Blenxus gunxellus, Linn., p. 443, sp. 9; Bloch, pi. 71, fig. 1. Le Gunj\el, Bonnat., Eiicycl. méthod., p. 55, fig. 119. Le Blexxie glnxel, Blennius guiinellus, Laccp., t. VII, p. 350. Le Goxxelle vulgaire, Gunnellus vulgaris, Cuv. et Valenc, t. XI, p. 419. GuNNELLUS VULGARIS, CBp., Cut., 11° 642. 154 BLENNIIDÉS. Centronotus gunnellus, Gûnth., t. III, p. 285. The Spotted Gunnel, or Butterflsh, Yarr., t. II, p. 376. BuTTEnFisH, Couch, t. II, p. 23G. N. Vulg. : Papillon de mer, Poitou. Long. : 0,15 à 0,20. Le Gonnelle a le corps allongé, très-mince, ensiforme. La longueur totale fait huit à neuf fois la hauteur qui est double de l'épaisseur au moins. Les écailles sont petites, cycloïdes, ca- chées dans la peau qui est enduite d'une mucosité épaisse. Le nombre des vertèbres est de quatre-vingt-cinq environ. La tète est très-petite, sa longueur étant à peu près égale à la hauteur du tronc; elle est très-comprimée dans la région supérieure; son profil est légèrement convexe. Le museau est court. La bouche est oblique, petite, elle est fendue seulement jusqu'à l'aplomb du bord antérieur de l'orbite; elle a des lèvres charnues. Les mâchoires ont une rangée de petites dents coni- ques; d'après Valenciennes, « la supérieure en a un second rang au milieu; » j'ai toujours trouvé, à la mâchoire supérieure, les dents sur une seule rangée, parfois un peu irrégulière en avant. Le chevron du vomer porte quelques dents excessivement peu développées, à peine visibles. La mâchoire supérieure est un peu plus longue que l'espace préorbitaire. Les yeux sont arrondis ; ils sont placés latéralement près du profil supérieur delà tête. L'iris est jaunâtre. Le diamètre de l'œil est compris quatre fois et un tiers à cinq fois dans la lon- gueur de la tète, il est un peu plus grand que l'espace préorbi- taire; l'espace interorbitaire est étroit, convexe. Il est inutile de rappeler la disposition de la fente branchiale. Quant aux pièces operculaires, elles sont assez peu distinctes les unes des autres. La dorsale s'étend sur toute la longueur du corps, elle com- mence au-dessus de l'insertion des pectorales et finit vers la base de la caudale; les rayons sont égaux, courts, épineux, crochus, au nombre de quatre-vingts environ. L'anale est lon- gue et basse, elle est unie à la caudale par une membrane, elle GONNELLE VULGAIRE. InS a deux rayons épineux et une quarantaine de rayons mous. La caudale est arrondie, elle est courte, ne faisant guère que le quinzième de la longueur totale ; elle compte une quinzaine de rayons. Les pectorales, en forme d'éventail, sont un peu plus longues que la caudale. Les ventrales sont placées presque sous les pectorales, elles paraissent réduites à un rayon court, épi- neux, mais elles ont en outre deux petits rayons mous_, enve- loppés dans la peau et ne devenant visibles que par la dis- section. Br. o. — D. 77à81; A. 2/39à43; G. lo; P. 11;V. 1/2. La coloration est grisâtre, quelquefois d'un brun roussàtre ; une dizaine de taches arrondies, noirâtres, cerclées de blanc se montrent sur le dos et la base de la dorsale ; le dessous du corps est d'un gris assez clair. La tête est teintée de jaune et marquée d'une bande plus ou moins foncée, qui, du bord antérieur de l'orbite, descend vers l'angle de la bouche. Habitat. Los Goanelles ne sont pas aussi abondants que semble l'indiquer Valenciennes ; ils ne sont pas signalés dans le Catalogue des Poissons de Cherbourg (1858-1859, Jouan.); je les ai trouvés en certaine quantité seule- ment sur les eûtes du Finistère. Manche, assez rares, Picardie, Normandie; assez communs, Finistère, RoscofF. Océan, assez rares, côtes de Bretagne; rares, Poitou (Aunis), la Rochelle. Proportions : long, totale 0,140; tronc, haut. 0,0175, épais. 0,008. Tête, long. 0,015, haut. 0,012. — Œil, diam. 0,0035, esp. préorbit. 0,003, esp. interorbit. 0,002. GENRE ZOARCÈS — ZOARCES, Cuv. Corps allongé, effilé en arrière, n'ayant que de très-petites écailles éparses sur la peau, jamais imbriquées. Tête longue ; museau assez avancé ; mâchoires armées de dents coniques sur plusieurs rangées en avant, sur une seule rangée latéralement; vomer et palatins lisses. Appareil branchial; six rayons branchiostèges; fausses branchies. Nageoires; nageoires impaires réunies, caudale non distincte; dorsale très-longue, basse, à rayons mous dans la plus grande partie de son étendue, elle présente seulement, très-en arrière, une série de rayons plus ou moins épineux, beaucoup plus bas que les autres et formant ainsi une espèce d'é- 136 BLENNIIDÉS. chancrurc ou plutôt une dépression très-remarquable, à la suite de laquelle se trouvent des rayons articulés et branchus; anale très-longue, sans rayons épineux; ventrales peu développées. Ce genre est formé d'une seule espèce. LE ZOARCÈS VIVIPARE — ZOARCES VI VIP A RUS, Valenc. Fig. 98. Syn. : Mustela vivipara Shonfeldu, Willugli., p. 122, pi. H. 3, fig. 5, mauv. Blennius viviparus, Linn., p. 443, sp. 11 ; Bloch, p. 72. La Vivipare, Bonnat., Encydop. méth., p. 55, fig. 120. Le Blennie ovovivipare, Blennius ovoviviparus, Lacép., t. VII, p. 343. Le Zoarcès vivipare, Zoarces viviparus, Cuv. et Valenc, t. XI, p. 454. ZoARCEs VIVIPARUS, Gûntli., t. III, p. 295. ZOARCiEUS VIVIPARUS, CBp., Ccit., 11° G45. The Viviparous Blenny, Yarr., t. II, p. 380 ; Coucli, t. II, p. 239. N. Vulg. : Loquette, Abbeville. Long. : 0,15 à 0,2o, quelquefois plus. Le Zoarcès a le corps allongé, comprimé à partir de Tamis, et terminé en pointe. La hauteur du tronc, qui est assez arrondi, fait le huitième ou le neuvième de la longueur totale. La peau est molle en raison de la ténuité des écailles. D'après Valen- ciennes le nombre des vertèbres est de cent dix, 25 + 85. La tête -a le profil supérieur légèrement arrondi ; elle est d'un tiers moins haute que longue, sa longueur est comprise environ six fois à six fois et un tiers dans la longueur totale. Le museau est arrondi et assez avancé. La bouche est grande, elle est fen- due jusqu'au-dessous de l'œil, elle a des lèvres épaisses; la mâchoire supérieure est plus avancée que la mandibule, elles portent l'une et l'autre des dents coniques à pointe mousse, pla- cées sur deux rangées en avant, sur une seule rangée latérale- ment; la rangée externe est composée d'une trentaine de dents, ZOARCÈS VIVIPARE. ib7 à la rangée interne, il y en a une douzaine. Le palais et la langue sont lisses. L'iris est jaunâtre. Les yeux sont rapprochés du profil supé- rieur de la tête, ils sont de moyenne grandeur. Le diamètre de l'œil est compris de quatre à six fois dans la longueur de la tête ; il est moins grand que l'espace préorbitaire, d'un tiers plus grand que l'espace interorbitaire. Sur le milieu de la ligne allant du bout du museau à l'or- bite, se trouve l'orifice antérieur de la narine ; il est tubuleux et plus visible que l'orifice postérieur, qui est excessivement petit. La fente branchiale est assez grande ; la membrane bran- chiostège est un peu échancrée sous la gorge; les pièces oper- culaires sont enveloppées dans la peau. La ligne latérale est droite, peu marquée. Au-dessus de la fin de l'opercule commence la dorsale, qui se prolonge jusqu'à la pointe de la queue et se réunit à l'anale ; file semble composée de trois parties, la partie antérieure, très-longue, compte environ quatre-vingts rayons mous, bran- chus, elle est séparée de la portion terminale par une série de rayons durs et pointus, deux ou trois fois plus courts que les précédents ; ces rayons durs sont au nombre de dix, ils forment cette dépression singulière qui se remarque sur la queue du Zoarcès, ils sont suivis de vingt-deux à vingt-cinq rayons mous, ])ranchus, un peu plus élevés. L'anale a tous ses rayons mous, qui sont très-nombreux, il y en a quatre-vingt-quatre à quatre- vingt-neuf. Les pectorales, formées de dix-huit rayons, sont arrondies, elles sont un peu moins longues que la tête. Les ventrales sont courtes, elles mesurent à peu près le quart de la longueur des pectorales ; elles ont trois rayons enveloppés dans la peau. D. 78 à 80/10/22 à 23; A. 84 à 89; P. 18; V 3. Sur le dos et les flancs la coloration est d'un gris roussàtre; une douzaine de bandes brunâtres verticales descendent de la 158 BLENNIIDÉS. dorsale vers la région supérieure du corps, parfois ces bandes sont plus ou moins effacées et fondues dans la teinte générale; sur les côtés se voient quelques taches nuageuses de couleur brunâtre. La partie inférieure de la tête et du corps est d'un lîris brunâtre. La dorsale est d'un gris roussâtre avec des bandes brunâtres verticales. L'anale est teintée d'un jaune rougeâtre. Les pectorales sont grisâtres avec une espèce de bordure jaune rougeâtre plus ou moins nette. Habitat. Ce poisson, qui est des mers du Nord, ne se rencontre que très- rarement sur nos côtes; il n'a été trouvé que dans la Manche, au Crotoy, baie de Somme, il ne paraît pas descendre plus au sud. Bâillon d'Abbeville a donné au Muséum plusieurs de ces animaux. Le Zoarcès, m'a-t-on affirmé, est apporté quelquefois sur le marché de Paris, sans doute avec des poissons expédiés de Hollande. Proportions : long, totale 0,22; tronc, haut. 0,026. Tête, long. 0,035. - Œil, diam. 0,0080, esp. préorbit. 0,010. D'après Valenciennes, les femelles commencent à avoir des œufs, mais encore fort petits, dès l'équinoxe du printemps; vers le milieu de mai ces œufs augmentent de volume et prennent delà mollesse et de la rougeur; ils s'allongent... Les fœtus sont disposés très-régulièrement dans le sac qui les contient, chacun dans son enveloppe particulière... Lorsqu'ils sont près de naître et que l'on ouvre leur mère, ils nagent promptement et avec rapidité. Leur nombre va quelquefois jusqu'à trois cents et au delà... Les Zoarcès mâles sont plus rares et plus petits que les femelles. (Cuv. et Valenc, t. XI, p. 463.) GENRE ANARRIIIQUE — jiNARRHICHAS. Corps beaucoup plus développé que dans les autres Blenniidés, allongé, couvert de très-petites écailles cachées sous l'épiderme. Tête forte; museau assez court; bouche bien fendue; dents coniques sur les intermaxillaires et le devant du maxillaire inférieur, dents plus ou moins tuberculeuses sur les côtés du maxillaire inférieur, sur les palatins elle vomer. Appareil branchial; ouïes largement ouvertes ; sept rayons branchio- stèges; fausses branchies. Nageoires; dorsale très-longue, à rayons simples; anale longue ; caudale libre, arrondie; pas de ventrales (l'absence de ventrales avait fait ranger par Linné, de Lacépède, etc., l'Anarrhique parmi les Apodes. Vessie natatoire nulle. — Appendices pyloriques manquant. Le genre Anarrhique est représenté par une seule espèce. ANARRHIQUE LOUP. 159 L'ANARRHIQUE LOUP — ANARRHICHAS LUPUS, Linn. Syn. : Anarrhichas lupus, Linn., p. 430, sp. 1 ; Bloch, pi. 74; CBp., Cat., n''G46; Gûnth., t. III, p. 308. L'ANARRHIQUE LOUP, Anarrlùchas lupus, Laccp., t. VII, p. 160 ; Cuv. et Valenc, t. XI, p. 473, pi. 3il, fig. 1, Régn. an. ilL, pi. 79, fig. 2. The Wolf-fish, Yarr., t. II, p. 384 ; Couch, t. II, p- 243. Long. : 0,80 à 1,50. De Lacépède qui exprimait dans un style élégant les concep- tions de sa brillante imagination, trop portée vers le merveilleux, a fait de l'Anarrhique une description que ne désavouerait pas un poëte, mais qui n'est pas suffisamment exacte pour un na- turaliste. Il donne à cet animal « jusqu'cà la longueur de cinq mètres », il le considère comme le « vrai loup de l'Océan ». L'Anarrhique a le corps allongé, comprimé, diminuant d'une façon régulière à partir des pectorales. La hauteur du corps, qui fait en avant le double de l'épaisseur et le triple en arrière, est contenue cinq fois à cinq fois et demie dans la longueur totale. La peau est épaisse, légèrement granuleuse, enduite d'une mucosité très-abondante cachant de petites écailles sous- épidermiques, arrondies, qui restent isolées les unes des autres. D'après Valenciennes les vertèbres sont au nombre de soixante- seize, 26 + 50. La tête est développée, à profil supérieur arrondi ; elle est d'un cinquième ou seulement d'un sixième moins haute que longue; sa longueur fait à peu près le cinquième de la longueur totale. La peau de la tête paraît complètement nue, elle montre autour de l'œil, sur les joues, sur les pièces operculaires, des pores assez nombreux disposés en séries. Le museau est arrondi, un peu saillant. La bouche est légèrement oblique, largement fendue, s'ouvrantau moins jusqu'au-dessous du bord postérieur de l'orbite; elle est pourvue de lèvres épaisses. La mâchoire supérieure est armée en avant de quatre grandes canines, fortes, coniques et crochues; sur un Anarrhique mesurant 0,79 de lon- gueur, ces canines ont 0,017, elles sont à peu près aussi grandes que le diamètre de l'œil ; entre les longues canines antérieures, il i60 BLENNIIDÉS. y a, sur le bord interne de chaque inlermaxillaire, une dent beau- coup moins développée; ces deux petites canines intermédiaires manquent souvent chez les sujets de grande taille, et il reste, sur le devant de la mâchoire, une espèce de brèche, un assez large espace complètement vide ; derrière ces canines, il existe une rangée interne de dents assez petites, au nombre de dix à douze, cette rangée se porte plus loin sur les côtés que la rangée anté- rieure; chez un Anarrhique de grande taille, je n'ai trouvé que trois dents sur chaque côté, deux fortes canines en avant et une plus courte en arrière, c'était la seule qui restât de la ran- gée interne. L'intermaxillaire est court ; le maxillaire supérieur est complètement caché sous les téguments. La valvule de la mâchoire supérieure est large en avant et se prolonge assez loin sur les côtés. Le vomer est garni d'une espèce de plaque oblon- gue, constituée par une série de grosses dents tuberculeuses et courtes, en forme de pavés, plus larges en arrière. Les dents palatines sont également sur deux rangées, elles sont fortes, coniques, parfois mousses et assez courtes. La mâchoire infé- rieure porte en avant une première rangée de six dents cro- chues, les dents du milieu sont moins longues que les autres, elles manquent assez souvent chez les vieux individus ; les autres dents sont aussi développées que celles de la mâchoire supé- rieure; la série interne est composée de quatre dents assez courtes; de chaque côté il y a une rangée, double en avant, simple en arrière, de dents grosses, fortes, correspondant aux dents palatines. Les dents ne sont pas enfoncées dans des al- véoles, mais elles sont portées sur des espèces de pédoncules osseux larges et courts, semblables à ceux qu'on trouve dans certains autres poissons ; ce mode d'implantation des dents ne paraît pas aussi rare que le suppose Valenciennes. Les dents pharyngiennes sont coniques. Comme la plupart des Blennies, l'Anarrhique a les yeux à peu près arrondis. L'iris est jaunâtre. Le diamètre de l'œil est compris environ sept fois et demie dans la longueur de la tète, il ne mesure pas tout à fait la moitié de Fespace préorbitaire. ANARRHIQUE LOUP. 161 il est (rua soptièiiie moins grand que l'espace interorbitaii'o. Les sous-orbitaircs sont cachés sons la peau. Des pores assez larges sont disposés en ligne régulière autour de l'œil. Les orifices des narines sont arrondis ; l'orifice postérieur est assez large, il est bordé d'un bourrelet de moyenne épaisseur, il est placé plus près de l'orbite que du bout du museau ; rorilice antérieur est plus étroit. La fente branchiale est grande ; les pièces operculaires sont peu distinctes^ l'angle postérieur de l'opercule est assez déve- loppé, il se porte près de la base de la pectorale. Les rayons branchiostèges sont au nombre de sept. Nous l'avons indiqué, des lignes de pores se montrent sur les joues et sur les pièces operculaires. Il n'y a pas de ligne latérale nettement marquée. La dorsale commence un peu en avant de la base des pecto- rales, elle Ya jusqu'à la racine de la caudale à laquelle elle est légèrement unie par sa membrane terminale ; elle occupe toute la longueur du dos; elle est régulière; sa plus grande hauteur fait un peu moins de la moitié de la hauteur du tronc ; elle compte environ soixante-quinze rayons, tous simples et flexibles; elle est d'une teinte gris-brunâtre avec des lignes noirâtres. L'a- nale commence vers la fin de la première moitié de la longueur totale, elle cesse un peu avant la dorsale, sa membrane n'atteint pas la base de la caudale ; elle est moitié moins haute que la dorsale ; elle est composée de trois espèces de rayons, le premier est simple, les trente-cinq ou trente-six qui suivent sont articulés, les neuf ou dix derniers sont légèrement branchus. La caudale arrondie fait le douzième de la longueur totale ;elle a un ou deux petits rayons en dessus et en dessous et quinze grands rayons bran- chus. Les pectorales sont arrondies, larges et longues, elles font le septième ou le huitième de la longueur totale; elles sont insérées par une large base sur le tiers inférieur de la hauteur du tronc ; elles sont composées de dix-neuf rayons. Les ven- trales manquent complètement. L'anale, la caudale et les pec- torales sont d'un gris brunâtre. 11. 11 d62 BLENNIIDÉS. Br. 7. — D. 7u; A. 46 ; C. 1 ou 2/lo/2 ou 1 ; P. 19. Le système de coloration est d'un gris jaunâtre ou Terdàtre avec des points brunâtres chez les jeunes ; la teinte est plus foncée chez les grands individus, le corps, marqué d'un poin- tillé noirâtre, porte huit à dix bandes brunâtres, assez larges, qui descendent verticalement de la région dorsale sur les côtés. Habitat. L'Anarrhique est un poisson des mers du Nord, il est tros-rare sur nos côtes. Il est péché quelquefois dans la Manche, Boulogne (Bouchard- Chantereaux) ; le Havre (Lennier). Delà Pylaiele cite parmi les poissons de l'Océan qu'il a ohservés en 1832-1833. Lemarié l'indique dans son Catalogue des Poissons de la Charente-Inférieure, etc. ; enfin, A. Lafont dit qu'un de ces animaux a été pris « en 1869, dans les parages d'Hourtins. » (A. Laf., Note pour servir à la Faune de la Gironde.) Ul. Darracq le mentionne dans son Catalogue des Poissons des environs de Bayonne. Proportions : long, totale, 0,79; tronc, haut. 0,Io9, épais. 0,067. Tête, long. 0,1 o5, haut. 0,130. — Œil, diam. 0,020, esp. préorbit. 0,050, esp. interorbit. 0,023. Les Blenniidés, excepté l'Anarrhique et le Zoarcès, qui semblent, pour ainsi dire, des égarés sur nos côtes, sont de taille peu développée; ils se tiennent près du rivage, dans les endroits rocailleux; ils sont excessivement voraces et font une chasse active aux autres animaux, crustacés, mollusques, etc. La plupart d'entre eux ont la vie très-dure, ils peuvent rester longtemps hors de l'eau sans périr. Ils se défendent avec vigueur contre les attaques de leurs ennemis; le nom de Mordocet, donné au Pholis, rappelle qu'il sait fort bien se servir de ses dents aiguës contre la main qui veut le saisir. Sur nos plages de l'Ouest, ces poissons ne sont pas recherchés, et pour se les procurer il est souvent nécessaire d'aller soi-même les prendre à marée basse; il n'en est pas de même sur les côtes de la Méditerranée. Dans certains endroits, à Cette par exemple, le Blennie paon, le Blennie papillon sont péchés en assez grande abondance et vendus pour la consommation. Le Blennie paon est souvent apporté vivant sur le marché; il peut être conservé très-longtemps dans un aquarium, il montre une parure si brillante, il a des mouvements si souples, si gracieux, qu'on ne se lasse guère de l'admirer. Il est inutile de rap- peler que la Cagnelte se trouve dans les eaux douces ; rarement j'ai vu le système de coloration subir des modifications aussi marquées, présenter des changements aussi rapides que chez ce Blennie, suivant la teinte du vase dans lequel on le place; ces phénomènes si curieux sont dus, nous le savons, à l'influence que subissent les chromatophores. CALLIONYMIDES. 163 Famille des Callmiymidés, Callionymidse . Bp. Corps allongé, déprimé, cunéiforme ; peau lisse et nue. Vertèbres au nombre d'une vingtaine. Anus avancé. Tête plus large que le corps, oblongue, triangulaire, aplatie ; bouche petite, horizontale; mâchoire supérieure très-protractile, plus longue et plus large que la mandibule; petites dents en velours ou en cardes très-fines aux deux mâchoires; palais lisse. Yeux très-rapprochés l'un de l'autre, plus ou moins tournés en haut, couvei'ts par la peau. Appareil branchial; ouverture des ouïes petite, arrondie ou ovale, placée vers la nuque, avec un repli de la peau faisant une espèce de valvule plus ou moins complète. Les pièces operculai'res ne sont pas distinctes, elles sont en grande partie enveloppées par la peau ; le préopercule envoie en arrière un prolongement osseux, espèce d'apophyse, d'éperon qui porte trois ou quatre pointes ou épines; trois de ces épines (quelquefois deux? CBp.) sont dirigées en haut, la dernière, quand elle existe, est tournée en avant, suivant l'axe du prolongement ou du bord inférieur du préopercule; c'est en raison de cette disposition du préopercule que C. Duméril a placé le genre Callio- nyme parmi les Trachinoïdes. Rayons branchiostèges au nombre de six. Fausses branchies. Ligne latérale droite, rapprochée du dos; le canal latéral (tube muqueux de certains auteurs) passe sous une série d'arcades très-étroites, formant à peu près les trois quarts d'un tube aplati ou plutôt des espèces de C. Nageoires; deux dorsales, la première avancée, à trois ou quatre rayons simples; la seconde dorsale et l'anale à rayons peu nombreux, pas plus d'une dizaine, articulés et simples, excepté le dernier qui est généralement divisé en deux ; caudale plus ou moins allongée, non échancrée ; ventrales jugu- laires, aussi ou plus développées que les pectorales, écartées l'une de l'autre, composées de cinq rayons mous et d'une petite épine. Vessie natatoire nulle. 11 y a souvent de grandes différences entre les mâles adultes elles jeunes mâles ou les femelles. Cette famille est formée d'un seul genre. GENRE CALLIONYME — CALLIONYMIIS, Linn. Caractères de la famille. Le genre Callionyme se compose de quatre espèces. 16i CALLIO.WMIDÉS. / / /nulles 1. C. LYRI-: l 9 ou 10 rayons, l i4 rayons.! Taches argentées / plus jî'' dorsale ■! sur le corps ) ou moins l " doi'sale à ( à i [nombreuses. 2. C. taciietk. \ ou 7 rayons 3. C. lacekt. 3 rayons .' 4. C. belè.xe. LE CALLIO.XYME LYRE — CALLIONYMUS LYRA, Linn. Mille adulte. Syn. : Calliowmus lyra, Linn., p. 4-33, sp. 1 ; Blocli, pi. IGl ;CBp., Cat.. n" Gi9 ; Gunth., t. m, p. 139; Canestr., Fn. Ital, p. 17f). DoucET ou Souris de mer, Duham., Pcdi., part. 2, sect. 5, p. 114, pi. 10, fig. 1. Le Callionyme lyre, Callionymus IjTa, Lacép., t. VII, p. 193; <;uv. et Valonc, t. XII, p. 206, Règ. mi. ill., pi. 82, fig. 1 ; Guichen., Expl. Alger., p. 78. The Gemmeous Drago.net, Yarr., t. II, p. 310. Yellow Skulpix, Couch, t. II, p. 173. N. Vulg. : Chiqueur et Chiqueux, Dieppe; Lavandière, Fécanip; Si\-de- niers, au Havre; Savary, Caen; Cornard, Bretagne; Savary, Uoucet, Poilou. Long. : 0,25 à 0,30. Ce beau poisson a le corps allongé ; la longueur fait douze à quatorze fois la hauteur et six à sept fois la largeur. L'anus est à peu près au milieu de la distance qui sépare le museau de la base de la caudale. La tète est oblongue^ triangulaire, aplatie, développée ; elle est beaucoup plus grande chez les adultes que chez les femelles et chez les jeunes mâles. Sa longueur est, chez les mâles adul- tes, comprise trois fois et demie dans la longueur totale, et quatre fois dans les mâles non adultes. Le museau est avancé. La bouche est plus ou moins ouverte, mais elle n'est jamais fendue jusqu'au-dessous du bord antérieur de l'orbite ; les lèvres sont minces, mais larges. La mâchoire supérieure est très-protractile, elle déborde la mâchoire inférieure; à l'état de rétraction, elle est en grande partie cachée par Jes sous-orbi- taires antérieurs et par la membrane qu'ils soutiennent. Les CALLIONYME LYRE. 165 dents, en cardes fines, nombreuses et serrées, forment une bande assez large sur chacune des mâchoires. La langue est très-mince, à bord libre, comme tranchant. Les proportions de l'œil varient suivant le développement des animaux. Chez les mâles adultes, le diamètre de l'œil est com- l)ris cinqfois et un tiers dans la longueur de la tête, il ne fait pas la moitié de l'espace préorbitaire; chez les mâles de grande taille, mais non encore adultes, il fait le cinquième de la longueur de la tète et un peu plus de la moitié de l'espace préorbitaire; dans les mâles de petite taille, ayant 0,06 à 0,07 de longueur, il mesure le quart de la longueur de la tète, il est à peine moins grand que l'espace préorbitaire. Quant à la narine, elle ne paraît avoir qu'un seul orifice, étroit, bordé d'un petit bourrelet placé sur le tiers ou le quart posté- rieur de l'espace préorbitaire. 11 est inutile de rappeler la disposition de l'ouverture bran- chiale. Le préopercule se termine par une espèce d'éperon armé de quatre pointes ainsi placées : il y a deux pointes diver- gentes tournées en haut, une pointe terminale ou postérieure dirigée un peu obliquement en haut; enfin une quatrième pointe partant du bord inférieur et externe du prolongement préoper- culaire, se porte en avant. L'éperon est de grandeur variable, mais il est toujours moins long que le diamètre de l'œil, surtout chez les adultes. La ligne latérale apparaît vers le bord supérieur de l'ori- fice branchial, s'incline légèrement, puis se continue directement jusqu'à la caudale. La première dorsale commence au-dessus de la base des pec- torales ; elle a quatre rayons. Le premier rayon est de longueur très-différente suivant le sexe ou le développement des animaux : chez les mâles adultes, il dépasse souvent en arrière les rayons de la seconde dorsale, il fait la moitié et plus de la longueur totale ; dans les mâles de grande taille, mais non encore adul- tes, il mesure le tiers de la longueur totale, il est beaucoup plus haut que la seconde dorsale; dans les tout jeunes mâles, il 1C6 CALLIONYMIDÉS. est Irès-coiirt, beaucoup plus Las que la seconde dorsale. Le deuxième rayon est plus ou moins développé, mais il est, chez les adultes, toujours beaucoup moins allongé que le premier. La seconde dorsale est rapprochée de la première ; elle occupe à peu près le quart de la longueur totale ; elle compte neuf rayons: chez les mâles adultes le dernier rayon, quand il est couché, atteint la base de la caudale, il est beaucoup plus allongé que les rayons antérieurs; dans les mâles non adultes les rayons sont à peu près égaux. Anale à peu près aussi longue, mais moins haute que la seconde dorsale, commençant et finissant plus en arrière; elle se compose de neuf rayons, le dernier rayon, chez les mâles adultes, est très-allongé, il va jusqu'à la caudale. La caudale est, on peut dire, coupée carrément, ses dix rayons sont presque tous égaux; elle est longue, sa longueur fait, chez les mâles non adultes, le cinquième de la longueur totale, un peu plus chez les adultes. Les pectorales sont larges, à rayons médians un peu plus allongés que les autres et dessinant une petite pointe ; leur longueur est comprise six fois et demie à sept fois dans la longueur totale; elles se composent de dix-neuf ou vingt rayons. Les ventrales sont très-larges, très-écartées Tune de l'autre ; elles sont insérées sur une ligne longitudinale, en avant des pecto- rales auxquelles elles sont unies par une petite membrane; l'é- pine est faible, mais les rayons mous sont très-développés ; beau- coup plus longs que ceux de la pectorale, ils mesurent le sixième de la longueur totale. D.4 — 9; A. 9; C. 10; P. 19 ou 20; V. I/o. La première doi'sale est de teinte orangée, elle porte à la base de larges taches lilas, à bordure sombre ou violette, et des bandes longitudinales de môme couleur dans les espaces intraradiaires ; la seconde dorsale est également orangée ou d'un gris jaunâtre assez pâle, avec trois ou quatre bandes longitudinales ou ran- gées de taches lilas à bordure violacée. L'anale est d'un blanc grisâtre vers la base, elle est noirâtre dans le reste de son éten- due. La caudale est noirâtre, marquée de taches sur les rayons CALLIONYME LYRE. 167 et les espaces intraradiaires. Les pectorales sont d'un gris très- pàle, elles ont les rayons jaunâtres. Les ventrales sont noirâtres avec des taches arrondies d'un lilas plus ou moins violacé. Le dessus du corps est d'un jaune orangé, orné de taches lilas, à bordure violacée, plus ou moins larges, assez longues, parfois confluentes ; chez quelques animaux, la teinte générale est lilas ou violet-clair avec des taches jaunâtres et brunâtres; le dessous du corps est blanc ou d'un gris très-clair. La tête elles pièces operculaires portent des taches lilas plus étroites, formant des lignes vers le museau; une tache violette ovale ou composée de deux ovales de grandeur différente, le plus petit ovale étant placé en arrière; une tache ovale, disons-nous, se remarque sur la région moyenne du crâne, parfois cette tache s'avance un peu dans l'espace interorbitaire ; elle est aussi très-marquée chez les jeunes, comme on peut le voir dans la figure donnée par Le- sueur. [Bull, scienc. Soc. philom., 1814, pi. I, fig. 17.) Femelle. Syn. : Doucet femelle, Duhani., Péch., part. 3, sect. 5, pi. 10, fig. 6. Callionymus dracunculus, Bloch, pi. 162, fig. 2. Le Callionyme dragoxneac, Callionymus dracunculus, Lacép., t. VII, p. 198; (C. di-agonnet), Cuv. et Valenc, t. XII, p. 274; Guicheii., E.cpl. Alger., p. 7Q. The Sordid DRAGOXET,Yarr., t. II, p. 315. Dlsky Skulpix, Couch, t. Il, p. 178. N. vulg. : Doucet, Sèche, Cherbourg; Dragon, Dragonnet, Poitou. Long. : 0,20 à 0,2o. Chez la femelle les proportions du corps sont à peu près les mêmes que chez le mâle adulte, mais les proportions de la tête sont différentes, La tête est plus courte dans la femelle, sa lon- gueur fait le quart de la longueur totale. Les yeux sont un peu plus grands que dans le mâle ; le dia- mètre de l'œil mesure le cinquième de la longueur de la tête et la moitié au moins de l'espace préorbitaire. Le premier rayon de la première dorsale ne fait guère que le dixième de la longueur totale, il est moins élevé que le premier rayon de la seconde dorsale ;. le dernier rayon de la seconde ifi8 CALLIONYMIDÉS. dorsale et le dernier de l'anale n'atteignent pas la caudale. Les deux derniers rayons de la première dorsale sont noirâ- tres, parfois même le second, il n'y a d'orangé que le premier espace intraradiaire. La coloration est moins brillante que dans le mâle, elle est jaunâtre avec des taches d'un lilas grisâtre ou plutôt brunâtre, quelquefois même d'une teinte noirâtre. Une tache ovale yiolette se montre, comme chez le mâle, sur le mi- lieu du crâne ; elle est parfois assez irréguliùre. Jeune. Syn. : Le Callionyme élégant, Callionymus elogans, Lesuour, Bulletin des sciences par la Société philomatique de Paris, 1814, p. 6, pi. 1, fig. 17. Le Callionyme de Lesueur, Callionymus Sueuiii, Cuv. et Valenc, t. XTI. p. 291. Long. : 0,0o à 0,07. Nous allons donner .seulement un extrait de la note insérée dans le Bulle- tin de la Société philomatique. « Ce poisson n'a guère plus de sept centimètres de lon- gueur. (( Il diffère particulièrement du C . Risso par le nombre des rayons de la première dorsale qui est ici de quatre, tandis qu'il n'est que de trois dans le premier poisson. » (C. Risso.) D. 4 — 9; A. 9; C. 10; P. 19; V. 6. « Son corps est agréablement varié de dessins ocellés, assez ré- guliers, d'une couleur blanchâtre sur un fond brun. » Lesueur, dans la tigure 17, a très-bien indiqué la tache qui se trouve sur la tète, en arrière des yeux. « M. Lesueur a trouvé ce Callionyme près du Havre, sur des fonds sableux. » (A. D.) Habitat. Manche, assez commun, Picardie; plus commun en Normandie ; le Havre, très-conunun aux mois de juin, juillet, août ; Cherbourg, commun ; assez commun, Bretagne. Océan, moins commun, Bretagne, baie d'Audierne; assez rare entrela Loire et la Gironde; golfe de Gascogne, Arcachon,Bayonne, assez rare. Méditerranée, très-rare ; grâce à l'obligeance d'un soigneux correspondant, je l'ai reçu plusieurs fois de Cette. Au mois de février 1870, trois magnifiques spécimens m'ont été-envoyés de Cette, trois mâles ; le plus CALL10^■VME TACHETÉ. 1G9 grand mesure près de 30 cenlimètres (0,299), les deux autres oui une taille à peine moindre (0,'28'2) ; ces Callionymes ont été pris à la péclie aux bœufs. Proportions: Mdle adulte; long, totale 0,280; tronc, haut. 0,020, larg. 0,0 iO. Tète, long. 0,080, haut. 0,02:i, larg. 0,052. — Œil, diam. 0,015, esp. préorhit. 0,030. — Éperon, long. 0,001». {^"^ dorsale, l'-^'' rayon, long. 0,148; 2*^ dorsale, 1" rayon, long. 0,037. der- nier rayon, long. 0,058. Mâle non adulte; long, totale 0.250 ; tronc, haut. 0,010, larg. 0,03 1-. Tête, long. 0,063, haut. 0,025, larg. 0,0i5. — Œil, diam. 0,013, esp. préor])it. 0,022. — Éperon, long. 0,007. 1^« dorsale, 1" rayon, long. 0,08i- ; 2^ dorsale, 1" rayon, long. 0,032, der- nier rayon, long. 0,032. Femelle; long, totale 0,230; tronc, haut. 0,019, larg. 0,030. Tète, long. 0,057, haut. 0,021, larg. 0,045. — Œil, diam. 0,011, esp. préorbit. 0,020. — Éperon, long. 0,006. !••'' dorsale, 1" rayon, long. 0,023; 2" dorsale, 1" rayon, long. 0,029, der- nier rayon, long. 0,030. Jeune (ou C. élégant, Les.); long, totale 0,064; tronc, haut. 0,0075, larg. 0,011. Tête, long. 0,017, haut. 0,007, larg. 0,013. — OEil, diam. 0,0047, esp. préorbit. 0,005. — Éperon, long. 0,00i. 1" dorsale, 1" rayon, long. 0,004; 2"^ dorsale, 1" rayon, long. 0,010, der- nier rayon, long. 0,010. LE CALLIÛNYME TACHETE CALLIONYMUS MACULATUS, Rafm. Syn. : Callioxymus dracuxculus, Brunn., Ic/dh. Mossil., p. 17, n" 28. Callionymus maculatus, Rafin., Ind. ittiol. sicil., p. 12, sp. ,3G ; CBp., Cat., n" G50, Fn. ital., fig., M. F.; Guntli., t. III, p. 144, excl. sj'ii. ; Canestr., Archiv. zooL, t. II, p. 110, pi. 1, fig. 2, Fn. Ital.. p. 178. Callionyme lyre, Callionymus Ijra, Riss., Ichth., p. 103, Hkt. nat., p. 202. Le Callionyme guitare, Callionymus citliara, Cuv. et Valonc, t. XII, p. 280. N. vulg. : Mouletto, Lambert, Nice, Riss. ; Moulette, Marseille, Briinn.; Lambert ou Limhert, Marseille, Adans., Valenc. ; Pinaou, Cette. Long. : l , 0,08 à 0,11 ; 9 , 0,06 à 0,08. Chez les mâles, la hauteur du tronc est contenue onze à treize fois dans la longueur totale, neuf fois et demie chez les femelles ; elle fait à peu près la moitié de la largeur. La tète est développée, sa longueur est comprise quatre fois et quart à cinq fois dans la longueur totale. Le museau est obtus, d70 CALLIONYMIDÉS. arrondi, il est relativement plus court que dans le Callionyme lyre. La bouche est assez grande ; la mâchoire supérieure se porte en arrière au delà du bord antérieur de l'orbite. Le diamètre de l'œil est égal à l'espace préorbitaire, il fait le quart au moins, parfois le tiers de la longueur de la tête. L'iris est d'un bleu foncé. Le prolongement du préopercule est muni de trois ou quatre pointes, moins développées que dans le Cal- lionyme lyre ; l'épine inférieure, à pointe dirigée en avant, manque parfois; l'éperon est beaucoup moins grand que le dia- mètre de l'œil, il n'en mesure guère que la moitié. La première dorsale a quatre rayons ; chez le màle^ le pre- mier rayon est très-mince et très-allongé, il fait les deux cin- quièmes de la longueur totale, le double des deux rayons suivants, qui sont plus hauts que le quatrième ; le premier rayon est alternativement brun et blanc vers son insertion, il est blanc dans le reste de son étendue, ainsi que les autres rayons. La seconde dorsale est très-développée ; c'est une espèce de large voile, soutenue par de grands rayons blancs, minces et flexi- bles ; les rayons de la seconde dorsale sont plus hauts que les trois derniers rayons de la première dorsale, ils font à peu près quatre fois la hauteur du corps. L'anale finit après la seconde dorsale, ses derniers rayons sont assez allongés, ils atteignent presque la caudale. Chez les femelles, la première dorsale est triangulaire, beaucoup moins haute que celle du mâle, sa hau- teur est à peu près égale à celle du tronc ; la seconde dorsale, qui n'est pas non plus bien développée, est cependant plus haute que la première ; ses derniers rayons, ainsi que ceux de l'anale, sont courts, ils ne vont pas jusqu'à la caudale. La seconde dor- sale a neuf ou dix rayons, l'anale en a huit ou neuf. La caudale est arrondie dans les deux sexes; sa longueur fait environ le cinquième de la longueur totale, parfois un peu moins, parfois un peu plus. Les pectorales sont assez larges, mais courtes ; elles ont seize rayons. Les ventrales sont d'un tiers plus longues que les pectorales, elles mesurent, comme la caudale, le cinquième environ de la longueur totale. CALLIONYME TACHETÉ. 171 D. i — 9 ou 10; A. 8 ou 9; G. 13 ; P. 16; V. 1/5. Les dorsales paraissent noirâtres quand elles sont couchées, mais quand elles sont relevées et étendues, elles sont magnifi- ques, surtout la seconde, chez les mâles; le fond est d'un gris pâle relevé par des taches noires et des taches d'un blanc lai- teux à milieu plus foncé, formant des espèces d'ocelles ovales dans les espaces intraradiaires. Chez les femelles, les dorsales sont pâles, marquées de taches noires et de quelques points nacrés. L'anale est grisâtre, bordée de noir, elle a les rayons noirâtres, parfois sa membrane est complètement brune. La caudale est d'un jaune excessivement pâle avec des points nacrés et du brun sur le bord des rayons. Les pectorales sont pâles, elles por- tent des taches jaunâtres figurant des espèces de bandes. Les ventrales sont d'un jaune pâle à la base et d'un gris brunâtre à l'extrémité des rayons. La tête est d'un jaune clair, elle est teintée d'un blanc lai- teux sur les côtés et marquée d'un pointillé noirâtre excessive- ment fin sur le museau, sur les joues et les pièces operculaires ; l'espace préorbitaire et la nuque sont d'un rouge lilas. Le corps est en dessus d'un jaune verdâtre fort pâle, parfois grisâtre avec des nuages jaunâtres plus foncés et un pointillé noirâtre très- fin ; sur les côtés, il y a quelques taches brunes, petites, arron- dies, et deux rangées longitudinales de taches nacrées ou plutôt d'un blanc laiteux ; les taches de la bande supérieure sont plus petites, celles de la bande inférieure sont ovales, au nombre de dix ou onze, parfois les taches nacrées sont dispersées sans ordre régulier. Le dessous du corps est d'un blanc rosé très- pâle. Habitat, MéditeiTanée, assez rare à Nice; assez commun à Marseille et à Cette. Il n'a pus encore été signalé sur nos côtés de l'Océan. Proportions : J, long, totale 0,083; tronc, haut. 0,007, larg. 0,013. Tète, long. 0,017, haut. 0,008, larg. 0,014. — Œil, diam. 0,000, esp. préorbit. 0,00G. — Éperon, long. 0,003. l'^ dorsale, 1" rayon, long. 0,032; 2= dorsale, 1" rayon, long. 0,02o, der- nier rayon, long. 0,012. 172 CALLIONYMIDÉS. LE CALLIONYME LACERT — CALLIONYMUS DRACUNCULVS. Fig. 90. Syn. : Dr Lacert, Dracunculus, Rondel., liv. X, c. xi, p. 3il. Dracunculus, Gesiier, p. 92 ; Willugli., p. 130, pi. 'H, G, fig. -3. COTTUS PINNA SECUNDA DORSI ALBA, Artcd., Syil., p. 77, Sp. 4. Callionymus festivus, Pallas, Zoograph. Rosso-Asiat., t. III, p. 146; Nordmann, Faime pontique, Doniidoff, Voijag. Russie méridion., t. III, p. 443, pi. 15 (màlc adulte et mâle jeune); Gunth., t. III, p. IH. Calltonymus PusiLLi'S, Callion3Tno nain, Delaroche, Ann. Muséum, ISOO, t. XIII, p. 330, Mém., p. 44, fig. 10 ; C. petit, Riss., Hist. nat., p. 2G4. Callionymis admirabilis, Callionyme admirable, Riss., Hist. nat., p. 2C4, fig. 11. Le Callionyme lacert, Callionymus lacerta, Cuv. et Valenc, t. XII, p. 2.S(! ; Gulchcn., E.rpl. Alger., p. 7U. Callionymus DR.\cuNCULis.CBp., Cat., n° 661, Fn. ital., M. et F. ; Canestr., Fn. Ital.,. p. 178. N. vulg. : Lambert, Nice. Long. : 0,009 à 0,011, très-rarement 0,14 ; RE BAUDROIE. — LOPIIIUS, x^rted. Caractères delà famille. Le genre Baudroie ne comprend que deux espèces : faisant moitié de la distance qui la sépare de la pointe supérieure du coracoïdieii I . B. commune. Epine coracoïdienne I égale à la distance qui la sépare de la pointe supérieure du coracoï- dien 2. B. buuegassa. 180 LOPIIITDÉS. LA BAUDROIE COMMUEE— LOP El US PISCATORIUS.Uim. Rana marina, BolL, p. 85-8S. De la Galanga, Rondel., liv. XII, c. xix, p. 288. Rana piscatrix, Willugh., p. 85, pi. E, 1. LoPHius piscATORius, Linii., p. 402, sp. 1 ; Bloch, pi. 87 ; CBp., Cnt., n" 655, Fn. ital., fig. ; Giinth., t. III, p. 179; Canestr., Fn. Ital, p. 151. De la Grenouille pècheise, Duliam., Péch., part. 2, scct. 9, p. 29 i, pi. 18. La Lophie baudroie, Lopliius piscatorius, Lacép., t. VI, p. Cl. Baudroie pécheresse, Batrachus piscatorius, Riss., Ic/ith., p. 47. LoPHius piscatorius. Baudroie commune, Riss., Hist. nat., p. 170. La Baudroie commune, Lophius piscatorius, Cuv. et Valonc, t. XII, p. 344, pi. 302, Règ. an. ilL, pi. 84. The Angler, Yarr., t. II, p. 388; Couch, t. II, p. 204. N. vulg. : Boudraie, Nice; Baoiidroï, Cette; Crapaud, Arcachon; Bau- dreuille,île deRé ;Marache, Loire-Inférieure, Vendée; Cabot-vorage, Vendée; Madeleine, Diable, Ange, Cherbourg ; Baudreuil et Vaudreuil, Seine-Infé- rieure ; Diable de mer, Crapaud de mer, Grenouille pêcheuse, Pesche- teau. Long. : 0,70 à 1,50 et même 2,00. C'est un animal des plus singuliers que la Baudroie ; sa con- formation, ses habitudes, ses instincts ont fait naître des compa- raisons, souvent extraordinaires, dans l'imagination des pêcheurs, qui lui ont donné les dénominations les plus pittoresques. Ainsi que le dit Rondelet, dans son naïf langage, ce poisson semble n'être autre chose que tête et queue, il a quelque ressemblance avec les têtards de grenouilles. La partie antérieure de l'animal est très-large^ déprimée, en forme de palette ; le corps se ré- trécit d'une manière très-sensible après les pectorales. Les pro- portions exactes sont assez difficiles à indiquer; chez les sujets d'assez petite taille, la hauteur du tronc est contenue une di- zaine de fois dans la longueur totale. Sur les parties latérales du corps se détachent des lambeaux, ou plutôt des appendices cutanés, plus nombreux et plus ciliés que dans la Budegassa. Le nombre des vertèbres est de trente ou trente et une. La tête est excessivement large, aplatie, déprimée dans sa partie moyenne, concave depuis l'occipital jusqu'à la base du se- cond tentacule; elle porte en dessus quelques épines assez courtes, et deux ou plus souvent trois tentacules libres, allongés, BAUDROIE COMMUNE. 181 très-mobiles, qui sont des rayons détachés de la première dor- sale. Sur la mâchoire inférieure et sur les côtés de la tète se trouvent de nombreux barbillons ou mieux des appendices cu- tanés. Le museau est large, court. La bouche est énorme, la distance d'une commissure à l'autre fait les trois quarts de la plus grande largeur de la tète; les dents qui garnissent les mâ- choires sont toutes mobiles chez les jeunes individus. La mâ- choire supérieure est beaucoup plus courte que la mandibule. L'intermaxillaire présente en avant et en haut une pointe ou plutôt un tubercule mousse; il est armé de dents coniques, crochues, à pointe tournée en arrière, placées sur deux rangées; la rangée externe est beaucoup plus longue que la rangée in- terne, elle occupe presque tout le bord de l'intermaxillaire, les dents de cette rangée diminuent, d'une façon régulière et peu sensible, d'avant en arrière ; la seconde rangée est placée sur le bord interne de l'intermaxillaire dont elle ne garnit pas môme la moitié de la longueur, elle finit un peu en arrière de l'angle externe du vomer; les dents les plus fortes de cette rangée sont, d'avant en arrière, la 3% la 4° et la 5% puis les autres vont en s'amoindrissant, elles sont toutes très-pointues, légèrement cro- chues, à pointe tournée en arrière, elles restent toujours mo- biles, même chez les vieux individus, tandis que les dents de la rangée externe sont plus ou moins soudées, excepté, nous l'avons dit, chez les jeunes sujets; les dents sous une faible pression se renversent à l'intérieur de la bouche, aussitôt que l'effort cesse, elles se redressent au moyen d'un mécanisme ex- cessivement simple, elles portent, à la partie interne de leur base, une espèce de ligament élastique qui fait l'office d'un ressort. Sur le bord interne de la mâchoire inférieure s'attache une membrane, qui s'étend aussi loin en arrière que la rangée de dents ; elle est haute en avant, de môme teinte que la peau, gri- sâtre avec des taches noires ; cette membrane paraît jouer un double rôle, elle semble tout à la fois protéger la muqueuse buccale lorsque les dents s'abaissent et fermer la bouche lors du 182 LOPHIIDÉS. passage de l'eau par les fentes intrabraneliiales. La mandibule est avancée, elle présente, comme l'autre mâchoire, deux rangées de dents coniques, crochues ; les dents de la rangée externe sont plus courtes que les autres, les dents de la rangée interne sont longues, très-mobiles, elles se renversent en dedans. L'articu- laire est armée d'une épine à pointe dirigée en dehors et en avant. Le chevron du vomer est large, lisse en avant, il porte seulement, sur chacun de ses angles latéraux, une, deux, rare- ment trois petites dents coniques. Les palatins ont une rangée de sept ou huit dents, quelquefois dix ; la dent antérieure est ordinairement la plus forte; les palatins sont munis, en avant et en haut, de deux pointes épineuses qui limitent, avec le pé- doncule de ]a narine, une espèce de petit triangle isocèle. Les yeux sont placés sur le dessus de la tète, dans un plan à peu près horizontal; ils manquent de paupières. Leurs propor- tions, très-variables, ne peuvent guère être indiquées; dans un jeune animal, le diamètre de l'œil est compris quatre fois et un tiers dans la longueur de la tête. Le sourcil est épineux; à l'an- gle postérieur et supérieur de l'orbite s'élève un tubercule qui se bifurque et forme deux épines ; sur le bord supérieur de l'or- bite se trouve une éminence assez mince, échancrée dans son milieu et donnant naissance à deux épines, l'épine postérieure est un peu plus longue et plus pointue que l'autre; en avant de cette éminence est une crête assez large, rugueuse, qui va jus- qu'au niveau du second tentacule. Un peu en dedans des épines du palatin, assez près du bout du museau par conséquent, sont placées les narines; l'organe olfactif est porté sur un pédoncule légèrement renflé avant son extrémité libre, qui est percée de deux petits orifices. L'ouverture de l'ouïe est très-reculée, elle est située au-des- sous de la pectorale, elle se prolonge même en arrière au delà de l'articulation de la nageoire ; elle est très-éloignée de celle du côté opposé. L'os hyoïde, ou plutôt le premier segment hyoï- dien, présente la même conformation que dans les autres Cho- rignathes, il porte six rayons branchiostèges excessivement BAUDROIE COMMUNE. 183 allongés, quelques-uns do ces rayons dépassent l'inserlion de la pectorale. Les arcs branchiaux ne sont garnis sur leur côté in- terne ni de tubercules dentieulés, ni d'appendices lamelliformes, ils sont complètement lisses ; les trois premiers arcs seulement portent des lamelles respiratoires; le quatrième arc est nu, il laisse, entre lui et le précédent, une fente très-allongée, facile à voir, bien que la disposition anatomique n'ait pas été recon- nue par quelques auteurs; cette fente doit exister, puisque le troisième arc branchial est pourvu d'une double série de la- melles respiratoires. La chaîne des osselets médians manque entièrement; il n'y a ni os lingual, ni os sous-hyoïdien; de l'absence de ces diverses pièces, il résulte que les fentes intra- branchiales commencent cà peu près sur la même ligne et que les os pharyngiens inférieurs sont portés très en avant. Le qua- trième arc branchial se prolonge antérieurement beaucoup plus loin que les autres, il suit le bord externe de l'os pharyngien in- férieur et vient, en avant de l'angle des pharyngiens inférieurs, se réunir à celui du côté opposé au moyen d'un ligament très- solide. Les pharyngiens inférieurs sont fort développés, ils pré- sentent la figure d'un triangle très-allongé à côté externe légè- rement courbe ; ils ont, sur la moitié antérieure de leur bord interne et de leur bord externe, une rangée plus ou moins régu- lière de dents fortes, crochues, à pointe dirigée en arrière. Les pharyngiens supérieurs sont munis de dents alignées d'une façon plus ou moins symétrique, celui du milieu montre, dans les jeunes animaux, trois rangées de dents, qui sont mobiles, cro- chues, à pointe dirigée en arrière. Certaines pièces operculaires ont subi de singulières modifi- cations. L'opercule n'est constitué, pour ainsi dire, que par une tige osseuse allongée, aplatie en dedans, à face externe relevée par une arcte^ qui lui donne l'apparence d'une lame triangu- laire, terminée en bas par une pointe aiguë ; vers le haut de son bord postérieur, l'opercule porte une petite apophyse pointue ou plutct une épine dirigée en bas et en arrière, à laquelle se fixe un ligament, qui vient, en suivant le môme sens, se perdre 184 LOPIIIIDÉS. dans Taponévrose formant la paroi externe de la chambre bran- chiale. Le sous-opercule est composé de deux parties; sa bran- che ascendante, espèce d'apophyse à direction oblique de bas en haut et de dehors en dedans, est une lame mince, étroite, collée, sur une certaine étendue, au côté interne de l'opercule qu'elle dépasse en avant; le corps du sous-opercule, ou sa partie horizontale et élargie, présente, à la région antérieure, deux épines saillantes, l'une qui se porte tout à fait en dehors et en haut, un peu en avant de la pointe inférieure de l'opercule, l'autre, qui continue le bord inférieur du sous-opercule, va d'ar- rière en avant; elle est crochue, à pointe légèrement relevée. Au-dessus de cette dernière épine s'en trouve une troisième, qui ne fait pas saillie au dehors, mais donne insertion à un ligament. La partie postérieure du préopercule se divise en une vingtaine de rayons allongés, qui forment éventail et soutiennent la paroi externe de la chambre branchiale. L'interopercule est à peu près triangulaire; son bord antérieur est, en grande partie, ca- ché par le préopercule; de son angle postérieur part une épine crochue, dirigée en dehors et un peu en avant. Le préoperculc est assez étroit, allongé, triangulaire, son bord antérieur est une crête mince et saillante. Selon Valenciennes, l'arête du préo- percule porte deux épines vers le bas, c'est une erreur; ces deux épines sont placées sur le bord externe de l'hypotympanique ; l'une^ la plus forte, est à la partie inférieure de l'os, vers son articulation avec la mâchoire inférieure, elle est séparée de l'autre épine par une échancrure assez large; la seconde épine est à peu près sur le milieu du bord externe de l'hypotympani- que, elle est dirigée en dehors et en haut. Dans la Baudroie, la première dorsale présente une disposi- tion particulière, sa partie antérieure, qui est insérée sur la tête, est destinée à remplir des fonctions nouvelles, sa partie reculée, qui est en rapport avec la colonne vertébrale, conserve l'appa- rence et continue l'office d'une véritable nageoire. La portion céphalique de la dorsale est composée de trois rayons isolés, qui ont été nommés filets pêcheurs et ont été décrits avec détail par BAUDROIE COMMUNE. 185 Bailly {Aiiti. se. nat.^ 182i, t. II, p. 323). Les deux premiers rayons sont très-avancés, ils sont articulés sur une pièce osseuse impaire que Bailly appelle y; or ^e-/?/ & '. : -^1 - rt ^ o 1=^ o o 2 o ^ s :^ ^ 3 £o o -J^ ^■^ 3 Si '. ^ Ph & ^ > 3 3 c2 ;;7^ o •rH o :3 o ^ ;:: o ^ 60 — c« o ^ S 2 ca t/2 rt c ^ "ë '^ S =^ 6h T3 ?5 « G .5" "S a — o ^ ^ - S :i O S t^ « .~ O m ■ ^ c •V o o — ' c; O O sjnaijojui suoiSii\jr!Hj -Ginojodoajd oi od\B 8|noiiJi! iiou OJUîliqao-snos -sinu 192 GOBIIDÉS. Famille des Gobiidés, Gobiidie. Corps allongé, écailleux. Tête continuant la ligne du dos; mâchoires garnies de dents; langue et palais lisses. Appareil branchial ; pièces operculaires lisses; quatre ou cinq rayons branchiostèges. Fausses branchies. Nageoires; deux dorsales: ventrales soudées et formant ventouse. La famille des Gobiidés se compose de deux g:enres : l sur plusieurs rangées 1 . Gobie. sur une seule rangée 2. Aphye., Dents des mâchoires GENRE GOBIE — GOBI US, Arted. Corps allongé, arrondi, couvert d'écaillés ordinairement cténoïdes et à une seule rangée d'épines; les écailles qui sont placées sous la gorge sont plus petites que les autres et souvent non ciliées. Vertèbres au nombre de vingt-six à vingt-huit 10 à 12 -)-. Tête plus ou moins allongée, généralement plus longue que la hauteur du corps, ayant sur la nuque des écailles excessivement petites et peu ou point ciliées ; joues plus ou moins renflées; bouche légèrement oblique ; mandibule ordinairement avancée ; mâchoires à dents en velours ou en cardes, souvent plus fortes sur la rangée externe; langue en général bien développée. Des pores arrondis se voient assez fi^équemment sur la tête et les pièces operculaires, ils sont disposés en lignes plus ou moins régulières. Yeux de grandeur variable, rapprochés du profil supérieur de la tête ; espace interorbitaire étroit. Narines à deux orifices. Appareil branchial ; fente des ouïes généralement de moyenne gran- deur, presque verticale; membrane branchiostège attachée à llsthme de la gorge qui est parfois plus large que la fente branchiale. Ligne latérale peu marquée ou nulle. Nageoires ; première dorsale à rayons simples, flexibles, peu nombreux, cinq à sept, six dans la plupart de nos espèces; seconde dorsale avec un rayon simple et des rayons mçus dont le nombre varie de neuf à seize. Vessie natatoire très-rare (existe chez le Gobie à gouttelettes). — Ap- pendices pyloriques manquant. Papille: en arrière de l'anus se trouve généralement un appendice en forme de papille plus ou moins allongée, légèrement conique. Ce genre se divise en espèces assez nombreuses : GOBIIDÉS. 193 o o ^w O O W H H ^ ^ ^ 1^ H-) a 'j: 'O o ;o co l^ oo O' ~' -T- .•^î O <:J Z » (a o ci ci ci ;-5 CO 1^' xi ^ S ^ o 2 * . 173. Le Gobik JOZO, Gobius Jozo, Lacôp., t. VIII, p. 14 ; Riss., Ichth., p. 169^ HUt. nat., p. 280. GoBiE NÉBULEUX, Goblus nebulosus, Riss., Ichth., p. 161, Hist. nat., p. 281. Le Gobie a haute dorsale, Gobius jozo, Cuv. et Valenc, t. XII, p. 35. N. vulg. : Gobou variât, Nice ; Nigra, Gobi, Cette. Long. : 0,12 à 0,13 et même 0,15. Ce Gobie présente certaines variétés, qui ont été décrites comme des espèces particulières ; il est de forme allongée et plus ou moins arrondie. La hauteur du tronc, qui est d'un tiers plus grande que l'épaisseur, est comprise six fois à six fois et un tiers dans la longueur totale. Le corps est couvert de larges écailles pentagonales dont le bord libre est garni de spinules très-fines. Le nombre des vertèbres est de vingt-sept, 10 + 17. A peine moins haute que large, la tôle est allongée, sa lon- gueur est contenue quatre fois et un quart ix quatre fois et demie dans la longueur totale. Le museau est court, arrondi. La bou- che, qui est protractile, montre une fente oblique ; la mâchoire supérieure est un peu moins avancée que la mandibule, elles GOBIE JOZO. 193 sont garnies l'une et l'autre de petites dents en cardes ; les dents qui forment la rangée externe sont les plus fortes. Différentes séries de points ou de pores se voient sur la tète, elles sont dis- posées d'une façon assez régulière ; il y a cinq ou six lignes qui descendent Yerticalement du bord inférieur de l'orbite et deux lignes horizontales sur la joue ; d'autres lignes existent sur la nuque, sur l'espace qui précède la première dorsale, sur les pièces operculaires et vers la base de la pectorale. Chez les femelles, les yeux paraissent un peu plus grands que chez les mâles; ils sont ovales. Le diamètre longitudinal de Foeil, qui nous sert de terme de comparaison à moins d'indica- tions contraires, est compris quatre fois et quart à cinq fois dans la longueur de la tête, il est à peine moins grand que l'espace préorbitaire, il fait le double, ou peu s'en faut, de l'espace inter- orbitaire. L'iris est d'un gris jaunâtre. La fente branchiale est assez grande. La ligne latérale est peu ou pas marquée. Il y a une quaran- taine d'écaillés dans la ligne longitudinale et onze dans la ligne transversale ; toutefois, Canestrini en indique une ou deux de moins. Ecailles, lign. longit., 39 à 41, lign. transv., 11. Suivant l'âge, suivant le sexe, la première dorsale montre de très-grandes différences dans son développement. Chez les mâles adultes, elle est très-haute, à rayons inégaux, les 3% 4^ et 5^ rayons, beaucoup plus grands que les autres, s'allongent en fila- ments minces et flexibles, de teinte noirâtre, ils sont sensiblement plus longs que la tête, ils font le double de la hauteur du corps ; chez les femelles, chez les mâles non encore adultes, les rayons médians (2% 3% 4% 5^) sont plus développés que les au- tres, ils sont crinoïdes, comme chez les mâles, et libres dans la moitié de leur hauteur, mais ils sont moins longs que la tête, ils sont à peu près égaux à la hauteur du tronc. La membrane intra- radiaire est grisâtre, avec des bandes longitudinales d'un brun assez foncé, les filaments des rayons sont noirâtres. La seconde dorsale est assez haute, dans les mâles adultes, elle est égale, ou peu s'en manque, à la hauteur du tronc; elle est d'un quart 196 GOBIIDÉS. moins haute chez les femelles ; quand elle est couchée, la pointe de ses derniers rayons atteint la base de la caudale ; elle a un rayon simple et douze rayons mous; elle est d'un gris plus ou moins pâle tirant sur le jaune dans les jeunes et dans les fe- melles, elle est plus foncée chez les màlcs adultes, elle est bordée de noir. Il est inutile de faire observer que dans les jeunes Go- bies ayant une taille de O'^jOS à 0'°,06, la première dorsale n'est pas plus haute que la seconde, parfois môme, elle est moins haute ; les rayons médians ne sont pas crinoïdes, ils dépassent à peine la membrane qui est d'un gris pâle avec des taches brunes disposées en bandes et une espèce de petite bordure soit acajou, soit marron. L'anale est assez longue ; elle est grisâtre, bordée de noir, elle compte douze rayons, la pointe de ses derniers rayons arrive à la base de la caudale. La caudale est arrondie, brunâtre, sa longueur est comprise environ six fois dans la lon- gueur totale. Les pectorales sont bien développées, elles mesurent le cinquième de la longueur totale, elles sont grisâtres à leur base, brunâtres dans le reste de leur étendue ; les deux ou trois, parfois les quatre rayons supérieurs sont crinoïdes. Les ven- trales sont moins longues que les pectorales, elles font le sixième à peu près de la longueur totale, elles sont d'un gris brunâtre ; leur membrane antérieure est basse. Le tronçon de la queue est m.oins long que dans le Gobie à longs rayons ; la distance qui sépare la base de la seconde dorsale de l'insertion de la caudale €st à peine plus grande que la hauteur du tronçon de la queue. D. 6— 1/12; A. 1/11 ; G. loou 16; P. lo à 17; V. I/o. Le système de coloration est foncé, il est grisâtre lavé de noir avec des taches noires le long des flancs ; la teinte générale est plus pâle dans les femelles et chez les jeunes qui sont d'un gris jaunâtre marqué de taches d'un brun très-foncé. Var. Le Gobie à longs rayons. Syn. : Gobius longiradiatls, Gobie à longs rayons, Riss., lUst. nat., p. 28G ; Cuv. et Valenc, t. XII, p. :58. Gobius longiuadia'wjs, CBp., Cat., n° jll. GOBIE JOZO. 197 N. vulg. : Gobou, Mce. Dans le Gobic à longs rayons, le corps est plus allongé, la hauteur du tronc ne fait que le septième de la longueur totale. Le nombre des yertèbres est de "vingt-huit lO-f-18; c'est, du moins, ce que j'ai constaté. Le diamètre de l'œil fait le quart delà longueur de la tète et parfois plus. Je compte dans la ligne longitudinale trente-six à quarante écailles, et douze dans la ligne transversale. Ecailles, lig-. long;., 36 à 40, lig. transv., 12. La première dorsale est teintée de vert, de bleu, elle est bor- dée de noir, elle porte le plus souvent une tache noire dans le premier espace intraradiaire ; le quatrième rayon paraît ordi- nairement plus allongé que le troisième et que le cinquième. La seconde dorsale compte douze ou treize rayons; en général, quand elle est couchée, elle n'atteint pas, avec l'extrémité de ses derniers rayons, la base de la caudale; elle est, ainsi que l'a- nale, grisâtre, bordée de noir. Les pectorales sont d'un gris bru- nâtre ; elles semblent un peu plus pointues que dans le Jozo ; elles n'ont que deux ou trois rayons à peu près crinoïdes. La membrane antérieure des ventrales est basse. Le tronçon de la queue est plus long- que dans le Jozo, sa hauteur ne fait que les deux tiers, et souvent même pas, de la distance qui sépare la base de la seconde dorsale de l'insertion de la caudale. D. 6 — 1/11 ou 12; A. 1/11 ; G. i;i;P. lo; V. I/o, La coloration est un gris jaunâtre lavé de brun, moins foncé que dans le Jozo. D'après Risso, quelquefois le vert domine toutes les autres couleurs sur des individus plus petits, et c'est alors le Gohius t7Wf//.s cité par M. Oiio {^i^%.,Hist nat., p. 287). Habitat. Le Jozo ne paraît pas habiter la Manche, je ne l'ai jamais vu dans ces parages. Il est très-rare dans l'Océan au nord de la Loire ; il est assez commun sur la côte du I^oitou ; il est abondant à Noirmouticrs (juillet, août), c'est mC'me le seul Gobic que j'aie trouvé dans les explorations que j'ai faites sur les plages de cette île ; il est assez commun dans tout le golfe 198 GOBIIDES. Gascogne, Arcachon. Il est aussi assez commun dans la Méditerranée, Port-Yendrcs, Cette (mer, étang de Thau), Marseille, Mec. Le Gobie à longs rayons n'est en aucune façon la remelle du Jozo, comme semble le supposer Valenciennes, et la preuve c'est qu'il ne se rencontre pas dans l'Océan ; il se trouve seulement dans la Méditerranée, il est assez commun à Cette, Nice. Proportions : G. jozo, cf ; long, totale, 0,12G; tronc, haut. 0,0'20. Tête, long. 0,029. —Œil, diam. 0,00G; csp. préorbit. 0,007, esp. interorbit. 0,003, !>■<= dorsale, haut. 0,041 ; 2° dorsale, haut. 0,019. LE GOBIE GOLONIEN — GOBIUS COLONIANUS, Riss. Syn. : Godius Colonianus, Riss., llist. nat., p. 285; CBp., Cat., n" .572; Gûnth., t. III, p. 59; Caiiestr., Fn. liai., p. 173. Le Gobie Coulon, Gobius Colonianus, Cuv. et Valenc, t. XII, p. 51, pi. 31.j. Long. : 0,0G à 0,07 Un petit Gobie que sa première dorsale fait reconnaître faci- lement, a été dédié par Risso à Coiilon, naturaliste de Neuf- châlel. Le corps est allongé, sa hauteur est comprise environ six: fois dans la longueur totale. La peau est couverte de très-petites écailles. La te te est un peu plus haute que large, elle est longue ; sa longueur fait le quart de la longueur totale. Le museau est court, et la bouche assez grande; la mandibule est beaucoup plus avancée que la mâchoire' supérieure, elles sont l'une et l'autre garnies de petites dents aiguës. Le diamètre de l'œil fait le cinquième de la longueur de la tête, il est sensiblement égal à l'espace préorbitaire. Dans ce Gobie, la première dorsale est très-élevée, beaucoup plus haute que le tronc, elle fait à peu près le double de la se- conde dorsale, mais elle est d'une hauteur uniforme ou plutôt régulière. Ses rayons légèrement courbes et dirigés en arrière, forment un brillant panache à fond jaunâtre, teinté de bleu, parcouru par des bandes transversales blanchâtres ; le dernier espace intraradiaire porte, à son tiers supérieur, un ocelle ovale, GOBIE COLONIEN. 199 noirâtre, cercle de blanc. La seconde dorsale est, nous l'avons dit, moitié moins haute que la première ; chez les animaux con- servés, elle est d'un jaune pâle tirant sur le gris ; comme l'anale, elle a un rayon simple et dix rayons mous. La caudale est ar- rondie. Les pectorales, bien développées, mesurent à peu près le cinquième de la longueur totale ; d'après la plupart des auteurs, elles manquent de rayons crinoïdes, il y a cependant, au moins dans les animaux que j'ai examinés, à la partie supérieure de la nageoire un ou deux rayons très-fins, ondulés, isolés. Les ven- trales sont longues, mais elles dépassent à peine la pointe des pectorales, elles arrivent au niveau de l'anus. La caudale et les nageoires paires sont d'un jaune grisâtre. D. G ou 7 — 1/10; A. 1/10. La première dorsale, d'après Valenciennes,n'a que six rayons; c'est aussi le nombre que j'ai trouvé, Risso en indique sept. Suivant Risso, le système de coloration, chez les animaux vi- vants, est d'un blanc translucide mêlé de jaune, avec un nombre infini de petits points noirs qui, par leur réunion symétrique, font des espèces de bandes circulaires. Les Gobies que j'ai étu- diés, sont d'un brun rougeâtre parsemé de petits points noirs qui se groupent sur les flancs et forment des taches mal définies. Habitat. Méditerranée, Nice, assez rare. M. Doûniet indique le Colonicn comme étant commun à Cette, mais ne le confond-il pas avec le Gol)ie à longs rayons qu'il ne cite pas, il me semble, dans son Catalogue ? Quant à moi, je l'avoue, je n'ai pas encore pu, à Cette, me procurer le Gobie Colo- nien, et cependant j'ai pris soin de le chercher et de le faire chercher; en revanche, j'ai souvent trouvé le Gobie à longs rayons parmi les poissons venant soit de la mer, soit de l'étang de Thau. Proportions : long, totale, 0,061 ; tronc, haut. 0,010. Tète, long. 0,015. 1'''= dorsale, haut. 0,018 ; 2° dorsale, haut. 0,0j9.. 200 GOBIIDÉS. LE GOBIE LOTE — GODIUS LOT A, Valenc. ^^^^4^^è^^^î^^ Fig. 101. Syn. : Le Gobie lote, Gobius Iota, Cuv. et Valenc, t. XII, p. 27. GoBius LOTA, CBp., Cat., n" 581 ; Canestr., F??. Ital., p. 170. Gobius ophiocephalus, ex Pallas, Gïmtli., t. III, p. 54. Long. : 0,14 à 0,18. Très-probablement cette espèce est celle qui a été décrite, pour la première fois, par le savant Pallas, sous le nom de G. ophiocephalus, nom que Ratlike, Nordmann, Gûnther, ont cru devoir conserver. Le corps est arrondi en avant, légèrement comprimé en ar- rière, il est allongé ; la longueur totale fait cinq fois et demie à six fois la hauteur du tronc qui l'emporte d'un tiers sur l'épais- seur. La peau est couverte d'écaillés de moyenne grandeur. La tête est forte, elle est d'un cinquième et parfois d'un quart plus haute que large; sa longueur est comprise quatre fois a quatre fois et demie dans la longueur totale. Le museau est assez court, gros, arrondi. La bouche est fendue jusqu'à l'aplomb du bord antérieur de l'orbite, elle est pourvue de lèvres assez épaisses ; la mâchoire supérieure est sensiblement plus courte que la mandibule ; les dents, en cardes fines, couvrent un espace assez large sur le devant de la mâchoire inférieure ; les dents de la rangée externe sont relativement assez fortes, elles sont crochues, régulières, elles paraissent un peu moins développées à la mâchoire supérieure qu'à la mandibule. La mâchoire supé- GOBIE LOTE. 201 .eiire est assez longue; sa longueur est égale à la distance qui sépare le museau du bord postérieur de l'orbite. Du bord inférieur de l'orbite partent, en divergeant, six ou sept rangées de pores noirâtres, qui descendent sur les joues et sont parfois coupées par d^autres rangées longitudinales ou obli- ques ; il n'y a rien de bien régulier dans cette disposition. L'iris est d'un bleu foncé, noirâtre. Le diamètre horizontal de Tœil est compris environ cinq fois et demie dans la longueur de la tète, il est à peine moins long que l'espace préorbitaire ; le diamètre vertical est un peu moins grand que l'espace interor- bitaire. Les orifices des narines sont très-étroits. Dans ce Gobie, le lobe de l'angle inférieur de la membrane branchiostège est assez développé, il se porte en arrière sous la base de la pectorale ; la fente branchiale est grande relative- ment, elle est plus longue que la distance qui sépare l'un de l'autre les lobes anguleux de la membrane branchiostège ; c'est le contraire dans le Gobie céphalote dont la gorge paraît plus large que celle du Gobie lote. L'opercule porte souvent une rangée de pores qui côtoie le bord postérieur du préopercule. Il n'y a pas de ligne latérale marquée. Les écailles sont au nombre de soixante à soixante-cinq dans la ligne longitudinale et de dix-sept ou dix-huit dans la ligne transversale. Ec, lign. long. 60 à 65, lign. transv. 17 ou 18. La première dorsale est moins haute que le tronc ; elle est d'une teinte grise assez pâle, elle est parcourue par trois bandes longitudinales noirâtres; les rayons se terminent en filaments noirâtres. La seconde dorsale est à peine plus haute que la pre- mière, elle compte quatorze ou quinze rayons mous ; elle est, ainsi que la caudale, d'un gris brunâtre avec des taches noires ou parfois jaunâtres sur les rayons. La longueur de la caudale est à peu près égale à la hauteur du tronc. L'anale a des rayons mous en nombre variable de treize ou quatorze, rarement elle en a quinze ; elle est d'un gris jaunâtre dans les espaces intraradiaires ; les rayons sont d'un brun très-foncé, quand ils sont raj)prochés, 202 GOBIIDÉS. la nageoire paraît noirâtre. Les pectorales sont assez larges, elles ont une longueur égale au cinquième de la longueur to- tale ; dans la plupart des cas les rayons supérieurs ne sont pas dilTérents des autres, cependant, sur un des individus que j'ai examinés, il y avait deux ou trois rayons crinoïdes ; la nageoire est d'un gris foncé jaunâtre, avec des taches jaunes sur les rayons, formant des espèces de bandes verticales lorsque les rayons ne sont pas écartés; la base de la pectorale est jaunâtre, marquée dans sa partie supérieure d'une assez large tache noire figurant parfois une bande verticale plus ou moins prolongée vers le bord inférieur du pédoncule. Les ventrales sont assez courtes, elles ne mesurent pas môme le septième de la longueur totale, elles ne vont pas jusqu'à l'anus ; leur membrane antérieure est peu développée, elle est dépourvue de ces lobes latéraux si remarquables dans le Gobie céphalote. Le tronçon de la queue est à peu près aussi haut que long. D. 6 — 1/14 ou 15 ; A. 1/13 à lo. A la région supérieure, la coloration est grisâtre ou d'un jaune rougeâtre avec des macules noires, qui descendent sur les côtés en s'écartant les unes des autres et en laissant apparaître plus nettement le fond de la teinte générale. Le dessous du corps et la gorge sont d'un jaune plus ou moins uniforme. La tête a la partie supérieure d'un brun jaunâtre et les parties latérales jau- nâtres^, traversées par des lignes ou des traits noirâtres s'entre- coupant plus ou moins ; sur les opercules ces lignes laissent entre elles des espaces ovales, limitant des espèces de goutte- lettes jaunâtres ; parfois une bande brune va d'un œil à l'autre en passant sous la gorge. A la base de la caudale, sur le milieu du tronçon de la ([ueue, il y a ordinairement une tache assez large d'un noir foncé, quelquefois même il s'en trouve plusieurs. Habitat. Méditerranée, commun à Cette ; Marligues. D'après Valenciennes, ce poisson habite « à la fois les eaux douces et celles de la mer. » Il a été trouvé, par Savign\, aux environs de Bologne. Canes- trini ne paraît pas convaincu de la réalité du fait indiqué par Valenciennes. GORIE CÉPHALOTE. 203 Le mâle, suivant le naturaliste italien, construit, au mois de mars, un nid dans lequel les femelles déposent les œufs qu'il défend après les avoir fé- condés; plus tard il garde sa progéniture. La chair de cette espèce est très- recherchée. Proportions : long, totale, 0,175 ; tronc, 0,030. Tète, long. 0,0i3. — ŒW, diam. longitudinal 0,008, diam. vertical 0,00o ; esp. préorbit. 0,009, esp. interorbit. 0,006o. LE GOBIE CEPHALOTE — GOBIUS CAPITO, Yalcnc. Fig. 102. Syn. : Du Bollerot ou Goujon de mer, Rondol., liv. VI, c. xvr, p. 100. Le Gobie céi'halote, Gobiuscapito, Cuv. et Valenc, t. XII, p. 21 ; Guiclicn., E.rpl. Alger., p. 7G. GoBRs CAPITO, CBp., Cat., n" 551 ; Guiith., t. III, p. 55; Canestr., Fn. ItuL, p. 170. Loag. : 0,18 à 0,2d et même 0,27. Ce Gobie est bien le poisson qui a été désigné par Rondelet sous la dénomination de Boulerot ou de Goujon de mer ; la figure et la description qui en ont été données par Ticlithyologiste de Montpellier, ne laissent aucun doute. Le Yolume de la tète lui a fait appliquer par Yalenciennes l'épithète de Céphalotc. Assurément cette espèce est parmi nos Gobies, celle qui atteint la plus grande taille. Le corps est gros, épais, arrondi en avant ; la hauteur du tronc est comprise cinq fois et demie à six fois et quart dans la longueur totale. La peau est couverte d'écaillés de moyenne dimension. La tête est grosse, renflée, un peu aplatie en dessus, elle a un peu moins de hauteur que de largeur; sa longueur est contenue environ quatre fois h quatre fois et quart dans la longueur totale. Le museau est gros, arrondi, non écailleux. La bouche est bien 20i GOBIIDÉS. fendue, elle a des lèvres grosses, charnues, noirâtres. Les mâ- choires sont à peu près de même longueur ; elles sont garnies de dents assez petites, égales, parfois plus fortes à la mâchoire supérieure ; le maxillaire supérieur se porte en arrière jusqu'au- dessous du diamètre vertical de l'œil. Les séries de pores sont peu marquées sur les joues, elles sont un peu mieux dessinées sur la nuque. L'iris est d'un gris jaunâtre. L'espace interorbitaire est aussi grand, parfois même plus grand que le diamètre vertical de l'œil ; il est nu, sans écailles. Le diamètre horizontal de l'œil varie suivant la taille des animaux; chez les individus de moyenne grandeur, il mesure environ le cinquième de la longueur de la tête, les deux tiers de l'espace préorbitaire; chez les individus très-développés, il présente des proportions différentes, il est compris six fois et quart dans la longueur de la tête, il fait la moitié, ou un peu plus, de l'espace préorbitaire. Les orifices des narines sont peu distants l'un de l'autre, ils sont [dus près de l'orbite que du bout du museau ; l'orifice postérieur est entouré d'une espèce de bourrelet ; à l'orifice antérieur se montre une petite languette. Chez le Céphalote, la ligne latérale est nulle. Les écailles sont au nombre de soixante à soixante-deux dans la ligne longi- tudinale, et de dix-huit à vingt dans la ligne transversale. Ec, 1. long., 60 à 62 ; 1. transv., 18 à 20. Les dorsales ont une même hauteur qui est inférieure à celle du tronc; la première dorsale est à peu près aussi haute que longue, et sa base est tout au plus égale à l'espace postorbi- taire. La seconde dorsale compte treize ou quatorze rayons mous, ses rayons postérieurs s'allongent parfois jusque sur la base de la caudale. L'anale finit plus tôt que la seconde dorsale ; la distance qui la sépare de la caudale, est souvent d'un tiers plus grande que celle qui se trouve entre la seconde dorsale et la nageoire de la queue. La caudcale, assez développée, fait le sixième environ de la longueur totale. Les pectorales sont larges, elles sont un peu plus longues que la caudale ; leurs GOBIE A GOUTTELETTES. 205 rayons supérieurs sont crinoïdes. Les ventrales sont larges, courtes, elles sont d'un quart moins longues que les pectorales ; leur membrane antérieure est bien développée, elle est épaisse, elle porte un lobe ovale de chaque côté, elle paraît festonnée ou plutôt trilobée. D. G — 1/13 ou 14; A. 1/10 à 12. Le système de coloration est jaunâtre ou jaune-verdâtre avec des taches irrégulières, mal limitées, d'un brun plus ou moins foncé sur le dos et sur les côtés ; le ventre est jaunâtre, il a quel- ques macules brunes. La partie supérieure de la tête, l'espace interorbitaire, le museau et les lèvres sont d'un brun foncé ; les joues sont jaunâtres à leur partie inférieure, à leur région supé- rieure elles sont d'un brun teinté de jaune, ainsi que les pièces operculaires. La nuque a de petites écailles d'un jaune brunâ- tre. Les dorsales sont brunes avec quelques taches plus claires; l'anale et les pectorales sont brunes, tachetées de jaune ; la cau- dale est brune, marquée de taches en bandes d'un jaune grisâtre ; d'après Valenciennes, toutes ces nageoires sont olivâtres, semées de petites taches noires sur les rayons, les ventrales sont blan- châtres. Chez les individus que j'ai examinés, les ventrales sont brunes. Parfois les dorsales, les pectorales et la caudale sont brunâtres, marquetées de noir. Chez le Céphalote, la vessie natatoire manque ; je l'ai inutile- ment cherchée sur divers sujets. Habitat. Méditerranée, assez commun, Nice, Toulon, Martigues, Cette, Port-Vendrcs. Proportions : long, totale, 0,155; tronc, haut. 0,025. Tète, long. 0,038. — Œil, diam. longit. 0,008, diam. vertic. 0,006; esp. préorlnt. 0,011, esp. interorbit. 0,006, esp. postorbit. 0,020. l'^'^ dorsale, long. 0,020, haut. 0,019. LE GOBIE A GOUTTELETTES — GOBIUS GUTTATUS, Valenc. Syn. : Iconem Gobh nigri, etc., Gcsn., Aquatil., p. 470. Le Gobie a gouttelettes, Gobius guttatus, Cuv. et Valenc, t. XII, p. 2i. GoBius GL'TTATL'S, CBp., Ccit., H» hïit \ Gaiicstr., Archio. zooL, t. I, p. 12i, pi. 7. fig- 3, et pi. 9, fig. 4. 200 GOBIIDÉS. Long. :0,lo à 0,22. Dans son Mémoire sur les Gobies du golfe de Gênes, Canes- trini déclare qu'il ne sait pas si le Gobhis capito et le G. guttatus sont deux espèces bien distinctes. Il semble plus affirmatif dans sa Faune d'Italie; à propos de la synonymie du G. capito, il cite le G. guttatus et le G. limbatus (Cuv. et Valenc). Mais pourquoi au lieu d'indiquer, suivant son habitude, la figure du Gobic qu'il a donnée dans les Archives de zoologie, le savant naturaliste renvoie-t-il au dessin que Nordmann a publié dans l'Atlas de la Faune pontique? Assurément le Gobie céphalote et le Gobie à gouttelettes ont des points de ressemblance, mais ils présentent dans leurs for- mes extérieures, et plus encore dans leur structure interne, des différences qui doivent les faire considérer comme des espèces particulières. Chez le Gobie à gouttelettes, le tronc est épais, arrondi, sa hauteur est comprise quatre fois et demie à cinq fois et un quart dans la longueur totale. La tête est aussi haute que large ; sa longueur est contenue quatre fois et quart à quatre fois et demie dans la longueur to- tale. Le museau est gros, arrondi. La bouche est fendue à peu près jusqu'au-dessous du bord antérieur de l'orbite, elle a des lè- vres épaisses, charnues; les mâchoires sont égales, garnies de dents en cardes ; les dents qui forment la rangée antérieure sont plus fortes que les autres, elles sont légèrement crochues. La mâchoire supérieure paraît se porter un peu moins loin en arrière que dans le Gobie céphalote, elle n'arrive pas tout à fait à l'aplomb du diamètre vertical de l'œil. Les lignes de pores ne sont pas en général très-marquées sur les joues. L'iris est d'un brun jaunâtre. Le diamètre longitudinal de l'œil fait le cinquième de la longueur de la tête, les deux tiers de l'espace préorbitaire, il est à peu près égal à l'espace interor- bitaire, qui, lui, est un peu plus grand que le diamètre vertical de l'œil. Il me semble que l'orifice postérieur de la narine n'est pas en- GOBIE A GOUTTELETTES. 207 toiiré d'un bourrelet ; rorificc antérieur a, sur le bord postérieur, une languette qui paraît moins développée encore que dans le Céphalote. Pas de ligne latérale. Les écailles sont, dans la ligne longitudi- nale, au nombre de soixante-cinq ou soixante-six, et de vingt ou vingt et une dans la ligne transversale ; le nombre des écailles est un peu plus grand que dans le Céphalote. Canestrini, dans son Mémoire sur les Gobies, indique : écailles 64 à 70, et dans la Faune d'Italie : 00 à 6o. Ec, 1. long., Co ou G6 ; 1. transv., 20 ou 21. Les dorsales sont beaucoup moins hautes que le tronc. La pre- mière dorsale se prolonge assez loin en arrière, sa membrane se termine près de la seconde dorsale ; sa base est beaucoup plus étendue que dans le Céphalote, elle mesure les deux tiers de la longueur de la tète, elle est plus longue que l'espace postorbi- taire ; enfin, la longueur de la nageoire m'a toujours paru l'em- porter d'un tiers environ sur la hauteur. Ces caractères permet- tent de distinguer facilement le Gobie à gouttelettes du Gobie céphalote. La seconde dorsale a treize ou quatorze rayons mous dont les ramifications semblent plus écartées que dans le Cépha- lote. L'anale, moins longue que la seconde dorsale, a dix ou onze rayons mous. La longueur du tronçon de la queue est assez variable. Les pectorales comptent dix-neuf ou vingt rayons, leurs trois ou quatre rayons supérieurs sont crinoïdes. Les ventrales sont grandes, la membrane antérieure a des lobes à peu près aussi développés que dans le Céphalote. D. 6— 1/13 ou 14; A. 1/10 ou 11 ; G. lo-,P. 19 ou 20; V. I/o. Dans le Gobie à gouttelettes se trouve une vessie natatoire, qui paraît avoir des dimensions assez variables. D'après Valen- ciennes, elle est fort petite, comme un pois argenté ; suivant Ca- nestrini, le diamètre longitudinal de cet organe mesurait 0", 021 chez un individu longdeO'°,22o ; chez deux de ces animaux que j'ai examinés, ayant l'un 0",175 et l'autre 0", 177, le diamètre de la vessie faisait à peine 0'",01. La teinte de la vessie aérienne, 208 GOBIIDÉS. qui est d'un blanc argenté ou plutôt nacré, la fait distinguer fa- cilement au milieu des autres organes. Quant au système de coloration, il a, le plus souvent, beaucoup de rapport avec celui du Céphalote. Le corps est d'un gris jau- nâtre avec de larges taches noirâtres, qui de la région supérieure descendent yers les côtés en se divisant et en s'unissant aux taches voisines par des bandes plus ou moins dessinées; le jaune do- mine sous le ventre. La tête est parfois d'une teinte brune cà peu près uniforme, parfois elle est marquée de taches noires et de taches arrondies d'un blanc laiteux sur les joues et sur les pièces operculaires. La gorge est plus ou moins jaunâtre avec des ma- cules brunâtres. La première dorsale est d'un gris jaunâtre semé de taches noires plus ou moins arrondies, ou bien elle est d'un ton brunâtre, traversée de bandes plus claires; elle a souvent une espèce de bordure blanche en avant. La pointe des rayons est blanchâtre ou d'un orangé assez clair. La seconde dorsale et la caudale sont grisâtres, elles sont marquetées de taches noires plus ou moins rapprochées. Les pectorales, sur un fond gris jau- nâtre, portent des taches noirâtres disposées en séries verticales et des taches d'un jaune clair. Les ventrales sont tantôt d'un blanc grisâtre, tantôt d'un brun assez foncé. Habitat. Méditerranée, Nice, très-rare; Cette, assez rare. Au Muséum, il iv\ a qu un exemplaire venant de Mce, par Laurillard ; j'ai reçu de Cette plusieurs individus d'assez grande taille. Proportions : long, totale, 0,177 ; tronc, haut. 0,040. Tête, long. 0,0*2. — Œil, diam. longit. 0,008, diam. vertic. 0,000; esp. préorbit. 0,013, esp. intcrorbit. 0,008, esp. postorbit. 0,023. l'^'> dorsale, long. 0,030, haut. 0,020. LE GOBIE ENSANGLANTÉ — GOBIUS CRUENTATUS, Gm. Syn. : Gobius ore hubro pustul4To, Brûiin., Ichfh. MassiL, p. 30, n° 42. GoBius ciiuENTATUS,Gmel., Linn. éd. 13" p. 1197 ; CBp., Cat., n» 559; Giintli., t. III. p. 54; Canestr., Archiv. zooL, 1. 1, p. 133, pi. 10, flg. 2, Fn. liai., p. 171. Le Gobie ensanglanté, Gobius cruentatus, Lacép., t. VIII, p. 7 ; Riss., Ichth., p. 157. Hist. nat., p. 282; Cuv. et Valcnc, t. XII, p. 29, Rég. an. ilL, pi. 80, flg. 1; Gui- chcn., Expl. Alger., p. 77. N. vulg. : Gobou rouge, Nice ; Gobie roujé, Toulon. Long. : 0,12 à 0,1(3. GOBIE ENSANGLANTÉ. 209 Le premier, dans son Ichthyologie de Marseille, Brùnnich a décrit cette espèce, mais sans lui donner de nom particulier. Ce Gobie a des proportions assez variables. La hauteur du tronc, qui en général, au niveau des pectorales, l'emporte de très-peu sur l'épaisseur, est contenue cinq fois et demie à six fois et un tiers dans la longueur totale, La tête est aussi haute que large ; sa hauteur est d'un tiers moindre que sa longueur, qui est comprise quatre fois à quatre fois et demie dans la longueur totale. Le museau est court, ar- rondi ; il est, comme le dit Brùnnich, marqué de taches rougeâ- tres. La bouche est assez, grande; la mâchoire supérieure ne se porte pas en arrière tout à fait à l'aplomb du diamètre vertical de l'œil, elle est un peu moins avancée que la mandibule, elles sont garnies l'une et l'autre de petites dents. Les pores forment, sur les joues et les opercules, des lignes brunes nettement des- sinées. L'iris est rougeâtre. Le diamètre de l'œil présente, suivant les sujets, de sensibles différences, il est compris trois fois et deux cinquièmes à quatre fois dans la longueur de la tête ; il est à peu près égal à l'espace préorbitaire ; il fait le double de l'espace interorbitaire, et parfois plus chez les individus de grande taille. On ne voit pas de ligne latérale. Les écailles sont, dans la li- gne longitudinale, au nombre de cinquante-huit à soixante-deux, et de seize à dix-huit dans la ligne. transversale. La première dorsale est moins haute que le tronc, elle est égale à la seconde ou à peine plus élevée, elle a six rayons ; elle est de couleur ocre avec des taches verdâtres. La seconde dorsale a quatorze rayons mous. L'anale, qui est assez longue, compte treize rayons mous, rarement quatorze. La caudale a une quin- zaine de rayons ; sa longueur est comprise environ cinq fois et un tiers dans la longueur totale. Les pectorales sont à peu près aussi longues que la tête dans les jeunes, un peu moins chez les grands individus; leurs rayons supérieurs sont crinoïdes. Enfin les ventrales mesurent le cinquième, ou un peu moins, de la longueur totale; elles sont d'un gris bleuâtre; leur membrane II. 44 210 GOBIIDÉS. antérieure est peu développée, La seconde dorsale, la caudale et l'anale sont brunâtres, tachetées de jaune et de rouge; par- fois les dorsales et les pectorales sont d'un rouge orangé avec quelques taches plus claires; cette variation de teinte probable- ment tient au sexe, peut-être dépend-elle encore de l'influence de la saison. D. 6 — 1/14; A. 1/13 ou ii; C. 15; P. 19; V. 1/5. Le fond général de la coloration est un gris rougeâtre varié de taches ou nuages brunâtres; des lignes noires, étroites, formées par des séries de pores, se dessinent sur les joues, sur la nuque et les opercules ; enfin les taches couleur rouge de sang qui marquent les lèvres, le museau et les opercules, font aisément reconnaître ce Gobie au premier coup d'œil, ces taches s'efîa- cent chez l'animal conservé. Habitat. Méditerranée, assez commun, Nice, Toulon, Martigues, Celte, Océan, golfe de Gascogne, accidentellement; A. Lafont a trouvé cette espèce à Arcachon, 1872. Proportions: long, totale, 0,127; tronc, haut. 0,020. Tète, long. 0,029. — Œil, diam. longit. 0,0075, diam. vertic. 0,0065 ; csp. préorbit. 0,008, esp. interorbit. 0,004. LE GOBIE A QUATRE TACHES GOBIUS QUADRIMACULATUS, Valenc. Syn. : Gobils aphia, Gobic apliie, Riss., Hist. nat., p. 281, cxcl. syiT. Le Gobie a quatre taches, Gobius (juadrimaculatus, Cuv. et Valonc, t. XII, p. 44 ; Guichcn., Expl. Alyér., p. 78. Gobius quadrimaculatus, CBp., Cat., n° 574; Canestr., Ardtiv. zooL, t. I, p. 139, pi. 8, fig. 1, F}i.ltal.,p. 172. Long. : 0,06 à 0,08, Gûnther regarde ce Gobie comme un Gobie buhotte, mais il ne donne aucune raison pour appuyer sa manière de voir. Plus tard il nous sera facile de démontrer que l'opinion de Gûnther ne repose sur aucun fait précis, qu'elle est, en un mot, absolu- ment inexacte. GOBIE A QUATRE TACHES. 211 Le tronc est épais, arrondi, sa hauteur est comprise six à sept fois dans la longueur totale. La peau est couverte d'écaillés assez grandes, plus larges que longues. Le tronçon de la queue est épais, à peu près carré. On peut dire que la tête est à peine plus haute que large; sa longueur, qui fait le double de sa largeur, est comprise quatre fois et demie dans la longueur totale. Le museau est court, mar- qué de petites taches noires ; la mandibule est un peu plus avan- cée que la mâchoire supérieure. Les joues ne paraissent pas tra- versées par des lignes de pores. L'iris est argenté, pointillé de noir, il porte une large tache noirâtre dans sa partie supérieure. Le diamètre de l'œil, le dia- mètre longitudinal, bien entendu, fait presque le tiers de la longueur de la tête, il est à peine plus grand que l^espace préor- bitaire; l'espace interorbitaire est très-étroit, il est contenu trois fois et demie à quatre fois dans la longueur du diamètre de l'œil. Dans ce Gobie, il y a seulement quatre rayons branchiostèges, du moins je n'en ai pas trouvé davantage, c'est du reste le nom- bre qui est indiqué par Cancstrini. Il n'y a pas de ligne latérale marquée., Les écailles sont moins nombreuses dans cette espèce que dans la Buhotte ; on en compte dans la ligne longitudinale trente-sept à quarante, et huit ou neuf dans la ligne transversale. Ec, 1. long., 37 à 40; 1. transv., 8 ou 9. Suivant l'âge des animaux, les dorsales présentent quelques dillerences dans leur hauteur; la première dorsale, même chez les adultes, me paraît moins haute que le tronc; d'après Cancs- trini, le deuxième rayon de cette nageoire est parfois tellement allongé qu'il arrive jusqu'au milieu de la base de la seconde dorsale, jamais je n'ai constaté un développement aussi considé- rable. La seconde dorsale est, dans les individus que j'ai exa- minés, aussi haute que le tronc; l'anale est courte, ordinaire- ment la longueur de sa base est moindre que la hauteur du tronc; la seconde dorsale et l'anale n'ontque neuf ou dix: rayons mous, un de moins, le plus souvent, que dans la Buhotle. La 212 GOBIIDÉS. caudale est assez courte, elle ne mesure généralement que le septième ou le huitième de la longueur totale ; elle est arrondie ; elle est séparée de la seconde dorsale et de l'anale par une dis- tance qui est au moins égale à la longueur de la tête et souvent plus grande. Les pectorales sont bien développées, elles font le cinquième de la longueur totale ; elles n'ont pas de rayons cri- noïdes. Les dorsales et la caudale sont tachetées de points noirs formant des bandes nuageuses plus ou moins distinctes ; les pec- torales sont pointillées de noir vers leur base, elles sont d'un blanc jaunâtre ou plutôt gris clair dans le reste de leur étendue; lanale et les ventrales sont blanchâtres. Br. 4, — D. 6 — 1/9 ou 10; A. 1/9 ou 10; C. 12 à 14; P. 17; V. I/o. Quatre taches noires arrondies, nettement dessinées sur les flancs chez les adultes, permettent de reconnaître facilement ce Gobie; la première tache est placée vers le milieu de la pec- torale, la quatrième à peu près au milieu du tronçon de la queue ; dans les jeunes animaux, les taches sont moins marquées que chez les adultes. Le système de coloration, assez joli, est un gris jaunâtre clair avec un fin semis de petits points noirâtres sur le dos et les côtés; la gorge et le ventre sont blanchâtres. Habitat. Méditerranée, assez commun à Nice, moins commun à Celle. Il ne se trouve ni sur nos côtes de l'Océan, ni dans la Manche, comme peut le faire supposer la synonymie défectueuse donnée parGûnther. Proportions : long, totale, 0,062 ; tronc, haut. 0,010. Tête, long. 0,014. — Œil, diani. longit. 0,0043, diam. vertic. 0,003; esp. préorbit. 0,004, esp. interorhit. 0,001. LE GOBIE BUHOTTE — GOBIUS MINUTUS. Syn. : The Spotted Goiîy, Pcnnant, BritUh ZooL, l7G9, t. III, p. 176, pi. 10. De la Buhotte de Cae.n ou Tout-nud d'Alxis, Duham., Péch., part. 2, scct. G, p. I5G. pi. :], fig. 3. Le Gobie bliiotte, Gobius miimtiis, Cuv. et Valciic, t. XII, p. 39 ; Guich., Expl. Atr/ér., p. 78. Gobius minutus, CBp., Cat., ii" ù77 ; Giiiitli., t. III, p. .'iS, oxcl. syn. Gobius elongatus, Canestr., Arc/dv. zooL, t. I, p. 150, pi. 8, fig. 5, Fn. ItaL, p. 170. The Freckled Goby, Yan-., t. II, p. 325. ?LiTTLE Goby, Coucli, t. II. p. lOI. GOBIE BUHOTTE. 213 Canestrini pense que sou Gobius elongatiis est une espèce nouvelle ; mais la description et la figure qu'il en donne, sont trop exactes pour laisser subsister le moindre doute, ce Gobius elongatus est bien le Gobius minatus. Nous regrettons de ne pouvoir encore sur un autre point partager la ma- nière de voir du savant naturaliste italien. Son Gobius minutus (Canestrini, Archiv. zooL, p. 148, pi. 9, fig. 2, et Faun. ItaL, p. 176) n'est en aucune fa- çon le G. minutus des auteurs; c'est probablement, si l'on en juge d'après la formule des écailles y, un 6. quadrimaculatus dont les taches sont plus ou moins effacées, ou peu marquées, comme dans les jeunes sujets. N. vulg. : Bourguette, à l'embouchure de la Seine; Buhotte, Calvados; Pescarlide, Roscoff ; Boucaud, Nantes ; Tout-nu, Cabau, Vendée, Charente- Inférieure. Long. : 0,00 à 0,08. Comparée au Gobie à quatre taches, la Buhotte se montre sous une forme plus svelte, plus allongée. La hauteur du tronc est comprise sept à huit fois dans la longueur totale. La peau est couYcrte de petites écailles légèrement arrondies ou mieux un peu plus longues que larges ; sur un sujet ayant une taille de O^jOôS, les écailles, mesurées au micromètre, donnent : lon- gueur, 0™,0012, largeur, 0™,0011. Le tronçon de la queue est comprimé. La tête est aplatie en dessus, elle est plus large que haute; sa largeur ordinairement fait près des deux tiers de sa longueur, qui estcomi)rise quatre fois à quatre fois et un tiers dans la lon- gueur totale. Le museau est court, la bouche assez grande, à lèvres brunâtres ; la mandibule est un peu plus avancée que la mâchoire supérieure. Je ne vois pas de lignes de pores sur les joues. L'iris est d'un blanc teinté de noir surtout dans la partie su- périeure. Le diamètre de l'œil fait le quart de la longueur de la tète, il est égal à l'espace préorbitaire ou à peine plus grand, il fait presque le triple de l'espace interorbitaire qui paraît moins étroit que dans le Gobie à quatre taches. Il y a cinq rayons branchiostèges ; il ne faut pas l'oublier, c'est un caractère différentiel important, qui permet de distinguer fa- cilement la Buhotte du Gobie à quatre taches. La ligne latérale est nulle ou peu marquée. Les écailles sont 214 GOBIIDÉS. plus nombreuses que dans le Gobie à quatre taches, il y en a dans la ligne longitudinale cinquante-cinq à soixante, et onze à treize dans la ligne transversale. Ec, 1. long., 55 à 60, 1. transv., H à 13. En générai, les dorsales ont à[peu pî-ès une même hauteur, qui est à peine moindre que celle du tronc. La seconde dorsale et l'anale ont dix ou onze rayons mous. La caudale est arrondie, bien développée, sa longueur est comprise environ six fois et de- mie dans la longueur totale ; la nageoire est séparée de la fin de l'anale par une distance moindre ordinairement que la lon- gueur de la tête. Le tronçon de la queue est comprimé, il a souvent quatre fois plus de hauteur que d'épaisseur, et son bord supérieur est aussi long que la tête ; il n'y a cependant, il faut le reconnaître^, rien d'absolu dans les proportions que nous ve- nons d'indiquer. Les pectorales sont bien développées, un peu moins longues que la tête ; elles comptent dix-neuf ou vingt rayons semblables ; peut-être y a-t-il parfois un ou deux rayons crinoïdes ? Les ventrales sont relativement plus grandes que dans le Gobie à quatre taches, elles font le cinquième environ de la ■ longueur totale, elles sont, ou peu s'en manque, égales aux pec- torales; la membrane antérieure de la ventouse n'est pas lobée. Br. S. — D. 6 — 1/10 ou 1 1 ; A. 1/10 ou M ; C. 13 à 15 ; P. 19 ou 20 ; V. 1/5. Ordinairement le système de coloration est gris jaunâtre, nuancé parfois de brun clair ou finement pointillé de noirâtre ; assez rarement les côtés portent de courtes bandes verticales. Les deux dorsales et la caudale sont d'un gris clair avec des points brunâtres formant des bandelettes ; la première dorsale est généralement marquée d'une petite tache noirâtre à l'extré- mité de ses derniers rayons; l'anale est grise, quelquefois teintée de brun à son bord libre ; les pectorales et les ventrales sont gri- sâtres. Habitat. Ce Gobie est très-commun sur les plages de l'Ouest; il est facile à pécher, dans les flaques d'eau^ à marée basse. Il vit également sur nos côtes de la Méditerranée; il n'est pas rare à Cette, dans la mer et dans l'é- GOBIE A TETE LARGE. 21o lang de Thau ; il se trouve à Nice. Guichenot l'a pris aux environs d'Alger. Canesirini l'a signalé dans le golfe de Gênes et dans l'Adriatique. Ce petit poisson a, comme on le voit, un habitat très-étendu. Valencienncs a donné sur les habitudes de ce Gobie certains détails intéressants qui lui ont été communiqués par son correspondant : M.d'Orbigny, qui l'a observé souvent dans les réservoirs des marais salants des environs de la Rochelle, assure qu'il y établit sa demeure sous une coquille, autour de laquelle il trace dans la vase des routes en rayons divergents, et où il se tient en sentinelle pour guetter les petits animaux qui tombent dans ces sillons. Sitôt qu'il en aper- çoit un, il fond à l'instant dessus et l'emporte dans sa demeure (Cuv, et Va- LENC, t. XII, p. 43]. Proportions : long, totale, 0,06o ; tronc, haut. 0,009. Tète, long. 0,01.ï, — Œil, diam. longit. 0,00i, diam. vertic. 0,003o-, esp. préorbit. 0, 0035, esp. interorbit. 0,0015. LE GOBIE A TÊTE LARGE ~ GOBIUS LATICEPS, Nob. Fig. 103. Long. : 0,04i. Il y a quelques années, sur la côte de Normandie, j^'ai trouvé un Gobie qui présente les caractères d'une espèce nouvelle par- faitement déterminée. Ce poisson est de très- petite taille ; il a le corps large en avant, comprimé en arrière, La hauteur du tronc est comprise environ sept fois dans la longueur totale. La peau est couverte de grandes écailles, plus ou moins caduques. Ainsi que le rappelle le nom spécifique de l'animal, la tète est fort développée ; elle est aplatie, presque triangulaire, très -large vers la nuque ; sa longueur fait le quart de la longueur totale, et sa largeur, qui l'emporte d'un quart \?-„ ,(^r a • i i ^ ' i t i iMg. iOi. Animal VU en dessus. sur la hauteur, mesure les quatre cinquièmes de sa longueur. Le museau est court, il a le profil très-peu incliné, presque droit. La bouche est assez petite, 216 GOBIIDÉS. la lèvre supérieure est grosse ; la mâchoire supérieure esi ufi peu moins longue que la mandibule, elles sont garnies l'une et l'autre de dents très-fines. Plusieurs lignes de pores s'étendent sur les joues. Le diamètre'de l'œil mesure près du tiers de la longueur de la tête ; il est d'un tiers plus grand que l'espace préorbitaire ; il fait le triple de l'espace interorbitaire. Dans le dessin repré- sentant l'animal yu en dessus, les yeux sont trop petits. Les rayons branchiostèges sont au nombre de quatre. Il n'y a pas de ligne latérale visible. Les écailles sont moins adhérentes que dans la plupart des autres espèces, aussi n'ai-je pu les compter d'une façon absolument exacte; j'en ai trouvé une quarantaine dans la ligne longitudinale et une dizaine en- viron dans la ligne transversale. La première dorsale, un peu moins haute que la seconde, a six rayons, elle porte une tache noirâtre sur les deux ou trois derniers rayons. La seconde dorsale est aussi haute que le tronc, elle a neuf rayons mous; ses derniers rayons ne sont pas allon- gés, ils ne vont pas jusqu'à la base de la caudale. L'anale, assez courte, compte huit rayons mous seulement. La caudale est ar- rondie, elle fait le septième de la longueur totale, elle a seize rayons. Les pectorales sont longues ; elles n'ont pas de rayons erinoïdes. Les ventrales sont très-développées, elles dépassent les pectorales, vont jusque sur l'anus, elles mesurent le cin- quième de la longueur totale ; la ventouse forme un ovale régu- lier, très-large dans sa partie moyenne; la membrane antérieure est basse et large, elle a de chaque côté un lobe arrondi. La ven- touse montre une disposition tout à fait différente de celle que présente le même organe dans la Buhotte. Br. 4; D. 6 — 1/9; A. 1/8 ; C. IG; P. 13 ou 14; V. I/o. Ce Gobie vivant était d'un beau vert-olive uniforme ; il a pris, dans l'alcool, une teinte brunâtre. Les nageoires sont aussi de- venues brunâtres, mais la tache de la première dorsale est restée parfaitement visible. GOBIE RETICULE. 217 Habitat. Manche, Saiiit-Valery en Caux. Je n'ai jamais trouvé qu'un seul individu de cette espèce; je l'ai péché dans une flaque d'eau, au milieu de laquelle il se tenait suspendu, par sa ventouse, à un éclat de pierre. Proportions : long, totale, 0,Oil ; tronc, haut. 0,006. Tète, long. 0,010, larg. 0,008. — Œil, diam. loiigit. 0,003, esp. préorl.it. 0,002, esp. inlerorbit. 0,001. LE GOBIE RÉTICULÉ — GOBIUS RETICULATUS, Vaîenc. Syn. : ?ATiiÉniNE marbrée, Atherina marmorata, Riss., IcJdh., p. -339. ?GoBius JMARMORATus, Gobio marbrc, Riss., Hist. nat.. p. 284. ?GoBHJS MARMORATUs, CBp., Cttt., 11° 5G8 ; Canestr., Archiv. zooL, t. I, p. 145, pi. 9, fig. 1, Fn. ItaL, p. 175. Le Gobie béticulé, Gobius rcticiilatus, Cuv. et Valcnc, t. XIT, p. 50. ?GoBrus i.EOPARDixus, Nordm., Fn. pont., Dcmid., Voy. Russ. mérid., t. IH, p. 430, pi. 13, fig. 4. GOBILS RHODOPTEBUS, Guiltll., t. III, p. IG. ?Speckled Goby, Coiich, t. II, p. 170. Long. : 0,05 à 0,06. Les caractères que présente le Gobie marbré de Risso parais- sent assez convenir au Gobie réticulé de Valencicnncs; il y a évidemment entre ces poissons certains rapports dans les pro- portions du corps, dans la longueur des ventrales, dans le nom- bre des rayons que comptent la plupart des nageoires, l'anale exceptée. Cependant il est difficile de savoir si véritablement les deux Gobies, décrits par les auteurs que nous venons de citer, ne forment qu'une seule et môme espèce. En tout cas, l'identité de l'espèce étant admise, faut-il rendre à l'animal que nous étu- dions le nom de Marbré, sous lequel Risso l'a fait connaître ? Nous ne le pensons pas, car Pallas [Zooç/i\, t. III, p. ICI) a, le premier, attribué la désignation spécifique de Marmoratu8 à un Gobie tout à fait différent de celui que Risso a trouvé sur la côte de Nice. Ainsi que le fait remarquer Valenciennes, le Gobie réticulé ressemble au Gobie de Rutliensparre ; il est de petite taille, il est arrondi, relativement gros en avant, comprimé en arrière. La hauteur du tronc est comprise cinq fois et demie à six fois et quart dans la longueur totale. La tête est forte, à peine moins haute que large; sa largeur 218 GOBIIDÉS. est légèrement variable, elle fait chez les grands individus les deux tiers de sa longueur, qui est comprise environ quatre fois et demie dans la longueur totale. Le museau est court, arrondi. La bouche est assez large ; la mâchoire supérieure est un peu moins avancée que la mandibule. On ne voit pas de lignes de pores sur les joues. Le diamètre de l'œil fait le quart de la longueur de la tète, il est aussi grand que l'espace préorbitaire, ou peu s'en faut, il mesure le double, et plus, de l'espace interorbitaire. Il n'y a pas de ligne latérale. Les dorsales sont à peu près de même hauteur, elles sont moins hautes que le tronc ; la première dorsale a six rayons, la seconde en a dix; ces nageoires sont d'un jaune clair avec des points noirs. L'anale a huit et parfois neuf rayons mous. La caudale est moins longue que la tète; elle présente la même teinte que les dorsales, elle porte, à la base, une tache d'un noi- râtre peu foncé. Les pectorales sont grisâtres avec un pointillé noirâtre et une tache noire à la partie supérieure de la base; il n'y a pas de rayons crinoïdes. Les ventrales sont très-dévelop- pées, elles sont d'un quart plus longues que les pectorales qu'elles dépassent de moitié, étant insérées plus en arrière, elles vont à peu près jusqu'à l'anus ; sur un individu elles mesurent près du quart de la longueur totale ; elles sont blanchâtres. D. G — 1/9; A. 1/8 ou 9. Sur le dos et les côtés le système de coloration est un gris jau- nâtre clair avec un pointillé noirâtre très-fin, bordant les écailles et formant des espèces de petites mailles ; sur la partie inférieure des flancs se voient de légères taches résultant de la réunion de très-petits points brunâtres. Le ventre est blanc argenté, la gorge blanchâtre. Un peu en arrière de la mâchoire supérieure et sous la mâchoire intérieure se montre ordinairement une sé- rie demi-circulaire composée de huit points noirâtres, quatre de chaque côté, figurant une espèce de mentonnière interrompue. Habitat. Méditerranée, rare, Nice. GOBIE DE LESUEUR. 219 Porportions : long, totale, 0,OoO; tronc, haut. 0,08. Tète, long. 0,011, larg. 0,006. — Œil, diam. 0,003, esp. préorbit. 0,003, esp. interorbit. 0,001. LE GOBIE DE LESUEUR — GOBIUS LESUEURII, Riss. Syn. : Gobie Lesueur, Gobius Suourii, Riss., Ichth., p. 387, pi. 11, fig. 43. GoBiE DE Lesueub, Goblus Lesueui'ii, Riss., Hist. nat., p. 28i; Cuv. et Valonc, t. XII, p. 33 ; Guichon., Expl. Alger., p. 77. GoBius Lesueurii, CBp., Cat., n° 5(57 ; Gunth., t. III, p. 12 ; Canestr., Arclnv. zooL, t. I, p. 143, pi. 8, fig. 2, F?i. Ital., p. 174. N. vulg. ; Gobou raiut,Nice. Long. : 0,045 à 0,07 et même 0,09 (Ris?.). Risso a donné au poisson que nous allons étudier le nom d'un artiste, d'un naturaliste qui a laissé des œuvres remar- quables. Chez ce Gobie, le corps est moins arrondi que dans les autres espèces, il est allongé ; la hauteur du tronc ne fait guère que le septième de la longueur totale. La peau est couverte d'écaillés relativement longues et larges surtout, mais paraissant assez caduques. La longueur de la tête est comprise quatre fois et demie a cinq fois dans la longueur totale. Le museau est court, à profil pres- que vertical. La mandibule est à peine plus avancée que la mâ- choire supérieure. Sur la joue se montrent quelques lignes de pores. L'iris est argenté. Le diamètre de l'œil fait le quart de la lon- gueur de la tête, et même parfois le tiers d'après Canestrini ; il est au moins égal à l'espace préorbitaire et double de Tespace interorbitaire. Suivant Canestrini, le nombre des rayons branchiostèges est de quatre. En raison de leur dimension, les écailles sont naturellement peu nombreuses. La ligne longitudinale se compose de vingt- six ou vingt-sept écailles ; dans la ligne transversale il n'y a, d'après Yalenciennes, Canestrini, que qiiatre ou cinq écailles, j'en ai trouvé six et même sept. Il est probable que cette diffé- 220 GOBIIDÉS. rence de nombre tient uniquement à ce que les écailles de la série transversale n'ont pas été comptées dans la même région, ni peut-être de la même façon; le nombre que j'indique est ce- lui des écailles d'une rangée allant obliquement de la seconde dorsale à l'anale. Écailles, 1. long., 26 ou 27, 1. transv., 4 à 7. La première dorsale est à peu près aussi haute que le tronc : la seconde dorsale a ses rayons postérieurs souvent très-allongés, elle est composée de quatorze ou quinze rayons. La caudale a les rayons médians très-développés, ce qui lui donne une forme légèrement lancéolée ; sa longueur est contenue quatre fois et demie à cinq fois dans la longueur totale. Il n'y a pas de rayons crinoïdes aux pectorales. Les ventrales s'étendent en arrière aussi loin que les pectorales, elles arrivent au niveau de l'anus. Les nageoires impaires sont d'un gris pâle avec des lignes transver- sales jaunâtres; la première dorsale porte une bordure noirâtre; les pectorales sont roses, les ventrales grisâtres. La base de la caudale est marquée d'une tache noirâtre. D. 6— 1/13 ou 14; A. 1/13 ou 14. La teinte générale est un rose légèrement jaunâtre, pointillé de brun çà et là, sans régularité. La tête est d'un gris ou d'un brun rougeâtre ; trois lignes d'un jaune nacré descendent obli- quement d'arrière en avant sur les opercules et sur les joues. Le système décoloration paraît assez variable. Habitat. MédUerranée, assez rare, Nice. Proportions : long, totale, 0,04o ; (ronc, haut. 0,00G5. Tête, long. 0,010, larg. 0,006. — Oiil, diam. 0,0025, csp. prcorbit. 0,002o, €«p. interorbit. 0,0012. LE GOBIE DORÉ — GOBI US AURATUS, Riss. Syn. : Gobie nonÉ, Goblus auratus, Riss., Iclith., p. iCO, fîg. 42, mauv., Hist. nnt., p. 283; Cuv. et Valonc, t. XII, p. 31. GoBius AURATUS, CBp., Ccit., 11° 5U5 ; Guntli., t. III, p. 11 ; Cancstr., Fn. Ital., p. 171. ?Yellow Goby, Couch, t. II, p. 159. N. vulg. : Gobou giaune, Nice. Long.: 0,07 à 0,10. GOBIE DORÉ. 221 N'ayant sous les yeiix; probablement, que la figure inexacte donnée dans l'Iclithyologic de Nice, Cuyier avait pensé que le Gobie doré de Risso est un Eléotris. Plus tard Valenciennes, gnàce à l'examen qu'il fit de sujets bien conservés, rectifia l'opi- nion de son illustre maître, et replaça, dans le genre Gobie, l'espèce dont il avait pu mieux déterminer les caractères. D'après Valenciennes, cet animal présente à peu près en petit les formes générales du Gobie noir. Le ventre paraît assez renflé ; la hauteur du tronc, qui est arrondi, est comprise environ cinq fois et un quart dans la longueur totale. La tête est forte, aussi haute que large; sa longueur mesure le quart de la longueur totale. Le museau est gros, arrondi ; la mandibule est légèrement proéminente. Du bord de l'orbite partent sept ou huit rangées de pores qui descendent sur la joue ; les pores manquent ou sont peu visibles sur les autres parties de la tête. Chez la plupart des sujets, le diamètre de l'œil fait le quart de la longueur de la tête , le double de l'espace interorbitaire, il est un peu moins grand que l'espace préorbitaire. L'iris est jaunâtre ou d'un vert jaunâtre. En général les dorsales sont moins hautes que le tronc; la première dorsale semble un peu plus élevée que la seconde, qui a treize ou quatorze rayons mous, nombre égal à celui de lanale. La caudale est arrondie. Les pectorales ont seulement deux ou trois rayons crinoïdcs ; elles sont marquées, sur le haut de leur base, d'une tache brunâtre ou d'un bleu foncé. Les ventrales sont longues, elles arrivent près de l'anus. Suivant Risso, les nageoires, sur le frais, sont d'un rouge doré. D. 6 — 1/13 ou 14; A. 1/13 ou 14; G. 14; P. 15. Le système de coloration est jaune-doré avec des nuages et des points noirâtres ; dans l'alcool, la teinte générale est d'un gris nuancé de jaune rougeâtre. Habitat. Méditerranée, assez commun; Nice, apparaît en février, juillet, septembre, Risso; Celte, Doùmet. Océan? D'après Couch, l'espèce existe 222 GOBIIDÉS. dans le canal de Bristol, sur la côte du comté de Somerset; mais chercher à miner ce que peut être le Yellow Gohy, est une tâche difficile ; pour s'en convaincre, il suffit de voir le texte et le dessin donnés par le naturaliste anglais. Proportions : long, totale, 0,064; tronc, haut. 0,0125. Tète, long. 0,016, larg. 0,012. — Œil, diam. 0,004, esp. préorbit. 0,005, esp. interorbit. 0,002. LE:G0BIE a joue poreuse — GOBIUS GENIPORUS, Valcnc. Fig. 105. Syn. : Le Gobie a joue poreuse, Gobius geniporus, Cuv. et Valenc, t. XII. p. 32. GoBius GENIPORUS, CBp., Cttt., n" 566 ) Giinth., t. III, p. 55; Canestr., Archiv. ZooL, t. I, p. 137, pi. 9, fig. 3, Fn. Ital, p. 171. Long. : 0,10 à 0,16. Dans la Méditerranée se trouve un Gobie qui fut, pour la pre- mière fois, reconnu et décrit par Yalenciennes, comme une espèce particulière. Ce Gobie, qui est d'assez grande taille, a des formes plus élan- cées que la plupart de ses congénères. Le corps est à peu près arrondi en avant, un peu plus épais que haut, il est comprimé en arrière ; sa hauteur est comprise sept à neuf fois dans la lon- gueur totale ; les proportions, ainsi qu'on le voit, présentent des différences marquées. La peau est couverte de grandes écailles rudes, assez épaisses. La tête est longue ; sa longueur est contenue quatre fois à quatre fois et un tiers dans la longueur totale, elle fait le double de sa hauteur qui est un peu moindre que sa largeur. La nuque est aplatie, large ;le museau est arrondi, assez long. La mâchoire inférieure est plus avancée que la supérieure; elles sont garnies l'une et l'autre de dents très-fines. La tète montre des séries de GOBIE A JOUE POREUSE. 223 pores disposées ayec plus ou moins de régularité ; au-dessous de l'œil et partant, pour ainsi dire, du pourtour inférieur de l'orbite, se dessinent en général cinq ou six rangées noirâtres de petits pores qui descendent sur la joue, quelquefois ces ran- gées ne sont pas bien distinctes ; trois, quatre ou cinq larges pores blanchâtres sont placés suivant une ligne légèrement courbe, dirigée du bord postérieur de l'orbite jusque vers le bord postérieur du préopercule; sur les pièces operculaircs se trouve une autre série de pores, située en arrière du bord pos- térieur du préopercule dont elle suit la ligne. A la nuque il y a généralement quatre rangées de pores, deux séries internes qui souvent sont réunies en avant par une rangée transversale, et deux séries externes placées au-dessus de l'appareil operculaire. Sur le frais, l'iris est d'un gris foncé. Les yeux sont ovales, développés, saillants. Le diamètre longitudinal de l'œil est d'un quart jdus grand que le diamètre vertical ; il fait, ou peu s'en faut, le quart de la longueur de la tête, le triple et plus de l'espace, interorbitaire, il est à peine moins grand que l'espace préorbitaire. Les orifices de la narine sont bien séparés ; l'orifice antérieur, qui est le plus large, est plus rapproché du bord antérieur de l'orbite que du bout du museau. A la partie libre des pièces operculaires, la membrane bran- chiostège forme une bordure plus large que dans la plupart des autres espèces. Il y a, dans la ligne longitudinale, cinquante-trois écailles et même cinquante-cinq, en comptant les deux très-petites écailles qui se trouvent en avant, près de la ceinture scapulaire ; la ligne transversale, entre la seconde dorsale et l'anale, se compose de treize et le plus souvent de quatorze écailles. Ecailles : lign. lon- git. 53 à 55 ; lign. transv. 13 ou 14. La première dorsale est à peine plus haute que la seconde et que le tronc, elle a six rayons. La seconde dorsale compte ordi- nairement treize rayons mous, les derniers rayons se prolongent souvent jusque sur la base de la caudale. L'anale finit en même 224 GOBIIDÉS. temps que la seconde dorsale, elle a un rayon de moins. La lon- gueur du tronçon de la queue est comprise sept fois et demie dans la longueur totale, sa hauteur fait un peu plus des deux tiers de la hauteur du tronc. La caudale mesure le cinquième de la longueur totale ; elle a seize rayons ; il est inutile de le rappe- ler, les rayons médians sont les plus allongés. Les pectorales, Lien développées, font le cinquième de la longueur totale; elles n'ont, à leur partie supérieure, que deux petits rayons crinoïdes excessivement courts et fins, assez difficiles à voir si on n'examine pas avec beaucoup d'attention ;. outre ces petits rayons, il y a seize rayons ordinaires. Les ventrales sont un peu moins longues que les pectorales, leur longueur étant comprise cinq fois et demie dans la longueur totale, elles arrivent presque jusqu'à lanus ; elles sont larges dans leur partie moyenne ; elles sont remarquables par la disposition de leur membrane antérieure qui paraît manquer entièrement, la partie moyenne transversale n'existe réellement pas, et de chaque côté une espèce de petit lambeau triangulaire se dirige de dedans en dehors pour se porter sur le rayon externe de la nageoire; il est nécessaire, si Ton veut se rendre compte de cette particularité, de soulever légèrement la membrane à sa jonction avec le rayon épineux de la ventrale. D. G — 1/13; A. 1/12; C. 16; P. 16+2 crin. ; V. 1/5. Les dorsales sont jaunâtres, marquées de taches noires et de taches ou bandes d'un jaune plus pâle, elles ont leur bord libre d'un jaune clair très-pâle ; les rayons sont teintés de noirâtre vers leur tiers supérieur. La caudale, d'un gris jaunâtre, porte quatre ou cinq rangées verticales de points noirs formant des bandes irrégulières ; une tache noire se voit au milieu du tron- çon de la queue et de la base de la nageoire. Les pectorales sont grisâtres, elles ont du jaune vers leur base et quatre ou cinq bandes brunes verticales ; vers le tiers supérieur de la base des nageoires se remarque une tache ou plutôt une petite bande noirâtre, qui se continue sur le tiers antérieur des rayons cor- GOBIE PAGANEL. 228 rospoiiilants; au-dessus et au-dessous de cette bande, il y a quel- ques taches arrondies, laiteuses, la tache inférieure est la plus grande et la mieux marquée. Les ventrales et Tanale sont jaunâtres. Le système de coloration est des plus variables, brunâtre ou d'un brun roussàtre, parfois jaunâtre teinté de gris; sur les flancs une douzaine de larges taches brunes forment une espèce de rangée ou de bande longitudinale. Le ventre est blanchâtre. La tète est grisâtre, elle est marquée de jaune en avant, sous l'œil, sur le bas de la joue^ et sur la mâchoire inférieure; en dessous elle est blanche et jaunâtre ; la nuque est d'un gris jau- nâtre ; les opercules sont grisâtres ; la variété de la coloration est encore augmentée par l'éclat de taches arrondies d'un blanc laiteux, taches qui se montrent surtout sur les joues, les pièces operculaires et la nuque. Habitat. Méditerranée, excessivement rare sur nos côtes ; je ne l'ai vu qu'une seule fois, je l'ai trouvé au milieu de poissons qui m'étaient envoyés de Mce. Ce Gobie n'a jamais été signalé ni par Risso, ni par M. Doùmet. Proportions : long, totale 0,loU; tronc, haut. 0,017. Tête, long. 0,03o, larg. 0,021. — Œil, diam. longit. 0,008i-, diam. ver- tic. 0,006j; esp. préorbit. 0,0088, esp. interorbit. 0,0025. LE GOBIE PAGANEL — GOBI US PAGANELLUS, Linn. Syn. : Gobius secundus, Paganellus Venetorum, Willugli., p. 207. GoBius PAGANELLUS, Liiin., p. 4-49, sp. 2; Brunn., Icldh. Mass., p. 29, n° 40 ; CBp., Cat., no 557; ?Couch, t. II, p. 157. ?Le Gobie paganel, Gobius paganellus, Lacép., t. VIII, p. 7; Riss., fchth., p.l5C. ? Gobius Niger, Gobie noir, Riss., Hist. nat., p. 280. Le Gobie paganel, Gobius paganellus, Cuv. et Valenc.,t. XII, p. 20; Guiclien., Expt. Alger., p. 76. Gobius punctipinnis, Canestr., Arch. zooL, t. I, p. 131, pi. 10, fig. 1, 7iov. spec, Fn. liai., p. 170. Je suis vraiment fâché de ne pouvoir encore adopter l'opinion de Canes- trini, qui regarde le Gobius pu7ictipinnis comme une espèce nouvelle. Les caractères spécifiques indiqués avec précision par le naturaliste italien, se rapportent au Goliius paganellus; il est facile de le voir en lisant la mono- graphie que le savant professeur a publiée sur les Gobies du golfe de Gênes. Assurément Giinlhcr a confondu le G. jinganclbis avec le G. hkolor ; la II. I» 226 GOBIIDÉS. description qu'il donne ne convient nullement à l'espèce qui fait l'objet de notre étude. Long. : 0,10 à 0,12. A Venise, le nom de Paganello était autrefois, ainsi qu'il Test encore aujourd'hui, donné par les pêcheurs à la plupart des Gobies, c'est un nom générique. Willughby appela Paganellus Venetorimi sa deuxième espèce de Gobie^ qui présente certains caractères assez nettement déterminés. Enfin Linné, appliquant les principes de sa nomenclature . fit du mot vénitien latinisé une dénomination spécifique, et l'attribua au poisson que nous allons décrire. Chez le Paganel, le corps est assez gros en avant, il est renflé vers le ventre ; la hauteur du tronc fait environ le cinquième de la longueur totale. Les écailles sont plus développées que dans le Gobie à deux teintes ; elles ont le bord libre anguleux. La tête est forte ; sa longueur est comprise quatre fois à qua- tre fois et un quart, rarement quatre fois et demie, dans la lon- gueur totale. Le museau est court; la mandibule est à peine plus avancée; les mâchoires ont de petites dents ; les lèvres sont grosses. Du bord inférieur de l'orbite descendent, sur les joues, plusieurs lignes de pores, qui parfois sont peu distinctes. L'iris est argenté. Le diamètre de l'œil est compris trois fois et un tiers à quatre fois dans la longueur de la tête; il est un peu plus grand que l'espace préorbitaire qui fait le double de l'espace interorbitaire. Dans la ligne longitudinale, le nombre des écailles est moindre que chez le Gobie à deux teintes, il varie de quarante-quatre à quarante-sept, rarement on en compte quarante-huit. Il y a une quinzaine d'écaillés dans la ligne oblique allant de la seconde dorsale à l'anale. Ec, 1, long. 44 à 48; 1. transv. 15. Les dorsales paraissent égales, elles sont moins hautes que le tronc. La première dorsale est d'une teinte brunâtre rarement uniforme, le plus souvent elle est marquée de petites taches arrondies ou de points d'un bleu très-pâle; quelquefois les taches forment une petite bandelette interrompue au niveau des rayons ; GOBIE PAGANEL. 227 le bord de la nageoire porte toujours une large bande d'un jaune citron, tirant parfois sur le rouge vers la pointe des rayons antérieurs ; la nageoire, chez le Pagancl, ne présente jamais le système de coloration indiqué par Gûnther. La seconde dorsale a seulement douze ou treize rayons mous; elle est d'un gris assez foncé semé de taches arrondies d'un jaune clair, au milieu des- quelles s'en trouvent d'autres d'un bleu pâle et parfois d'un brun foncé; à la base des deux rayons antérieurs se voit toujours, ou presque toujours, une tache jaunâtre plus large que les autres. L'anale finit plus tôt que la seconde dorsale ; elle compte dix à douze rayons mous ; elle présente une coloration très-variable, elle est brunâtre avec ou sans taches plus claires, elle est d'un brun lilas plus clair à la base, elle porte quelques taches pâles, elle se montre en grande partie jaunâtre, teintée de brun vers son bord libre, ou bien encore elle est d'un gris jaunâtre orné de taches d'un bleu ou d'un lilas très-clair. Lacaiidale est arron- die, brunâtre avec de petites taches arrondies pâles, parfois elle est d'un gris jaunâtre à la base et marquée de taches les unes pâles, les autres brunâtres, elle porte des taches pâles a son extrémité ; chez le Gobie à deux teintes, je ne vois aucune tache sur la caudale. Le milieu de la base de la caudale est générale- ment d'un tiers plus éloigné de l'anale que de la seconde dor- sale. La pectorale compte un certain nombre de rayons crinoïdes; elle est d'un gris foncé semé de taches jaunâtres; quelquefois la teinte est brunâtre avec des taches plus claires ; il y a une tache noirâtre, plus ou moins étendue, sur la partie supérieure de la base de la nageoire, cette tache arrive souvent jusqu'à la limite inférieure de l'insertion de la pectorale ; la face interne de la pleurope est, vers la base, d'un blanc jaunâtre, elle présente une et le plus souvent deux taches brunes, la tache supérieure est la plus constante. La membrane antérieure des ventrales est assez développée; ces nageoires sont d'un gris plus ou moins prononcé parfois jaunâtre ou d'un gris pâle. D. 6. — 1/12 ou 13; A. I/IO à 12. 228 GOBIIDÉS. Quant à la coloration générale, elle est d'un brun assez foncé sur le dos, jaunâtre yers la partie inférieure des côtés avec des taches brunes, jaunâtre sous le ventre, quelquefois d'un jaune teinté de gris; des taches d'un blanc laiteux, parfois un peu jaune, se montrent vers le bas des pièces operculaires et sur la mâchoire inférieure. Habitat. Méditerranée, assez commun , Nice, Toulon, Cette, Port-Ven- dres. Océan très-rare, xVrcachon. Manche, rare, RoscofT, le Havre. Proportions: long, totale 0,10; tronc, haut. 0,0195. Tête, long. 0,0"2o. — Œil, diam. 0,0073, esp. préorbit. 0,006, esp. inter- orbit. 0,003. LE GOBIE A DEUX TEINTES — GODIUS BICOLOR, Gmel. Syn. : Gobius bicolor, Gmel., Linn. éd. 13% p. 1197, sp. 9 ; CBp., Cat., n" 55G. GoBius, Brunn., Ichth. Moss-., p. 30, n° 41. Le Gobie a deux teintes, Gobius bicolor, Cuv. et Valonc, t. XII, p. 19. GoBius PAGANELLUS, Gûnth., t. III, p. 52, cxcl. syn.; Canestr., Fn. Ital., p. 109. Le Gobius bicolor de Risso, Uist. nat., p. 279, est assez difficile à déter- miner. A quelle espèce peut-il être rapporté, au G. niger, au G. pagancUns, au G. capito ? Long. : 0,10 à 0,15. En général le corps du Gobie à deux teintes est un peu moins épais, un peu moins haut que celui du Paganel ; la hauteur du tronc est contenue cinq fois et deux tiers et môme six fois dans la longueur totale. Les écailles ont leur bord libre presque droit ; elles sont plus nombreuses et paraissent plus recouvertes que dans le Paganel. La tête est développée, sa longueur est comprise quatre fois et quart dans la longueur totale. Le museau est arrondi; la mâchoire supérieure est un peu plus courte que la mandibule; les deux mâchoires ont une bande de dents en velours ras avec une rangée externe de dents crochues, qui paraissent plus fortes que dans le Paganel. Des lignes de pores assez marquées se dessinent sur les joues. Le diamètre de l'œil est contenu trois fois et demie dans la longueur de la tête ; il est un peu plus grand que l'espace préor- bitaire,il fait le triple au moins de l'espace interorbitaire. GOBIE A DEUX TEINTES. 229 Chez Je Gobie à deux teintes, les écailles sont plus nombreuses que chez le Paganel, on en compte cinquante à cinquante- quatre dans la ligne longitudinale et seize ou dix-sept dans la ligne transversale. Ec, 1. long. 50 à 54 ; 1. transv. 16 ou 17. Ordinairement la première dorsale est un peu moins élevée que la seconde ; elle ne mesure guère que le tiers de la hau- teur du tronc ; elle porte trois bandes longitudinales d'une couleur particulière : à la base de la nageoire est une bande d'un gris brunâtre, qui, plus large en arrière, remonte généra- lement sur les derniers rayons; une bande intermédiaire, d'un noir foncé, va jusqu'au cinquième rayon et même jusqu'au der- nier, elle n'est pas toujours bien limitée en bas et en arrière, sa teinte se fond plus ou moins avec celle de la bande inférieure; quant à la troisième bande, ou bande supérieure, elle forme une large bordure, elle présente une coloration bien différente de celle qui se remarque dans le Paganel, cette bande est blanchâtre, elle s'étend jusqu'au cinquième rayon. La première dorsale ne montre jamais de taches arrondies. La seconde dor- sale fait environ les trois quarts delà hauteur du tronc; elle a des rayons plus nombreux que dans le Paganel, elle compte quatorze ou quinze rayons mous ; elle est bordée le plus souvent d'un très-fin liséré blanchâtre. L'anale a treize ou quatorze rayons mous. La caudale paraît plus longue que dans le Paganel ; sa longueur est à peu près égale à la hauteur du corps. Le tronçon de la queue est plus haut que dans le Paganel, il a le bord supérieur un peu moins long seulement que le bord infé- rieur. Les pectorales ont leurs rayons supérieurs crinoïdes; elles sont au moins aussi longues que la hauteur du tronc; les ven- trales sont moins longues que les pectorales. Toutes ces nageoires, la première dorsale exceptée, sont d'une teinte uniforme bru- nâtre ou noirâtre sans aucune espèce de taches arrondies. D. 6— 1/li ou i;i; A. 1/13 ou 14. Ce poisson mérite assurément plutôt le nom de Gobie noir que celui qu'il porte ; la teinte générale est d'un brun noirâtre 230 GOBIIDÉS. plus OU moins foncé, partout d'un même ton, sans aucune trace de bandes ou de taches. Habitat. Méditerranée. Océan, golfe de Gascogne excessivement rare; assez rare sur les côtes du Poitou; plus commun au-dessus de la Loire. Manche, très-commun à Roscofl" (Finistère) ; assez commun depuis la pointe de Primel jusqu'à la baie du Mont- Saint-Michel; moins commun sur les côtes de Normandie. Proportions : long, totale 0,106; tronc, haut. 0,0187. Tète, long. 0,024o. — OEil, diam. 0,007, esp. préorbit. 0,0037, esp. inter- orbit. 0,002. LE GOBIE NOIR OU COMMUN — ^0i?/^5' NIGER, Linn. Syn. : Gobius niger, Linn., p. 449, sp. 1 ; Blocli, pi. 38; CBp., Coi., n" 555; Guntli., t. m, p. 11 ; ?Canestr., Arcidv. zooL, t. I, p. 135, pi. 7, fig. 2, Ffi. Ital. p. 1G9. ?Le Gobie BOULEnoT, Gobius niger, Lacép., t. VIII, p. 10. Le Gobie commix, Gobius niger, Cuv. et Valenc, t. XII, p. 9. The Black Goby, Yarr., t. II, p. 318. Rock Goby, Coucli, t. II, p. 153. N. Vulg. : Cabot, Normandie ; Doucet à Cherbourg, d'après Jouan ; Boulcrot, Goujon de mer, Poitou; Loche, Arcachon. Long.: 0,10 à 0,13. Il existe entre le Gobie noir et les deux, espèces précédentes une assez grande ressemblance, qui a souvent empêché les natu- ralistes de les déterminer d'une manière précise. Dans le Gobie commun, la longueur totale fait cinq fois et demie à six fois la hauteur du corps, qui est arrondi et légère- ment déprimé en avant, comprimé dans sa région postérieure. Un sillon assez marqué se voit en arrière de la nuque. Les écailles sont plus grandes et moins nombreuses que dans le Gobie à deux teintes. En général, la tête est un peu moins haute que large ; sa lon- gueur est comprise quatre fois à quatre fois et un quart dans la longueur totale. La bouche est petite ; les mâchoires, b. peu près égales, sont garnies de dents assez nombreuses ; les dents de la rangée externe soat plus fortes et plus crochues que les autres. GOBIE NOIR. 231 Il y a ordinairement sur la joue plusieurs séries verticales de petits pores noirâtres. Le diamètre de l'œil fait le quart de la longueur de la tête, un peu plus du double de l'espace interorbitaire, il est d'un sixième environ plus grand que l'espace préorbitaire. Il y a dans la ligne longitudinale trente-neuf ou quarante écailles, jamais je n'en ai trouvé davantage ; le nombre de qua- rante-huit à cinquante indiqué par Canestrini, est évidemment trop considérable, il se rapporte à une autre espèce. On compte, dans la rangée transversale, quinze ou seize écailles. Ec, 1. long. 39 ou 40 ; 1. transv. 15 ou 16. Les dorsales sont assez rapprochées, elles sont à peu près égales, moins hautes que le tronc ; la première nageoire a six rayons; la seconde en compte treize à quinze. L'anale est oppo- sée et semblable a la seconde dorsale ; elle a une douzaine de rayons mous. La caudale est arrondie, elle fait le sixième de la longueur totale, elle compte treize grands rayons. Les pectorales sont ovales, bien développées, elles mesurent le cinquième de la longueur totale ; dans les jeunes, les rayons supérieurs delà nageoire paraissent souvent pareils aux autres, dans les vieux individus, ils sont courts, libres en grande partie, sétiformes. Ouant aux ventrales, elles sont de longueur variable, souvent d'un quart moins longues que les pectorales, elles ne vont pas généralement jusqu'à l'anus, comme l'indique Gùnther, si ce n'est chez les jeunes et dans une variété. Br. 5. — D. 6 — 1/12 à 14; A. 1/12 ou 13; G. 13; P. 22. Suivant l'âge, les nageoires peuvent présenter des différences assez tranchées dans leur mode de coloration; chez les jeunes, elles sont grisâtres, marquées de taches noires, excepté les ven- trales qui sont ordinairement jaunâtres et mouchetées de noir ; chez les individus de grande taille, les dorsales et l'anale sont d'un brun foncé teinté de macules noirâtres peu limitées, les pectorales sont tantôt plus ou moins brunes, tantôt grisâtres et tachetées de noir, les ventrales sont le plus souvent d'un blanc 232 GOBIIDÉS. grisâtre avec ou sans taches noires, parfois elles sont d'un brun plus ou moins foncé, la caudale est d'une teinte brune uniforme ; souvent la première dorsale montre en avant un liséré blanchâ- tre, la pectorale porte une tache noire à la base de ses rayons supérieurs. Parfois on trouve des sujets, d'un gris jaunâtre, ayant quelques macules d'un noir assez foncé et un pointillé noirâtre sur les dorsales et la caudale; chez eux, l'anale est pâle et bordée de noir, excepté à l'extrémité des rayons qui est blan- châtre, la pectorale est sans tache à la base de ses rayons supérieurs. Suivant Canestrini, la première dorsale porte une bordure jaune-orange ; n'est-ce pas une variété du Paganel que le naturaliste italien a décrite sous le nom de Gobie noir? 11 y a lieu de le supposer, avec d'autant plus de raison que le nombre des écailles de la ligne longitudinale indiqué par Canestrini, convient au Paganel et nullement à l'autre espèce. Quant à la coloration du corps, elle est des plus variables ; le plus souvent le fond est un brun jaunâtre teinté de marbrures noirâtres, ou bien il est d'un gris plus ou moins foncé passant au noir sur le dos, d'un gris jaunâtre ou même blanchâtre sous le ventre; parfois la teinte est uniforme, d'un brun foncé, une bande longitudinale de points noirs s'étend sur les côtés. Habitat. Méditerranée, assez commun, Nice, Cette. Océan, assez commun le long des côtes. Manche, commun, Roscoff, Cherbourg ; il me parait moins commun au nord de la Seine, Fécamp, Saint-Valery-en-Caux. Proportions : long, totale 0,107 ; tronc, haut. 0,0187. Tête, long. 0,027. — Œil, diam. 0,0007, esp. préorbit. 0,00oo, esp. interorbit. 0,003. LE GOBIE DE RUTHENSPARRE GOBIUS RUTHENSPARRI, Euplir. Syn. : Gobius Rulthensparri, Euphrasen, in 'Sov. act. Stockholm., VII, G2, tab. .3, fig. 1, V. Arted., Gênera, p. 194 ; CBp., Cat., n" 57G ; Gunth., t. III, p. TC; Canestr., Fn. Ital, p. 174. Le Gobie a deux taches, Gobius Rutliensparri, Cuv. et Valenc, t. XII, p. 48. The Doubly-spotted Goby, Yarr., t. II, p. 322. Two-spoTTED GoBV, Couch, t. II, p. 162. ?BnoAD-FiNiNED GoBV, Coucli, t. II, p. 1G5. ?Tail-spotted Goby, Couch, t. II, p, 16G. GOBiK 1)1-: ui:t[ienspariie. n[\ Long. : 0,04 à 0,06. Sur nos plages de l'Ouest, dans les flaques d'eau que la mer laisse en se retirant, on trouve assez souvent des poissons qui nagentpar petites bandes. Ces poissons de taille peu développée, aux formes grêles, aux mouvements rapides, sont des Gobies de Rutliensparre. Ils ont le corps légèrement arrondi en avant, comprimé à partir de l'anus, couvert d'écaillés relativement assez grandes. La hauteur du tronc fait environ le sixième de la longueur totale. La tète est aplatie, à peine plus haute que large, allongée; sa longueur est contenue quatre fois et demie dans la longueur totale. Le museau est court et gros; la bouche, bien fendue, est légèrement oblique. La mâchoire supérieure est sensiblement plus courte que la mandibule ; elles sont l'une et l'autre garnies de dents très-aiguës, plus fortes à la mâchoire inférieure ; la langue est large et longue. Ordinairement l'iris est d'un bleu foncé, parfois il est blan- châtre tacheté de brun. Le diamètre de l'œil est compris trois fois et un tiers dans la longueur de la tête; il est un peu plus grand que l'espace préorbitaire qui paraît égal à l'espace inter- orbitaire. La ligne latérale est nulle ou peu marquée, indiquée seule- ment par quelques points tantôt blanchâtres, tantôt brunâtres. Dans la ligne longitudinale, on compte de trente-six à quarante écailles. Chez le Ruthensparre, la première dorsale a sept rayons, elle commence au-dessus du milieu des pectorales, un peu en avant de la première tache noire ; la seconde dorsale naît au-dessus de l'anus, elle a seulement onze rayons en tout ; ces nageoires sont à peu près aussi hautes que le tronc ; elles ont des rayons minces et flexibles; elles sont d'un gris teinté de roussâtre comme l'anale, qui est aussi longue que la seconde dorsale, et qui a le même nombre de rayons. La caudale ne mesure pas tout à fait le cinquième de la longueur totale; elle est d'un gris marron, elle est rayée de bandes brunâtres, et marquée^ à la 234 GOBIIDÉS. base de ses rayons, d'une large tache noire. Les pectorales ont une quinzaine de rayons semblables, elles manquent de rayons crinoïdes; elles sont d'un gris blanchâtre ainsi que les ventrales ; ces nageoires paraissent égales, leur longueur est contenue en- viron cinq fois et demie dans la longueur totale. La membrane antérieure de la ventouse est très-peu développée. D. 7 — 1/10; A. ijiO- C. 13; P. lo; V. 1/5. Quant au système de coloration, il est d'un gris roussâtre avec une série longitudinale de petites taches blanchâtres sur les flancs, parfois ces taches sont très-peu visibles; il y a de chaque côté deux taches noirâtres : la première est placée vis- à-vis du tiers postérieur de la pectorale, elle est plus marquée chez les mâles que chez les femelles, elle manque quelquefois dans ces dernières et dans les jeunes mâles ; la seconde tache est plus grande, elle s'étale sur la base de la caudale, elle est ovale quand les rayons sont rapprochés, elle est très-arquée en arrière lorsque les rayons sont écartés, elle ne paraît jamais faire défaut. Habitat. — Ce petit poisson est assez commun sur nos plages de l'Ouest, surtout dans la Manche; je ne l'ai pas trouvé dans le département des Bas- ses-Pyrénées. Il n'a pas été signalé sur nos côtes de la Méditerranée. D'après Nardo, le Ruthensparre vit dans l'Adriatique, écrit le professeur Canestrini; quant à moi, ajoute-t-il encore, je ne l'ai jamais vu (Canestr., Fa. Ital., p. 174). Nardo nous apprend que ce Gobie se trouve en abon- dance dans le golfe de Venise, qu'il a des œufs en février et mars (Nardo, in Sinon, moder. ecc, Stef. Chiereghini, 1847, p. 119). Proportions : long, totale 0.044 ; tronc, haut. 0,007. Tète, long. 0,010. — Œil, diam. 0,003, esp. préorbit. 0,002, esp. inter- orbit. 0,002. LE GOBIE BORDÉ — GOBIUS LIMBATUS, Valenc. Syn. : Le Gobie boudé, Gobius limbatus, Cuv. et Valenc, t. XII, p. :;6, pi. 344. GOBIIS LI.MBATUS, GBp., Ccit.^ 11° 553. Long. : 0,15 à 0,18. Suivant l'opinion de Canestrini, les trois Gobies, appelés par GOBIE BORDÉ. 235 Valenciennes, céphalote, à gouttelettes, bordé, ne forment qu'une seule et même espèce. Au lieu de trancher définitivement la question, nous aimons mieux faire connaître les caractères du Gobie bordé. Le tronc est assez gros, arrondi ; sa hauteur est contenue qua- tre fois et demie à cinq fois dans la longueur totale. Dans le Bordé, la tête est un peu plus haute que large, c'est le contraire dans le Céphalote ; sa longueur est comprise seule- ment trois fois et trois quarts à quatre fois dans la longueur totale. Le museau est gros, assez court; la mâchoire supérieure est un peu moins avancée que la mandibule, elles sont armées l'une et l'autre de dents très-pointues, assez fortes. Le diamètre de l'œil est contenu cinq fois et un tiers dans la longueur de la tête, il fait un peu plus de la moitié de l'espace préorbitairc, il est égal à l'espace interorbitaire. Comme toujours, nous indiquons les proportions d'après le diamètre longitudinal. Sur un sujet en assez mauvais état, il nous a été impossible de compter, d'une manière suffisamment exacte, le nombre des écailles de la ligne longitudinale. A la première dorsale, il y a sept rayons, est-ce le nombre normal? Est-ce une simple anomalie, comme le suppose Canes- trini? Les dorsales sont à peu près égales, elles sont d'un tiers ou d'un quart moins hautes que le tronc. La caudale est arron- die, elle mesure au moins le cinquième de la longueur totale. Les nageoires verticales sont brunâtres, teintées de jaune et bor- dées de blanc ou plutôt de bleu sur le frais, d'après Laurillard (Cuv. et Valenc). Les pectorales, à rayons supérieurs crinoïdes, sont bien développées, mais elles ne vont pas jusqu'à l'anus; elles sont d'un gris jaunâtre piqueté de blanc. Les ventrales parais- sent insérées un peu en avant des pectorales; elles sont courtes, mais larges ; leur membrane antérieure, bien développée, porte, de chaque côté, un petit lobe pointu, un peu triangulaire. D. 7 — 1/13; A. 1/11. Il y a en quelque sorte deux systèmes de coloration ; la teinte 236 GOBllDÉS. générale est grisâtre avec des taches noires et quelques points blancs, les nageoires impaires et les pectorales sont d'un brun grisâtre avec des points blancs, les ventrales et Tabdomen sont d'un gris plus ou moins clair ; ou bien la teinte générale est plus foncée ; les lèvres sont noires, la tète est brune, les nageoires impaires sont brunâtres, les pectorales sont grisâtres avec des points noirs, les ventrales sont d'un brun assez foncé. Habitat. — Méditerranée, très-rare, Nice. Proportions : long, totale 0,178; tronc, haut. 0,039. Tète, long. 0,048. — Œil, diam. 0,000, esp. prèorbit. 0,017, esp. inter- orbit. 0,009, On trouve encore décrites dans VHlstoire naturelle de Risso les deux espèces suivantes : LE GOBIE ZÈBRE — GOBWS ZEBRUS, Riss. GoBius ZEBRUS (Gobio zèbre), Riss., Hist. 7iat., p. 282 ; CBp., Cat., n" 5G3 ; Caneslr., Arch. zooL, t. I, p. 142, pi. 7, fig. 4, F?i. Ital., p. ITi. N. Vulg. : Gobiou raiat, Nice, d'après Risso. Long. : 0,OiO à 0,Ot.j. Cette espèce est assez mal déterminée ; Risso indique cinq rayons à la première dorsale, Canestrini en compte six. Ne connaissant pas le Gobie zèbre, j'en donne une courte des- cription empruntée aux auteurs que je viens de citer. Le corps est aplati postérieurement (Riss.); la hauteur est comprise cinq fois et trois quarts dans la longueur. (Canestr.) La tête est grosse. (Riss.) Les dents aux mâchoires sont dis- posées sur plusieurs séries, celles de la rangée externe sont plus fortes que les autres. (Canestr.) Suivant Canestrini, il y a environ trente-six écailles dans la rangée longitudinale, onze dans la rangée transversale. D. o — 10 ; A. 8 ; C. 10; P. 14 ; V. 6 (Riss.). Br. 4. — D. 6 — 1/11 -, A. 1/10; C. 13 ; P. 16 (Canestr.). Le système de coloration est noirâtre, traversé de taches blan- GOBIE A FILAMENT. 237 châtres (niss.),criin brun plus ou moins foncé, quelquefois oli- vâtre ; le corps présente une douzaine de lignes transversales d'un blanc argenté qui disparaissent promptement après la mort. (Canestr.) Habitat. Méditerranée, Nice. LE GOBIE A FILAMENT — GOBI US FILAMENTOSUS, Riss. Gonius FILAMENTOSUS, Riss., Ilist. 7iat., p. 285 ; CBp., Cat., n''670. Long. : 0,14. Voici les caractères spécifiques indiqués par Risso. La membrane de la seconde dorsale, beaucoup plus élevée que celle de la première, est terminée sur chaque rayon par un long filament bleuâtre. Les mâchoires sont garnies de fines dents inégales, crochues. ,D. 6— 17; A. 10; C. 14, P. 14; V. 10. Le corps est d'un jaune clair verdâtrc, avec des traits plus foncés... les dorsales sont d'un jaune clair transparent, avec des raies longitudinales obscures; la ventrale est bleuâtre... les pectorales sont ornées à leur base d'une lunule noirâtre cerclée de blanc. Habitat. — Méditerranée, Nice. Je n'ai vu ce poisson dans aucun musée. GENRE APIIYE — APHYA, Riss. Syn. : Brachyochirus, Nardo. ? La'trunculus, Gûnther. Corps peu développé ; écailles lisses, caduques. Tête allongée; bouche grande; mâchoires ayant les dents sur une seule rangée. Appareil branchial; ouïes largement fendues; cinq rayons hran- chiostègcs. Nageoires; première dorsale à cinq rayons; ventrales réunies par une membrane assez délicate. 238 GOBIIDÉS. Il faut le reconnaître, le genre Aphye a été excessivement mal déterminé par Risso qui, dans la diagnose, indique des caractères inexacts : les ven- trales séparées, une caudale fourchue. 11 est très-voisin du genre Apocrypte de Cuvier et Valenciennes, il présente la même disposition dans le système dentaire, le môme nombre de rayons à la première dorsale. Il paraît se dis- tinguer du genre Lnfnmcuhis de Giinther par l'absence, à la mâchoire supé- rieure, d'une seconde rangée de dents formée par des canines; Giinther donne cependant le nom de Latninculus pellucidus au poisson que nous allons étudier. Le genre Aphye ne comprend qu'une seule espèce. L' APHYE PELLUCIDE— APHYA PELLUCIDA. Fig. 106. Syn. : âthérine naine, Atherina minuta, Riss., Icht/t., p. 340. Aphia MERiDioNALis, Apliîe méridionale, Riss., Hist. nat., p. 288. GoBius PELLUCIDUS, Nardo, Giorn, Fisica ecc, Pavia, 1824, Bim. III, p. 7. GoBius PELLUCIDUS {7iova spccies), Kessler, Ichth., siiclwestlichen Russlands, dans Bull. Soc. Imp. Naturalistes de Moscou, 1859, t. XXXII, part. 2, p. 200. Br.ACHYOCHiRUS PELLUCIDUS, Nardo, in Si?i. moderna ecc: Descrizione de' Crostacei... e de' Pesci... lagun. golf. ve?ieto dcdl' ab. Stef. Chiereyldni... dal Domen. Nardo, Ve- nezia, 1847. Brachyochirus APHYA, CBp., Cut., n" 580. GoBius ALDUS, Canestr., Archiv. zool., t. I, p. 1û2, pi. 8, fig. 3, Fn. Ital., p. 170. Latrunculus PELLUCIDUS, Guntli, t. III, p. 550. N. Vulg. : Nounat et Nonnat, Nice. Long. : 0,40 à 0,0o. Dans le département des Alpes-Maritimes, on pêche en abon- dance un poisson de très-petite taille, aux formes délicates, au corps transparent, appelé Nonnat. En avant, le corps est arrondi, il est légèrement comprimé en arrière, il est allongé ; sa hauteur fait environ le septième de la longueur totale. Les écailles sont lisses, elles sont tellement caduques, tellement peu adhérentes que la peau semble toujours nue, et Nardo écrit même que le Brachyochire se distingue des Gobies par le manque d'écaillés, qu'il porte à Venise le nom vulgaire de Omo nudo. APHYE PELLUCIDE. 239 La tète a le profil supérieur presque droit, continuant la ligne du dos ; elle est allongée ; sa longueur est comprise environ quatre fois et demie dans la longueur totale, elle fait le double de sa largeur. Le museau est court, large, aplati. La bouche est grande, fendue obliquement jusqu'au-dessous de l'œil; les lèvres sont marquées d'un pointillé brun- marron très-fin, qu'il faut examiner à la loupe pour bien voir le détail de la disposition ; ce pointillé m'a paru manquer chez les mâles ; à quoi tient la différence dans la coloration des lèvres ? Au sexe? Y a-t-il sim- plement une exception pour les individus, cependant assez nom- breux, que j'ai examinés? La mâchoire supérieure est sensible- ment plus courte que la mandibule ; la mâchoire inférieure est relativement très-ascendante, elle est large en avant, elle a presque la forme d'un fer à cheval allongé. Les dents sont aux mâchoires disposées sur une seule rangée; elles présentent dans leur forme, dans leur nombre, des particularités qui permettent de distinguer facilement les sexes. Chez les mâles, elles sont peu nombreuses, mais proportionnément à la taille des animaux, elles sont développées ; il y en a généralement sept sur chacun des intermaxillaires ; à la mâchoire inférieure et de chaque côté on en compte cinq, quatre dents coniques, plus une canine très-crochue qui termine la série. Les dents, chez les femelles, sont semblables aux deux mâchoires, elles sont excessivement petites, à peine visibles^ sous un verre grossissant elles parais- sent coniques et légèrement crochues. La langue est lisse, longue et large, arrondie, faiblement échancréc en avant. Les os pharyngiens sont munis de dents très-fines, placées sur plu- sieurs rangées. A la tête se trouvent des séries de pores excessivement curieuses à étudier; elles sont disposées d'une façon symétrique sur les joues, les opercules, et principalement sur la région supérieure; ce sont des lignes transversales coupées par des lignes perpendi- culaires, formant de légères saillies, d'un très-agréable dessin, entre les yeux, sur la nuque et sur le museau. Une tache noire assez large marque à peu près le tiers de la 240 GOBIIDÉS. circonférence supérieure du globe de l'œil ; quand on regarde le poisson en dessus, on ^oit seulement deux macules noires sur les côtés de la tête. L'iris est argenté. Le diamètre de l'œil fait le quart de la longueur de la tête^ il est égal à l'espace interorbi - taire, un peu plus grand que l'espace préorbitaire. Quant aux fentes branchiales, elles sont larges, elles sont plus grandes que l'isthme qui les sépare. Les pièces operculaires sont excessivement minces, transparentes. Il est assez difficile devoir nettement les rayons brancliiostègcs ; Nardo en compte six ; sur plusieurs individus j'en ai constamment trouvé cinq, c'est le nombre indiqué par Canestrini. D'après Ressler, Canestrini, il y a dans la rangée longitudi- nale vingt-quatre ou vingt-cinq écailles ; la rangée transversale est composée de quatre écailles seulement. (Canestr.) Je n'ai ja- mais pu, même à Nice, me procurer des Nonnats complètement couverts d'écaillés. Éc, 1. long. 24 ou 25; l. transv. 4. La première dorsale a cinq rayons seulement, elle est très- fragile, elle est moins haute que le tronc. En général la seconde dorsale est un peu plus élevée que le tronc^ sa hauteur fait environ le sixième de la longueur totale ; il ne faut pas attacher trop d'importance à la mesure de ces proportions; la nageoire a le plus souvent douze rayons mous, parfois elle en a treize. L'anale compte onze ou douze rayons mous. La caudale est peu arrondie, plutôt carrée ; elle fait le sixième de la longueur totale ; elle a une quinzaine de grands rayons et quelques autres petits en dessus et en dessous. Les pectorales, sans rayons crinoïdes, sont aussi longues que la caudale, elles ont seize ou dix-sept rayons. Les ventrales sont étroites, pointues, elles mesurent le septième de la longueur totale; la membrane qui les unit en avant est mince, développée, elle forme avec les nageoires un tube assez allongé. Br. 5. — D. o — 1/12 ou 13; A. 1/11 ou 12; G. 15; P. 10 ou 17; V. l/o-f- I/o. Quand il vient d'être sorti de l'eau, le Nonnatest transparent; il est d'un jaune pâle sur le dos et les flancs, il est pâle sous le APHYE PELLUCIDE. 241 veiitrc. Les dorsales, l'anale et la caudale sont d'un jaune exces- sivement pâle ; la base de ces nageoires est entourée d'un petit pointillé noirâtre. Les pectorales sont blanchâtres à leur base, d'un jaune très-clair dans le reste de leur étendue. Les ventrales sont incolores pour ainsi dire. Habitat, Méditerranée, excessivement commun d'Antibes à Menton. Proportions : long, totale 0,045; tronc, haut. 0,006. Tête, long. 0,010. — Œil, diam. 0,002o, esp. préorbit. 0,0020, esp. inler- orbit. 0,0023. Une question, d'une certaine importance, se pose à l'esprit des ichthyolo- gistes. VAphya ineridionalis de Risse et le Gobais albus de Parnell ne font- ils qu'une seule et môme espèce, comme le pense Canestrini? Évidemment non, si, dans le genre LcUnincuhis, la disposition du système dentaire est, à la mâchoire supérieure, telle que l'indique Giinlher; il faut alors admettre deux espèces qui non-seulement sont très-distinctes l'une de l'autre, mais qui doivent encore être placées chacune dans un genre sépai^é. Giinther cependant semble partager l'opinion de Canestrini, t. 111, p. 556, il dit que le Gobius pelliicidus de Nardo et de Kessler est probablement identique au Latrunculus albus; la seule différence qu'il trouve, d'après la description de Kessler, entre ces animaux, est dans la proportion de l'œil qui est plus grand chez le Gobius pellucidus. Est-ce bien l'unique diflérence qui existe ? Le Gobius ou le Brachyochirus pellucidus de Nardo n'a qu'une seule rangée de dents à la mâchoire supérieure, le Latrunculus albus en a deux, suivant (iimlher ; les espèces alors ne sont pas identiques, et Giinther ne doit pas môme appeler Latnmcidus pellucidus le poisson que nous venons de décrire, si la diagnose du genre Latrunculus est exacte. En lisant la syn'onymie, on voit que le Nonnat a reçu un trop grand nombre de dénominations génériques et spécifiques. Nous croyons devoir reprendre le nom de genre et le nom d'espèce qui lui ont été donnés, l'un par Risso (1826), l'autre par Nardo (1824) ; nous voulons ainsi conserver à chacun de ces auteurs leur droit de priorité. Sur nos côles de l'Ouest, les Gobies ne sont pas recherchés, et ne servent pas à l'alimentation, pour ainsi dire. Il n'en est pas de même sur nos bords de la Méditerranée; à Cette on apporte au marché des corbeilles remplies de ces poissons et surtout de Gobies lotes et de Gobies à longs rayons qui sont très-communs dans l'étang de Thau et dans les canaux. L'xVphye pellucide est, dans les Alpes-Maritimes, l'objet d'une pêche spé- ciale qui se fait à diverses époques de l'année, et qui est principalement très-abondante au printemps. Je me rappelle les quantités énormes de petits poissons qui, au mois de mars, sont portes, une partie de la journée, dans les rues de Nice et criés : Nonnats, Nonnats. Pour capturer ces animaux, les pêcheurs nizzards se servent d'un filet à mailles nécessairement Irès-scrrées auquel ils donnent le nom de Tartanoun. Si la pêche se bornait à la prise II. 16 242 MLILLIDÉS. des A'onnats, elle ne produirait aucun mauvais résultat puisqu'elle n'appor- terait que des poissons ayant atteint leur complet développement, mais elle enlève une masse prodigieuse de Clupes à peine éelos, des Sardines, des Anchois, et détermine l'appauvrissement d'une partie de la côte, surtout d'Antibes à Nice. Les Nonnats sont apprêtes de deux façons, tantôt ils sont jetés dans du lait bouillant et donnent un mets très-recherché de certaines personnes, tantôt ils sont frits et vraiment, ainsi préparés, ils sont d'une grande délicatesse. Nos Gobies sont tous marins, excepté peut-être le Gobie lote qui vit, selon Valenciennes, dans les eaux douces et dans les eaux salées. Ces poissons se tiennent près du rivage, dans des endroits peu profonds, au milieu des plantes marines, des roches auxquelles ils s'attachent au moyen de leur ventouse. Certains Gobies construisent des nids de façons assez différentes suivant les espèces; le Gobie constructeur fait son nid en forme de four. (Nordmann, Faune pontique , p. 427.) Le Gobie noir, suivant quelques auteurs, établit le sien dans les algues ; le mâle garde le nid pour féconder et surveiller les œufs que les femelles viennent y déposer, il défend même, dans les premiers temps de l'éclosion, les petits avec beaucoup de courage. D'autres Gobies recherchent des pierres creuses, des coquilles pour y coller leurs œufs ; la femelle pond fixée par sa ventouse. Ces animaux sont nombreux sur nos côtes; ils restent toujours de petite taille. Ils se nourrissent principalement de crustacés, de mollusques et parfois de matières végétales. Le Gobie noir fait une chasse Irès-acharnée aux petites crevettes, comme on peut facilement le voir, à marée basse, sur nos plages de Normandie et de Bretagne. Famille des Mulliclés, Mullidœ. Corps ovale, couvert de grandes écailles. Tête assez forte: bouche petite: dentition des mâchoires faible, parfois incomplète. Sous la mâchoire inférieure deux barbillons attachés à l'os hyoïde. Appareil branchial; fente des ouïes grande ; quatre rayons branchio- stèges ; fausses branchies. Nageoires; deux dorsales éloignées l'une de l'autre, assez courtes ; anale opposée à la seconde dorsale ; ventrales thoraciques, ayant un aiguillon et cinq rayons mous. Cette famille comprend un